La zone euro veut garder la Grèce mais se prépare à sa sortie, au cas où...

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Je suis désolé, ils ont beau maintenir les mesures thérapeutiques il faudra bien se décider un jour ou l'autre. Alors pour prendre la température en Europe ce matin, c'est exceptionnellement l'Agence France Presse qui a eu  ma prédilection, car leur article sur la situation en Grèce est sans égal, et j'ai donc adoré leur billet (surtout le titre) qui soulève bien l'ambiguïté de la situation actuelle, Contact si problème, et je le retire immédiatement. Mais comme le moment est historique je voulais vous le partager, et j'espère qu'ils comprendront... Pour vous aider à cerner le contexte international, j'ai mis comme à l'accoutumée quelques indices en informations complémentaires... Enfin pour les Grecs (comme pour nous), d'un côté ou de l'autre, ça risque de se résumer à ça....

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BRUXELLES — Les pays de la zone euro assurent vouloir garder la Grèce au sein de l'Union monétaire mais commencent malgré tout à réfléchir aux mesures à prendre si une sortie d'Athènes devenait inéluctable.

Lors d'une session lundi de l'Euro Working Group, qui réunit les hauts fonctionnaires des Etats membres de la zone euro chargés de préparer les rencontres officielles, la nécessité de préparer des plans nationaux en cas de sortie de la Grèce de la monnaie unique a été évoquée, a déclaré mercredi à l'AFP un diplomate européen.

"On a dit : chacun de vous doit y réfléchir, et dans un deuxième temps il y aura une coordination de ce que chacun doit faire au niveau européen", a-t-il affirmé.

Cette information a contribué à la nervosité des marchés financiers, qui ont fortement chuté mercredi.

Le ministère grec des Finances a démenti "catégoriquement". Selon lui, ces informations "nuisent à l'effort que fait le pays pour faire face à ses problèmes".

Interrogé à son arrivé à Bruxelles pour un sommet informel de l'Union européenne, le président du Conseil italien Mario Monti n'a pas démenti, préférant botter en touche en lançant aux journalistes, dans un sourire: "bon travail".

Le nouveau président français François Hollande a également eu recours à une pirouette. "Je n'ai aucune information et, d'ailleurs, je n'en sollicite pas parce que cela laisserait penser que je me préparerais à cette issue", a-t-il lancé à la presse à Paris avant d'aller au dîner avec ses homologues.

Dans la matinée, l'ancien Premier ministre grec Lucas Papademos n'avait pas exclu, dans le Wall Street Journal, "que des préparatifs soient en cours pour contenir les conséquences potentielles d'une sortie grecque de la zone euro".

Plusieurs sources ont confirmé à l'AFP que le sujet avait été abordé, même si toutes soulignent qu'il ne faut pas y voir le signe que la zone euro, après l'avoir longuement exclu, envisage désormais sérieusement de se séparer d'Athènes.

Cela ne revient pas à envoyer "un message politique consistant à dire que tout le monde se prépare à la sortie d'Athènes", a ainsi insisté le diplomate européen.

"Si je vous dis qu'on ne le fait pas, vous allez me dire qu'on est inconscient, si je vous dis qu'on le fait, vous allez dire que la situation est très mauvaise", a-t-il souligné. "Nous devons prévoir, c'est normal, mais cela ne veut pas dire que nous pensons que la situation ira jusque-là", a-t-il dit.

Un responsable d'un autre pays de la zone euro a tenu à minimiser. "Il n'y a pas d'un coup une consigne pour se préparer. Chacun travaille sur le seul scénario valable, la Grèce dans la zone euro", a-t-il déclaré à l'AFP. "Mais après c'est aux Grecs de choisir. Donc que chacun soit conscient que c'est une situation difficile où il faut imaginer tous les types de scénarios, c'est normal", a-t-il ajouté.

"Cela fait déjà un an que les responsables des Trésors nationaux ont commencé à étudier les différents scénarios possibles et franchement, ce serait irresponsable de ne pas préparer des plans de secours", a renchéri une troisième source diplomatique, soulignant que l'idée n'avait pas "surgi soudainement lundi".

De fait, les dirigeants européens ont martelé, ces derniers jours, qu'ils voulaient "tout faire" pour que la Grèce reste dans la zone euro, après quelques moments de flottement où certains ont pu laisser penser qu'ils se préparaient sérieusement à l'hypothèse inverse.

François Hollande l'a redit mercredi: "Je ferai tout ce que je peux faire (...) pour convaincre les Grecs de choisir de rester dans la zone euro en respectant les engagements qui ont été pris" et "pour convaincre les Européens qui pourraient en douter de la nécessité de garder la Grèce dans la zone euro". Il a aussi plaidé pour que les Européens envoient "des signaux" à Athènes, notamment en faveur de la croissance.

"Ce dont nous avons besoin, c'est d'un plan décisif sur la Grèce", a lancé pour sa part le Premier ministre britannique David Cameron, dont le pays n'appartient pas à la zone euro, se montrant ostensiblement agacé de devoir "continuer à venir à des réunions comme ça" où l'urgence grecque prime sur le reste.

Source : AFP

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