Les francophones activent la sonnette d'alarme

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En l'absence de consensus sur BHV lors de la conférence des présidents de ce midi, les francophones ont décidé d'actionner la sonnette d'alarme dès 13 heures. Ce geste devrait interdire que le point soit inscrit en séance plénière ce jeudi après-midi.

Comme il n'a pas été possible de s'accorder jeudi en Conférence des présidents, la mise à l'ordre du jour de la séance plénière de l'après-midi de la proposition de loi scindant l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde par un vote unilatéral flamand devenait une possibilité. Les francophones ont dès lors décidé de déposer immédiatement la motion déclenchant la procédure de la sonnette d'alarme.

Les quatre chefs de groupe francophones l'ont annoncé ensemble, au sortir de leur réunion. "Nous marquons par là notre vive opposition à un coup de force inacceptable", a expliqué le chef de groupe du MR Daniel Bacquelaine.

Les chefs de groupe des partis francophones se sont en effet réunis brièvement immédiatement après la Conférence des présidents et ont décidé de se rendre chez le président de l'assemblée pour déposer la motion de sonnette d'alarme.
Le président du MR Didier Reynders avait répété jeudi matin que la sonnette d'alarme est une "bombe atomique" institutionnelle et qu'une telle arme ne s'utilise pas à titre préventif.

Herman De Croo veut de la sérénité

Pour le député et père du président de l'Open Vld, la mise en route de la sonnette d'alarme "clôt temporairement" les débats à la Chambre. Il ne partage pas la thèse parfois entendue au nord du pays, selon laquelle la sonnette d'alarme est inopérant en période d'affaires courantes. "Ceux qui disent cela ne connaissent pas le règlement de la Chambre et la Constitution", dit-il, appelant à des élections sereines. Et il termine par une pique à l'encontre de certains députés-bourgmestres qui parlent de boycotter les élections tout en souhaitant s'y présenter. "La schizophrénie a des limites", conclut l'ancien président de la Chambre.

Patrick Dewael respectera la procédure

Interrogé jeudi matin par Mehdi Khelfat et à nouveau dans le journal télévisé de treize heures, le président Open Vld de la chambre Patrick Dewael estimait que si le mécanisme de la sonnette d'alarme était enclenché, cela empêcherait automatiquement le vote sur BHV, "parce qu'à ce moment-là, il y a une procédure qui est mise en marche et qui entraîne en fait que la proposition sera transmise au gouvernement qui doit prendre un point de vue dans les 30  jours".

Suite au conseil des ministres de ce jeudi matin, Patrick Dewael s'attend à devoir faire voter en séance plénière des projets de loi déposés par le gouvernement : "Il y a quelques projets qui sont à la table, je crois que le projet pour l'emprunt à la Grèce, a déjà été décidé par le gouvernement. Il y a des mesures budgétaires, contrôle budgétaire et naturellement il y a la liste des articles de la Constitution qui doivent être  révisés. C'est à midi que le représentant du Gouvernement va informer la conférence des présidents des projets. Donc à ce moment-là, c'est la Chambre qui doit s'organiser pour traiter ces projets-là".

"C'est le règlement de la Chambre qui sera appliqué"

Patrick Dewael pense qu'il n'y aura ni psychodrame ni coup de force comme lorsque le Vlaams Belang a chanté le "Vlaamse Leeuw" dans l'hémicycle jeudi dernier : "Il y a une grande différence, cet après-midi, il y aura une séance de la Chambre, alors je la préside et je l'ai en main, c'est ce que j'espère. La semaine passée, il n'y avait pas de session parlementaire puisque le Roi avait justement entamé ses consultations et le Vlaams Belang a profité du fait que l'hémicycle était vide pour faire ce qu'il a fait. Donc je crois que c'est une différence. Je vais présider la Chambre, je vais écouter les groupes. Probablement les groupes flamands vont exiger que BHV soit mis à l'agenda et alors, les partis francophones ont des moyens de procédure à leur disposition. C'est le règlement de la Chambre qui sera appliqué".

Mesures de sécurité

Patrick Dewael a fait prendre des mesures de sécurité supplémentaire afin de limiter l'agitation dans l'enceinte du Parlement : "La semaine passée, c'était très difficile de circuler dans le Parlement puisque tous les couloirs étaient remplis, pas uniquement par des gens des médias mais aussi beaucoup de mandataires, beaucoup de collaborateurs. Donc c'était très difficile pour garder de l'ordre. Alors j'ai pris quelques mesures pour mieux gérer aussi les affaires à côté de l'hémicycle".

S'il y a des élections, l'Open Vld risque de perdre des portefeuilles importants au sein du gouvernement fédéral et Patrick Dewael pourrait perdre son poste de président de la Chambre. "Mon parti sera mené vers l'opposition, c'est normal dans une démocratie. Mais je crois que dans une démocratie, s'il y a des élections, il faut attendre les résultats et on verra comment les électeurs et électrices en décident", explique Patrick Dewael, qui affirme qu'il n'aura aucun regret : "C'est normal, si on commence une fonction ministérielle ou une fonction comme président de la Chambre, on sait dans la vie politique, que tout est temporaire".

 
A.L. avec Mehdi Khelfat


Source : RTBF.Info

Informations complémentaires :

L'Humanité : Redistribuer le pouvoir sans détruire le pays  : nouveau casse-tête belge
RTLINFO.BE : BHV: pas d'élections avant le 13 ou le 20 juin au plus tôt

L'Express.fr: Journée de dupes au Parlement belge