(Temps de lecture: 5 - 9 minutes)
1 1 1 1 1 Rating 5.00 (3 Votes)

Pendant cinq ans, le président français devra se battre pour chaque texte de loi, sans compter les manifestations et les grèves pour de meilleurs salaires.

Macron Est En Train De Couler

Anne-Elisabeth Moutet

On peut savoir quand Emmanuel Macron est en train de s'agiter, car sur le compte Instagram du photographe officiel de l'Élysée, une nouvelle série de photos apparaît, mettant en scène le Président sous l'apparence qu'il veut projeter, comme une poupée uber-Ken en édition limitée. Au cours du deuxième mois de la guerre en Ukraine, par exemple, nous avons eu droit à Zelensky-Macron : mal rasé, vêtu d'un t-shirt des forces spéciales et d'un sweat à capuche, il fixait intensément ce qui était visiblement censé être des documents importants. À intervalles réguliers depuis 2017, nous avons eu droit à un Macron-capitaine de sous-marin nucléaire, à un Macron-vacances en bermuda, à un Macron-création de start-up en manches de chemise retroussées, entouré d'entrepreneurs technologiques qui ressemblaient tous à ses clones imprimés en 3D.

Ce week-end férié du 14 juillet, nous avons eu droit à l'Air-Force Macron, survolant Paris dans un Alpha Jet de la Patrouille de France fabriqué par Dassault, pendant les répétitions du défilé qu'il allait présider. Le message était que, même s'il n'a pas de majorité à l'Assemblée nationale, il est pleinement responsable.

Cela ne pourrait être plus éloigné de la vérité. Après avoir vu un parlement fracturé s'unir dans une détestation commune de sa personne, il risque maintenant de devoir se battre pendant cinq ans pour chaque texte de loi, en plus d'un été et d'un automne de manifestations et de grèves pour de meilleurs salaires.

En bref, Macron se noie. Incapable de digérer le résultat des élections, il a sombré dans un profond marasme pendant des semaines. Maintenant, comme si ce mois n'avait pas déjà été assez mauvais pour lui, certains points clés du rapport de l'UEFA sur la désastreuse finale de la Coupe de la Ligue des champions le mois dernier au Stade de France ont été divulgués, confirmant les conclusions accablantes d'un précédent rapport du Sénat français.

L'affirmation du ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, selon laquelle il y avait 30.000 à 40.000 supporters de Liverpool supplémentaires munis de faux billets, s'est révélée être une pure fantaisie. L'UEFA comme le Sénat français affirment qu'il y en avait tout au plus 2700. Pourtant, lors du remaniement post-électoral, Darmanin a été récompensé par un portefeuille élargi.

Le manque de coordination entre les organismes locaux et nationaux, de la police, des gendarmes, des services de renseignement aux transports, aux hôpitaux locaux et aux services d'urgence, aux pompiers, aux bénévoles, etc. - normalement habituel lors d'un événement impliquant des dizaines de milliers de spectateurs - était tout à fait évitable. L'ignorance délibérée du caractère des Britanniques a aggravé les problèmes : les supporters de Liverpool ont été catalogués comme de dangereux hooligans et considérés comme un danger plus grand que les bandes errantes de jeunes locaux. L'incapacité fatale de l'administration française à changer rapidement d'attitude en fonction des circonstances a fait le reste. Les représentants syndicaux de la police m'ont dit que, dans certains cas, leurs collègues avaient reçu l'instruction expresse de ne pas quitter leur poste, même lorsque les supporters étaient brutalisés et volés par des bandes locales. "Le préfet Lallement (le préfet de police de la région parisienne) insiste sur l'obéissance stricte à la chaîne de commandement et il est craint", a déclaré l'un d'eux.

La réponse passe-partout, celle que personne ici ne peut vous reprocher ? Accuser les Anglais !

Emmanuel Macron a été élu les deux fois non pas tant parce que les Français l'apprécient, mais parce que, en tant qu'ancien mandarin de haut rang, il était censé être compétent pour restaurer l'efficacité autrefois réelle de la vénérable bureaucratie française. Au lieu de cela, à chaque fois, il a fait appel à des consultants comme McKinsey pour régler le problème, au double du coût dépensé par ses prédécesseurs.

Cela peut-il durer cinq ans ? La théorie de la classe politique parisienne est que Macron se moque de laisser l'opposition couler ses projets de loi, espérant que le public les considérera comme des obstructionnistes en temps de crise. Puis, à un moment donné entre maintenant et l'hiver, il convoquera une élection surprise.

Cela marchera-t-il ? Tout ce dont nous pouvons être sûrs, c'est que d'ici là, il sera toujours la vedette de sa propre réalité alternative construite par les médias sociaux, incapable, de retour dans le monde réel, de faire quoi que ce soit.

 

Source : Telegraph.co.uk

 

Informations complémentaires :