(Temps de lecture: 3 - 5 minutes)
1 1 1 1 1 Rating 5.00 (3 Votes)

Comme on l’a vu dans la Revue de Presse, à part au niveau technologique, peu de raisons de se réjouir aujourd’hui. Aussi, j’ai quand même isolé ce billet qui est porteur d’espoir. Cela peut paraître utopique, mais comme je l’ai déjà dit nous avons des choses en commun au niveau religieux, aussi, il serait peut-être plus intelligent de capitaliser sur ces points.

Palestine 15 05 2015
Lors de son voyage à Cuba, le 10/05/2015. (AP Photo/Gregorio Borgia, Pool/AFP)

En signant un traité avec la Palestine, le Vatican envoie un message d'apaisement aux pays musulmans du Moyen Orient.

Le Vatican n'est pas très gros, mais ses décisions diplomatiques peuvent faire beaucoup de bruit. C'est le cas du traité qu'il vient de signer avec l'autorité palestinienne, concernant la place et les droits de l'Eglise en Palestine. La presse arabe a applaudi l'accord, Israël n'a pas caché sa colère. Ce traité pourrait en effet accélérer le mouvement de reconnaissance de l'Etat Palestinien, en encourageant certains Etats imprégnés de catholicisme, comme l'Irlande ou l'Espagne, à s'y joindre. Plusieurs pays européens ont déjà sauté le pas : République tchèque, Hongrie, Pologne, Bulgarie, Roumanie, Malte, Chypre et Suède.

Par ailleurs, comme le souligne le spécialiste François Mabille sur le site de La Vie, ce traité s'inscrit dans le contexte de crise que subissent les chrétiens au Moyen-Orient : 

Une reconnaissance de l'Etat de Palestine par le Saint-Siège est un signe fort envoyé aux pays musulmans. C'est un appel à l'apaisement (...) En règle générale, le Saint-Siège reconnaît des pays qui l'ont déjà été par la communauté internationale et les grandes puissances. C'est bien le style du pape François de bousculer ainsi les habitudes."

Pour sa part, soucieux de ne pas envenimer ses relations déjà bien compliquées avec Israël, le Vatican minimise la portée de l'accord : ce n'est pas la première fois qu'il reconnaît la Palestine, souligne-t-il : il la considère comme un Etat depuis qu'elle a obtenu en 2012 le statut d'observateur à l'Assemblée générale de l'ONU. C'est pourtant la première fois qu'il est mentionné dans un document formel, autre qu'un communiqué, “L'Etat de Palestine”.

Israël ne s'y est pas trompé. Il a condamné l'accord, jugeant qu'il éloignait un peu plus la perspective d'une reprise du dialogue israélo-palestinien. Son agacement est d'autant plus vif que ce traité vaticano-palestinien comporte une part de pied-de-nez : malgré 16 ans de négociation, Israël et le Vatican n'ont pas été fichus de s'entendre, eux, sur le statut de l'église catholique, qui butte sur diverses questions comme la fiscalité applicable à l'église (le Saint Siège réclame l'exonération fiscale dont il jouissait en terre sainte avant la création d'Israël) ou le statut d'une vingtaine de sites sacrés. Les relations entre Israël et le Vatican n'ont jamais été très simples : le second n'a reconnu le premier qu'en décembre 1993, au moment des accords d'Oslo.

Dans le même souci d'apaisement, le Vatican devrait canoniser dimanche deux bienheureuses, deux sœurs palestiniennes, Mariam Baouardy (1846-1878) et Marie Alphonsine Danil Ghattas (1843-1927). A noter qu'environ 8% des 2,5 millions de Palestiniens de Cisjordanie sont chrétiens (en majorité orthodoxes), mais cette part est encore plus importante dans la diaspora.

 

Source : Tempsreel.nouvelobs.com

Informations complémentaires :