Le suspect de Boston répond aux enquêteurs

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Crédits photo : Jared Wickerham/AFP

Djokhar Tsarnaïev a repris connaissance et répond par écrit aux questions des enquêteurs. Le suspect de 19 ans se serait blessé à la langue, après une possible tentative de suicide.

Ses blessures l'empêchent peut-être de parler, mais l'interrogatoire de Djokhar Tsarnaïev a quand même commencé. Selon plusieurs médias, le seul suspect survivant des attentats de Boston, qui a été grièvement touché à la gorge, a repris connaissance dimanche soir à l'hôpital de Beth Israel Deaconess, à Boston. Il répond par écrit aux questions des enquêteurs. Ceux-ci lui auraient demandé si d'autres bombes non explosées existent et si d'autres personnes de leur connaissance préparaient des attentats. Autre point central : obtenir des détails sur le séjour au Daguestan entrepris en 2012 par son aîné, Tamerlan, qui a été abattu vendredi.

Le fait que Djokhar Tsarnaïev puisse communiquer constitue une surprise. Ce week-end, de nombreux responsables avaient sous-entendu qu'étant donné la gravité de ses blessures, le jeune homme de 19 ans avait peut-être perdu à jamais l'usage de la parole. Lors de sa capture vendredi soir, le suspect d'origine tchétchène, blessé à la gorge et à la jambe, était couvert de sang et dans un état critique. Une partie de ses blessures pourrait être due la fusillade qui l'avait opposé le matin même, lui et son frère Tamerlan, aux policiers de Watertown. Cependant les enquêteurs n'excluent pas que sa blessure à la gorge, plus précisément à la langue, résulte d'une tentative de suicide.

Appels à requérir la peine de mort

Djokhar Tsarnaïev serait interrogé suivant la procédure exceptionnelle appliquée aux suspects qui détiennent des informations cruciales sur la sécurité publique. Ses droits (de garder le silence et d'avoir un avocat présent) ne lui ont pas été lus. Les chefs d'inculpation à son encontre devraient être révélés lundi. Le Massachusetts n'applique pas la peine de mort, mais plusieurs politiques ont exhorté au niveau national les procureurs fédéraux en charge de l'affaire à requérir la peine capitale. Cela dit, rien ne garantit que les preuves amassées le permettent. Plusieurs facteurs atténuants pourraient entrer en ligne de compte : son jeune âge, son absence de casier judiciaire, la possibilité qu'il ait suivi aveuglément son frère aîné

Des détails supplémentaires ont émergé sur la folle cavale des Tsarnaïev, qui a plongé pendant 24 heures Boston et sa banlieue en état de siège. Après avoir abattu un policier du campus du MIT jeudi soir, les deux suspects ont détourné une voiture sous la menace d'une arme. Ils se sont présentés nommément au conducteur comme étant les auteurs des attentats de Boston et l'ont forcé à retirer 800 dollars. Tamerlan a conduit le véhicule dérobé tandis que son cadet était au volant de sa propre Honda. Le propriétaire du véhicule volé s'est échappé quand les deux frères se sont arrêtés à une station d'essence à Watertown. Le duo a alors été repéré par un policier en patrouille, contraint d'attendre des renforts et de ne pas allumer sa sirène mais les Tsarnaïev se sont rendu compte qu'ils étaient suivis et ont ouvert le feu. Ils se sont placés derrière la Honda d'où ils ont lancé une Cocotte-Minute piégée aux agents. Tamerlan a alors été blessé lors de cet échange de tirs. Alors qu'il était à cours de munition, les policiers ont tenté de le maîtriser mais ont dû se mettre à l'abri quand le cadet a foncé sur le groupe en voiture, roulant sur son frère au passage. Puis Djokhar s'est enfui à pied.

Vu la quantité de munitions et les cinq engins explosifs retrouvés en possession des frères, les autorités pensent qu'ils étaient prêts à commettre d'autres attaques. Le duo a confié au conducteur braqué se diriger vers New York. Les policiers estiment que les bombes ont été préparées artisanalement avec des composants achetés localement aux États-Unis mais cherchent à tracer les armes à feu utilisées par Tamerlan et Djokhar. Aucun des deux ne détenait un permis de port d'armes. L'épouse de Tamerlan va également être interrogée. Cette Américaine, qui se serait convertie à l'islam, n'avait rien remarqué d'anormal, a déclaré son avocat. La jeune femme travaillant 70 à 80 heures par semaine comme aide à domicile, c'est Tamerlan qui s'occupait de leur fillette en bas âge. Les frères auraient connu des problèmes d'argent depuis le retour au Daguestan, en 2012, de leurs parents. Leur père avait prévu de leur rendre visite quelques jours après les attentats de Boston.

 

Source : Lefigaro.fr

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