L'avion du président Kaczynski n'était pas assuré

(Temps de lecture: 2 - 3 minutes)
0.0 of 5 (0 Votes)

Des soldats gardent le site où l'avion présidentiel s'est écrasé, à Smolensk dans l'ouest de la Russie.
Des soldats gardent le site où l'avion présidentiel s'est écrasé, à Smolensk dans l'ouest de la Russie.
Crédits photo : ASSOCIATED PRESS

Le quotidien «Gazeta Wyborcza» révèle aussi que le pilote de l'appareil parlait couramment le russe, contrairement aux affirmations de Moscou.Coeur

L'enquête sur le crash de samedi dernier apporte chaque jour ou presque son lot de révélations. La dernière en date a semé la consternation en Pologne : le Tupolev 154 qui transportait Lech Kaczynski et la délégation polonaise, soit 96 passagers, n'était pas assuré. À en croire le quotidien «Gazeta Wyborcza», une telle obligation ne concernerait en fait que les avions civils. Le gouvernement polonais s'est engagé à débourser environ six millions d'euros pour indemniser les familles des victimes.

Les enquêteurs, qui ont exclu dès le début une panne technique, l'avion étant en bon état, privilégient la thèse d'une erreur de pilotage. Or, contredisant les affirmations des autorités russes, le quotidien «Gazeta Wyborcza» assure que le pilote de l'appareil, Arkadiusz Protasuk, parlait couramment le russe. Information confirmée par la famille du pilote. Protasuk aurait donc parfaitement compris les consignes des aiguilleurs de l'aérodrome militaire de Smolensk, qui lui conseillaient de dérouter l'appareil en raison des mauvaises conditions météorologiques. L'appareil avait tenté de se poser à quatre reprises avant de s'écraser. «Sur la base des informations en possession des procureurs, on peut dire que l'équipage a été conscient de l'imminence d'une catastrophe inévitable», a déclaré le procureur général de Pologne, Andrzej Seremet, à la radio privée TOK FM.

Pressions sur le pilote ?

Protasuk, âgé de 36 ans, comptait 1 900 heures de vol et passait pour un pilote expérimenté. Il connaissait le terrain, puisque le 7 avril déjà, il pilotait l'avion qui transportait Donald Tusk à Smolensk. Le premier ministre polonais avait assisté ce jour-là, en compagnie de son homologue russe, Vladimir Poutine, aux cérémonies commémorant le massacre de Katyn.

L'enregistrement des conversations des membres de l'équipage n'aurait révélé aucune pression sur eux. La presse polonaise n'en a pas moins émis l'hypothèse que l'entourage du président, voire le président lui-même, ait insisté auprès de Protasuk pour qu'il atterrisse coûte que coûte afin de permettre à la délégation d'assister en temps voulu aux cérémonies. Elle fonde cette hypothèse sur un incident intervenu en 2008 lors de la guerre russo-géorgienne. Le président Kaczynski avait vivement réprimandé le pilote de l'appareil qui le menait à Tbilissi car ce dernier refusait, pour des raisons de sécurité, d'atterrir sur l'aéroport de la capitale géorgienne. L'avion s'était posé en Azerbaïdjan. Le pilote avait été par la suite menacé de licenciement.

LIRE AUSSI :

» Pologne : la responsabilité des pilotes en question
» L'enquête sur le crash privilégie l'erreur de pilotage
» Lech Kaczynski reposera aux côtés des rois de Pologne


Source : Le Figaro


Information complémentaires :


20Minutes.fr : Crash en Russie: l'avion du président Lech Kaczynski n'était pas assuré
Rue89 : L'avion du président Kaczynski n'était pas assuré
Le Point.fr : CRASH DE L'AVION DU PRÉSIDENT POLONAIS - La pression psychologique a-t-elle joué ?