Et on apprend qu'il se rendra au Portugal : le Pape Benoît XVI à Fatima mardi
Plusieurs lois sur le divorce, la procréation médicalement assistée, l’avortement, le mariage homosexuel ont été récemment votées au Portugal. Ce qui n’empêche pas l’Église d’entretenir de bonnes relations avec le monde politique.

Procession de la satue de la Vierge, le 13 mai 2009 à Fatima (Portugal), pour le
91e anniversaire des apparitions (AFP/ FRANCISCO LEONG).
Simple coïncidence ? Il n’est pas anodin que Benoît XVI ait choisi de se rendre au Portugal l’année même où le pays célèbre le centenaire de la République (la monarchie a été renversée le 5 octobre 1910) et la séparation de l’Église et de l’État (avec confiscation des biens de l’Église, qui ont été rendus en 1940).
L’écart s'est creusé entre un Sud déchristianisé et un Nord plus rural
Certains datent cette perte d’influence de la « Révolution des œillets » de 1974, encore très présente dans les esprits (pour connaître l’orientation politique d’un Portugais, rien de tel que de lui demander « ce qu’il a fait le 25 avril »).
L'Église peut se faire entendre en élaborant une «stratégie d’influence»
Pour d’autres, c’est l’entrée du Portugal dans l’Union européenne en 1986 qui marque le début de ces évolutions. « Les lois récentes ont été votées non pas tant sous la pression des institutions européennes que sous celle de l’idéologie de la modernité », estime pourtant le P. Victor Feytor Pinto, curé de la paroisse de Campo Grande, en plein quartier universitaire de Lisbonne, et consulteur au Conseil pontifical pour la pastorale de la santé.
«La mission de l’Église n’est pas de lutter contre le Parlement»
C’est en ce sens qu’il commence à réfléchir en vue de la « prochaine étape » législative qui concernera l’euthanasie. « La mission de l’Église n’est pas de lutter contre le Parlement mais d’éclairer les consciences », résume-t-il, avant de se féliciter des bonnes relations qu’Église et État entretiennent au Portugal – à la différence de l’Espagne.
S’il n’existe ni quotidien ni télévision catholique au Portugal (RTP2, la 2e chaîne de la télévision d’État, diffuse cependant des émissions religieuses quotidiennes et RTP1 retransmet la messe tous les dimanches), la très populaire radio catholique Radio Renascenca arrive en tête des sondages d’audience.
«Cette venue de Benoît XVI est bien perçue»
« Nos médias et nos intellectuels en général sont attentifs à ce que dit l’Église », insiste Henrique Leitão, professeur d’histoire des sciences à l’université de Lisbonne, qui mettait la dernière main, la semaine dernière, à une exposition sur les écrits de Benoît XVI à l’occasion de sa venue. Comme d’autres, il attend avec intérêt la rencontre du pape avec le monde de la culture, mercredi matin au centre culturel de Belém où 1 300 invités sont attendus.
« Cette venue de Benoît XVI est bien perçue », confirme Manuel Vieira da Cruz, éditeur et père de cinq enfants qui s’est mis en disponibilité pendant cinq mois pour aider à la communication autour de la visite du pape.
«Le pape est très aimé au Portugal»
Et de citer l’historien et écrivain José Pacheco Pereira, ancien secrétaire général du Parti communiste portugais, qui défend souvent et publiquement les valeurs chrétiennes, ou l’ancienne ministre des sciences, Maria da Graça Carvalho aujourd’hui députée (PSD, Parti social-démocrate, centre droit) du Parlement européen, qui a récemment publié dans Público (quotidien portugais de référence) un plaidoyer pour « l’Église catholique, inspiratrice d’une nouvelle relation à l’environnement ».
Ce qui n’empêche pas un grand nombre de prêtres et laïcs de considérer qu’il faut « rendre le message chrétien plus incisif pour la vie des Portugais », selon l’expression de Henrique Leitão. C’est d’ailleurs ce qu’avait demandé Benoît XVI aux évêques portugais lors de leur visite ad limina en novembre 2007, en les incitant à dynamiser leurs propositions de la foi et à « changer le style d’organisation de la communauté ecclésiale ».
Certains l’ont déjà bien compris. Ainsi, le P. Mário Rui Pedras, curé de Saint-Nicolas, paroisse dans la Baixa, le centre historique de Lisbonne reconstruit après le séisme de 1755, qui a su renouveler l’offre liturgique – messes et sacrement de réconciliation tout au long de la journée ; adoration du saint sacrement 24 heures sur 24 ; banque alimentaire pour 150 familles ; visite de personnes âgées ; site Internet – tout en maintenant les nombreuses processions traditionnelles.
Source : Claire LESEGRETAIN, à Lisbonne pour La Croix
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Informations complémentaires :
AFP : Benoît XVI attendu au Portugal pour un pélerinage de quatre jours
NouvelObs : Le pape en visite au Portugal cette semaine
Le Parisien : Portugal : le Pape Benoît XVI à Fatima mardi
Crashdebug : Révélation du 3eme Secret de Fatima
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