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Les extrémistes sont partout, comme aux Pays Bas où le VVD exploite le terreau fertile de la crise. Personne n'est parfait, d'un côté comme de l'autre, mais ce n'est pas une raison pour stigmatiser les ethnis.

par Reed Stevenson et Gilbert Kreijger

AMSTERDAM (Reuters) - Le Parti libéral néerlandais (VVD) dispose d'un siège de plus que les travaillistes dans le nouveau parlement, selon les résultats quasi définitifs des élections législatives anticipées de mercredi.

Après dépouillement de 98% des suffrages exprimés, le VVD de Mark Rutte, avec 20,4 % des voix, obtient 31 des 150 sièges de la chambre des députés contre 30 pour le Parti travailliste (PvdA), qui a rallié 19,6 % des voix.

Dans le parlement sortant, le VVD contrôlait 21 sièges et le PvdA 33. Le scrutin de mercredi marque ainsi une forte progression des libéraux et un tassement des travaillistes.

Ces élections sont également caractérisées par une poussée de l'extrême droite populiste, qui obtient plus de 20 sièges (contre neuf dans le parlement sortant), et par une déroute des chrétiens-démocrates, qui gouvernaient en coalition avec les travaillistes et perdent la moitié de leurs sièges.

Si les résultats définitifs confirment la nouvelle répartition, Mark Rutte sera chargé de tenter de former un gouvernement de coalition, mais la tâche s'annonce très ardue compte tenu des rapports de force au parlement.

En début de soirée, les projections réalisées pour l'agence ANP et les chaînes de télévision NOS et RTL donnaient VVD et PvdA à égalité parfaite, avec chacun 31 sièges.

A la différence des précédents scrutins, dominés par les questions liées à l'immigration et les sujets internationaux, les législatives de mercredi ont été profondément marquées par la crise budgétaire. Il s'agissait de la première élection nationale dans un pays de la zone euro depuis l'éclatement de la crise de la dette en Grèce.

"Les Pays-Bas peuvent ressortir plus forts de la crise en prenant des mesures immédiatement", a dit Mark Rutte, qui a mené campagne en promettant de réduire de 39 milliards d'euros les dépenses publiques dans les dix années venir.

Les travaillistes prônent quant à eux un relèvement de la fiscalité sur les catégories les plus riches de la population pour préserver au maximum les dépenses publiques. "Même si les circonstances sont difficiles, nous assumerons de nouveau nos responsabilités pour faire en sorte que notre pays reste engagé sur la voie sociale", a dit leur chef de file, Job Cohen.

PERCÉE POPULISTE

La percée du Parti de la liberté (PVV) constitue l'autre fait marquant du scrutin. La formation xénophobe de Geert Wilders se hisse en troisième position (à égalité avec les chrétiens-démocrates) avec 21 sièges, contre 9 dans le parlement élu en 2006.

Les sondages avaient bien anticipé une poussée du parti populiste, le donnant même en tête des intentions de vote en février dernier, mais sa cote avait fondu ces derniers mois tandis que la campagne se recentrait sur les difficultés économiques.

"Plus de sécurité, moins de criminalité, moins d'immigration, mois d'islam, voilà ce que les Pays-Bas ont choisi", a dit Wilders, qui pourrait être incontournable dans les tractations à venir.

Le Parti chrétien-démocrate (CDA) de l'actuel Premier ministre Jan Peter Balkenende, qui a dirigé les quatre derniers gouvernements, arrive quant à lui en quatrième place avec 21 sièges quand il disposait de 41 élus depuis 2006.

"Les électeurs ont parlé, le résultat est clair. Dans une élection, il y a des vainqueurs et des perdants, c'est ainsi que fonctionne la démocratie", a commenté le chef du gouvernement sortant, avant d'annoncer sa démission du parlement.

Pour atteindre la majorité, qui se situe à 76 sièges, le parti arrivé en tête devra obtenir l'appui de trois autres formations, ce qui pourrait être long et coûteux en ce qui concerne la mise en oeuvre des mesures d'austérités nécessaires pour réduire un déficit qui devrait atteindre 6,6% du PIB cette année.

Le prochain budget doit être présenté en septembre. Le prochain gouvernement doit donc être formé avant.

Marcel Boogers, professeur de sciences politiques à l'université de Tilburg, juge probable la formation d'une coalition "violette" qui réunirait la gauche et la droite. "Ça pourrait être une coalition viable", a-t-il ajouté.

Avec Harro Ten Wolde, Catherine Hornby et Bart Meijer, Henri-Pierre André et Eric Faye pour le service français

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Source : LePoint.fr

Informations complémentaires :

France-Info (Audio) : Pays-Bas : l’extrême-droite se rend incontournable
Reuters : ECLAIRAGE Paysage politique fragmenté aux Pays-Bas
Le Télégramme : Pays-Bas. Poussée des libéraux et de l'extrême droite


 

 

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