Le recul du parti Russie unie, une brèche dans le règne de Poutine

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Les législatives ont traduit dans les urnes la baisse de popularité des dirigeants russes
-- le président Dmitri Medvedev et surtout Vladimir Poutine -- perceptible dans plusieurs
sondages ces derniers mois. ( © AFP Alexei Nikolsky)

MOSCOU (AFP) - Le recul du parti au pouvoir Russie unie aux législatives de dimanche ouvre une brèche dans la domination jusqu'à présent largement perçue comme intangible de Vladimir Poutine, même si le régime en place depuis une décennie garde les commandes bien en mains.

Avec moins de 50 % des suffrages contre 64 % aux dernières élections en 2007, Russie unie enregistre un revers inédit depuis sa montée en puissance après l'arrivée de l'ex-agent du KGB au pouvoir au début des années 2000.

L'opposition et certains titres de presse russe se sont empressés de conclure que le pouvoir allait devoir composer avec les autres acteurs de la scène politique. "Le parti au pouvoir va devoir se chercher des partenaires", écrivait lundi le quotidien Kommersant.

Rien n'est moins sûr, car le jeu des reports de voix lié au mode de scrutin à la proportionnelle permet à Russie unie de disposer d'une majorité absolue de 238 sièges -- plus de la moitié des 450 mandats à la Douma.

Et le parti de M. Poutine, qui compte parmi ses membres nombre d'apparatchiks, responsables locaux ou nationaux et hommes d'affaires, va retrouver face à lui à la Douma des partenaires qu'il connaît bien : le parti communiste, Russie juste (centre gauche) et le Parti libéral-démocrate (nationaliste) qui ne l'ont guère inquiété ces dernières années.

Certes, Russie unie a perdu l'écrasante majorité des deux-tiers dont elle disposait jusqu'à présent avec 315 sièges, qui permettait d'amender la Constitution.

Mais, observe le politologue Evgueni Volk, du Fonds Eltsine, cette perte n'est "pas un drame" en soi : "Ce qu'il fallait changer dans la Constitution a déjà été changé." Après avoir modifié le mode de scrutin et instauré un seuil d'entrée au Parlement de 7 % qui a permis d'en exclure les petites formations d'opposition libérale au début des années 2000, le pouvoir a porté le mandat présidentiel de quatre à six ans.

Une réforme qui permet théoriquement à Vladimir Poutine, président de 2000 à 2008 puis Premier ministre faute de pouvoir enchaîner trois mandats consécutifs, de revenir au Kremlin à la faveur de la présidentielle de mars prochain pour deux nouveaux mandats, soit jusqu'en 2024.

Source : Libération.fr

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