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La partie 3,

Gouv Invi2Henry Coston – Ce qui fait écrire à Sylvain Bonmariage, dans Aux Carrefours de l’Histoire, d’avril 1958 : « Il n’y a pas une sottise plus mensongère que de prétendre que les révolutions soient faites par la misère. Elles sont l’œuvre de gens repus ».

Ce sont des gens repus qui ont transmis et précisé l’idéologie multiséculaire de la révolution : Fénelon, avec son Télémaque (1699), son Examen de conscience sur les devoirs de la royauté et ses Tables de Chaulnes (1711) ; Montesquieu, avec ses Lettres persanes (1721) et son Esprit des Lois (1748) ; Voltaire avec ses Lettres philosophiques sur les Anglais (1734), son Dictionnaire philosophique (1764), etc.

C’est un repu s’il en fut, Philippe d’Orléans, la plus grosse fortune de son époque, Grand Maître du Grand Orient de France, futur Philippe-Egalité, qui subventionnait le Club des Trente et tout un réseau de sociétés de pensée et de clubs associés pour la diffusion de l’idéologie révolutionnaire ; en même temps, il rétribuait une meute de pamphlétaires, dont les libelles étaient distribuées par colporteurs jusque dans les campagne les plus arriérées ; et il fut convaincu d’avoir stipendié les meneurs de sanglantes « journées » révolutionnaires ; en attendant de voter l’exécution de son cousin Louis XVI.

L’ouvrage Le procès de Louis XVI et de Marie-Antoinette (1981) de Henry Coston est très pertinent. C’est le compte-rendu établi d’après les documents originaux pour un ouvrage publié pour la première fois en 1798 et qui disparut aussitôt à l’instigation des coupables peu soucieux de voir ainsi rappelés leurs violences et leurs crimes. Ce gros volume de 840 pages, à tirage limité, reproduit toutes les pièces du dossier relative à : l’arrestation, l’incarcération, l’exécution du roi et de la reine, avec leurs interrogatoires, les témoignages , l’acte d’accusation, les dépositions, le réquisitoire, le tableau des votes des conventionnels, ainsi que les déclarations et observations faites par les membres de la Convention pour justifier ou exprimer leur vote.

Il ne faudrait pas croire que le schéma révolutionnaire ait été particulier à la France. On le retrouve dans tous les mouvements subversifs à l’étranger, quel qu’en soit le titre : révolution, indépendance, coup d’Etat, pronunciamento ou autre. Ainsi en fut-il de l’Indépendance des Etats-Unis, dont le principal promoteur fut le très riche Benjamin Franklin. Ainsi de la Révolution d’Octobre russe de 1917, subventionnée à la fois par la Reichsbank allemande, par les banques américaines Kuhn, Loeb and Co, Rockefeller et Morgan, par la Nya Banken suédoise et d’autres financiers. Et ce sont ces mêmes repus qui créent plus ou moins artificiellement la misère pour l’exploiter à leur profit.

Si les trois premiers points du schéma révolutionnaire sont évidents, les deux derniers mérites quelques explications.

Les interventions de l’étranger sont-elles indispensables ? Il faut bien admettre que tout mouvement révolutionnaire ne peut manquer d’avoir des conséquences pour les autres Etats, et il en est peu qui resteront neutres. Certains montreront une hostilité, soit à cause de leurs relations avec le gouvernement menacé, soit par crainte que la subversion, faisant tache d’huile, ne cause des troubles chez eux. Tout au contraire, certains Etats, par intérêt ou par idéologie, souhaitent le renversement du système de gouvernement du pays intéressé. Les mouvements révolutionnaires ne peuvent que se réjouir de leurs interventions, lors même qu’ils ne les sollicitent pas. Faut-il citer les ingérences sont dissimulées du Big Business ou de la CIA dans les agitations de plusieurs pays du monde ?

D’autre part, pourquoi les effusions de sang seraient-elles considérées comme obligatoire ? Pour deux motifs. Le premier, créer des liens de complicité entre les conjurés. L’expérience a montré que dans les rangs révolutionnaires, de nombreux idéologues reculent au moment de passer à l’action. En les impliquant dans les exécutions légales ou surtout illégales, le mouvement se garantit contre leur défection. Il est établi, par exemple, que c’est le lien du « régicide » qui a permis à la Convention d’établir le régime de la Terreur.

Le second motif est de présenter à l’étranger le pouvoir révolutionnaire comme ayant l’acquiescement de la majorité du pays, ces victimes n’étant que des comploteurs contre la volonté du peuple. Et l’on a même vu les armées de la Convention envahir la Belgique et l’Allemagne parce que “tyrannicides”.

[A suivre]

Et que dire aujourd’hui à la lumière de ce qui se passe en SYRIE et peu avant, en LIBYE ? Cette analyse est toujours d’une actualité brûlante.

 

Source : LIESI

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