Libye : la France va-t-en-guerre

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C’est en Côte-d’Ivoire, suite aux récents événements, que le quartier pro-Gbagbo de Cocody-Riviera à Yopougon se voit affirmer les valeurs « démocratiques » africaines, car Alassane Ouattara a prévenu : et c’est avec « espérance » qu’il désire tourner la page… Cependant pour cette page internationale, face à un amour si « rayonnant », on ne peut occulter Fukushima au Japon, où le degré de gravité de l’incident nucléaire a été porté de 5 à 7… Soit l’équivalent de l’accident de Tchernobyl. Mais les autorités sont confiantes, et n'expliquent pas ce bond de 5 à 7, et personne ne parle de la fusion annoncée samedi. Car officiellement, l’incident n’est pas comparable à Tchernobyl, puisque les retombées seraient seulement de 10 % équivalentes. Les Alsaciens l’ont donc échappé belle… Car sur une carte, j’ai vu à 30 km de la centrale des niveaux de radiations de 30 msvr, soit pour vous donner un ordre d’idée, 30 fois la dose de rayonnements « non naturels » tolérés en France sur une année !

Mais ce soir, à l’heure où le soleil se couche en Afrique, ce qui me frappe, c’est l’insistance d’Alain Juppé à demander justement plus de « frappes » de l’Otan sur le sol libyen… Ont-ils quelque chose de spécifique à aller chercher dans ce Palais ou plus précisément dans son Bunker ? On est en droit de se poser la question…

Car ce que je retiendrai de la situation sur place de ces dernières 24 heures, c’est que Union Africaine a demandé un cessez-le-feu et a fait une demande de pourparlers, ce qu’a réfuté le camp des rebelles… Et la seule réaction de Paris est de demander plus de puissance de feu… ?

Alors savez-vous pourquoi les Américains appellent leurs missiles guidés « Tomahawk » ? C’est parce que, comme ces haches indiennes, quand ils frappent, ils font très mal ! Et c’est pour eux l’occasion de l’évocation d’un souvenir douloureux… Mais ne vous en faites pas, dormez tranquilles, comme nous l’explique si bien tous nos médias… Leur précision de guidage GPS par satellite en font, paraît-il, des armes « chirurgicales ! »

C’est certainement ce qu’il faudra expliquer au peuple libyen… Enfin ceux qui en ont réchappé ! Et pour qui très « physiquement  » (comme vous allez le voir ci-dessous, bien loin des caméras de la télévision). Cela rime plus avec destruction que libération…

La France a appelé l'Otan à augmenter ses frappes en Libye par la voix de son chef de la diplomatie française, qui a reçu le soutien de son homologue anglais. Mais Français et Anglais semblent minoritaires sur ce sujet aussi bien à l'Otan que dans le camp de la coalition qui participe aux frappes.

"Il faut que l'Otan joue pleinement son rôle" et elle ne le fait "pas suffisamment", a affirmé ce mardi matin Alain Juppé, qui lui demande de détruire "les armes lourdes qui bombardent aujourd'hui la ville de Misrata". Le ministre des Affaires étrangères veut évoquer ce sujet jeudi et vendredi lors d'une session ministérielle à Berlin avec ses homologues de l'Otan. Il a reçu le soutien de son homologue anglais, William Hague.

Les deux pays semblent de plus en plus minoritaires au sein de la coalition et de l'Otan. Le secrétaire d'Etat espagnol aux Affaires européennes, Diego Lopez Garrido, n'a ainsi pas jugé ce mardi "nécessaire" d'intensifier les efforts de l'Otan. "L'alliance a fait un bon travail", a-t-il insisté, jugeant que "la zone d'exclusion aérienne est un succès". Le chef de la diplomatie italienne Franco Frattini a quant à lui dit avoir "exprimé de la perplexité" à propos de cette demande, rappelant que son pays avait "déjà mis des moyens à disposition" de l'alliance. Pour sa part, le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, a souligné le danger d'une prolongation des combats, qui entraînerait un pourrissement de la situation avec le risque qu'Al-Qaïda et la mouvance islamiste en profitent comme cela a été le cas en Irak. Il répète donc qu'il n'existe pas de solution militaire à la crise libyenne et que l'urgence est de trouver une solution politique.

Les Etats-Unis, qui se sont retirés de la coalition avec l'entrée en piste de l'Otan, paraissent eux-aussi sur la réserve. Lundi, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a inversé le sens des priorités, insistant sur le caractère "non négociable" d'un cessez-le-feu, et faisant passer au second rang la nécessité d'écarter le colonel Kadhafi au pouvoir depuis 42 ans. Un cessez-le-feu en l'état signifierait qu'au moins pour un temps, Mouammar Kadhafi garderait le contrôle de Tripoli et de sa région.

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Source : L'Humanité

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