Les voleurs dans la loi, l’honneur de la mafia russe

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En Russie, il a toujours existé un réseau d’organisations illégales. Pour intégrer ces organisations, les candidats doivent se soumettre à des rites initiatiques. Ils peuvent avoir des tatouages qui permettent de les distinguer et de signifier leur appartenance à un groupe précis.

En dépit du fait que le crime organisé semble surgir au moment de la chute de l’URSS, il est en fait profondément enraciné dans l’histoire et la culture russes. Il a en réalité toujours existé sous forme de rebellions ouvertes contre le système, notamment durant la période impériale et communiste.

Dans la société tsariste de la Russie d’avant la Révolution russe 1917, une caste de voleurs régnait sur le monde du crime organisé. Structurée autour d’une organisation fortement hiérarchisée, dominée par les « voleurs dans la loi ».Les catégories de criminels les plus respectées exerçaient des activités illégales « techniques », chacune spécialisée dans un domaine précis tel que, pickpockets, cambrioleurs, escrocs...

Les organisations criminelles régionales et locales avaient leur propre caisse commune. Calculée en fonction d’un pourcentage relatif au butin réalisé, chaque voleur contribuait à l’alimenter. Les fonds étaient utilisés pour développer les activités criminelles de l’association mais aussi pour aider les prisonniers et parfois leur famille. Ils obéissaient à un code d’éthique qui envisageait le crime comme une façon de vivre et non pas comme un moyen de s’enrichir. Les règles ou « lois », devaient être rigoureusement observées par ceux qui se considéraient comme des criminels authentiques et respectables : Aussi, dans leur code d’honneur on pouvait trouver une multitude de règles telles que le refus de collaborer avec les représentants de l’Etat, le refus de prendre part à des organisations politiques, syndicales ou militaires, le refus du prosélytisme, l’engagement dans une activité criminelle de manière permanente, avoir séjourné de façon durable en prison, le mépris de la richesse.

Le non-respect de ces règles conduisait obligatoirement à un jugement devant le tribunal des voleurs et à des sentences graduées et parfois sévères (sanctions pécuniaires, étranglement, poignardage ...

Durant la période communiste, sur fond de corruption et de pillage de l’économie centralisée, on assiste à des mariages entre "Apparatchik" et criminels russes.

Ces deux catégories fonctionnaient et agissaient aussi bien dans les structures officielles de surface que souterraines notamment au sein des usines clandestines, du monde du vol des voitures, de la prostitution ou du trafic d’antiquités.

Le milieu traditionnel assouplit son fonctionnement à l’égard du monde des affaires, et établirent des contacts plus étroits avec les institutions politiques et administratives. Parallèlement, on observa une contagion des modes de fonctionnement mafieux au sein même du monde des affaires et politique russes tels que l’usage de la violence, du chantage, de la tromperie, de la corruption, et de l’emploi d’un certain argot. 

Les prisons soviétiques étaient peuplées de voleurs gênants mais qui assuraient le maintient de l’ordre en échange de quelques privilèges.

Lors de la perestroïka, des hommes avertis et efficaces, connaissant les rouages du système et associés aux hommes de « l’anti-système » constituèrent en occident ce que l’on va appeler plus tard la « mafia russe ».

La chute du régime soviétique en 1991fut une véritable aubaine pour les mafias locales, au milieu du chaos politique, le crime organisé, loin d’être réprimé, se développa et se propagea rapidement. 

Dans un contexte de crise économique et de réductions des effectifs publics, beaucoup de gradés et hauts-gradés de l’armée soviétique et du KGB furent congédiés, aussi, ils devinrent les chefs des différentes organisations mafieuses. De plus, tombés dans le dénuement le plus total, nombre d’anciens agents du gouvernement et militaires se sont tournés logiquement vers ces organisations criminelles. On pense en particulier que beaucoup de soldats issus des forces spéciales de l’ex-union soviétique (les Spetsnaz) et renommés pour leur brutalité rejoignirent les organisations criminelles russes. De même, les parrains de la mafia russes recrutèrent des sportifs divers, notamment ceux qui pratiquaient des arts martiaux et des athlètes olympiques.

Ainsi, moins de cinq ans après l’effondrement de l’URSS, la mafia locale était parvenue à contrôler les trois quarts de l’économie du pays, et dix ans après à s’exporter sur les cinq continents.

 

Source : - MrKevin14000, Agoravox tv

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