Libye : bombardements meurtriers de l'OTAN sur fond de résistance et de vide de pouvoir

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Les dirigeants intérimaires de la Libye affirment qu'ils ne resteront pas au pouvoir une fois vaincus les derniers bastions de Kadhafi. Mais Patrick Henningsen, un rédacteur en chef du site 21st Century Wire news, estime que le gouvernement intérimaire va encore rester longtemps en place.

« Pour avoir une indication de ce à quoi l'avenir va ressembler, tout ce que vous avez à faire est de regarder l'Égypte », a-t-il dit. « Le gouvernement militaire est toujours au pouvoir, et il sera au pouvoir encore pendant un certain temps. »

Mais Henningsen dit aussi qu'il y a une énorme lutte de pouvoir au sein du Conseil national de transition.

« Ces rebelles se battent avant tout pour le morceau de gâteau qu'ils peuvent obtenir, » a-t-il dit. « Ils ne savent pas pour combien de temps ils vont être au pouvoir. Ils tentent par conséquent de servir au mieux leurs intérêts personnels, alors qu'ils n'ont même pas encore gagné la guerre. »

L'OTAN s'est engagée à ne pas mettre fin aux opérations en Libye jusqu'à ce que les civils ne soient plus en danger. Avec des milliers de personnes fuyant Syrte et Bani Walid en raison des pénuries d'eau et des bombardements de l'OTAN, Henningsen considère que l'opération se poursuivra jusqu'à ce que le dernier bastion de Kadhafi soit vidé de ses civils et rasé au niveau du sol.

« Ce qu'ils font avec Syrte est un peu comme ce qui a été fait avec Falloujah [en Irak] - ils essaient de vider la ville, jusqu'à ce qu'il y ait seulement une présence militaire qui subsiste, que l'on appelle maintenant 'des insurgés', » dit-il. « Et puis ils vont larguer des tapis de bombes, ou simplement tirer des obus pour une semaine ou deux, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien, plus qu'un tas de poussière. »

Henningsen fait valoir que pour l'instant, l'idée principale de l'Occident semble être : « Il n'y a pas encore de stabilité [en Libye]. Lorsque la stabilité viendra, nous allons vous faire cadeau de la démocratie. »

Mais la Libye a peu de chance de se transformer en un état pleinement démocratique, selon Henningsen, car les « graines » plantées grâce au soutien de l'OTAN aux rebelles ne sont pas exactement démocratiques.

« Pour l'essentiel, l'OTAN a donné une couverture aérienne et une couverture militaire à une faction rebelle qui n'a ni été ni choisie ni élue par le peuple », a-t-il dit. « Ils n'ont aucun mandat. Ce que nous aurons, je pense, c'est une longue lutte de pouvoir, un jeu tribal qui va se jouer en Libye à la suite de cette guerre. »

Il estime que l'Occident veut un découpage de la Libye, et la seule stabilité à laquelle il est vraiment intéressé, c'est celle qui permettra aux entreprises occidentales de s'installer et de signer de juteux contrats.

Source : Sott, Russia Today

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