Libye : les rebelles annoncent la mort de leur chef militaire

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He bien, ce n'est pas gagné pour ces « rebels ».

Abdel Fattah Younès a été tué dans des circonstances obscures. Les divisions au sein de la rébellion s'aiguisent.

Le Conseil national de transition (CNT) libyen a annoncé jeudi la mort de son chef militaire, Abdel Fattah Younès, tué par des hommes armés dans des circonstances obscures qui pourraient masquer de profondes divisions au sein de la rébellion contre Muammar Kadhafi. Sa mort, annoncée jeudi soir par le président du CNT, coïncide avec le déclenchement d'une offensive rebelle dans l'Ouest. La guérilla dit s'être emparée de Ghezaïa, près de la frontière tunisienne, quelques heures après le lancement d'une attaque contre cet objectif.

Ancien ministre libyen de l'Intérieur, Abdel Younès faisait partie du groupe qui porta Muammar Kadhafi au pouvoir par un coup de force en 1969. Il avait fait défection pour rejoindre la rébellion en février dernier, devenant le chef des opérations militaires du CNT, une instance aujourd'hui reconnue comme représentante légitime du peuple libyen par une trentaine de pays. "Nous avons été informés aujourd'hui que (...) Younès et deux de ses gardes du corps avaient été abattus après sa convocation devant une commission judiciaire enquêtant sur des questions militaires", a déclaré aux journalistes Moustafa Abdeldjalil dans le bastion rebelle de Benghazi.

Dans la journée, une source rebelle avait rapporté qu'Abdel Younès avait été rappelé jeudi matin de la ligne de front de Brega, à l'ouest de Benghazi, mais sans pouvoir en indiquer la raison. Le bruit a couru voici peu qu'il était soupçonné d'avoir mené des discussions secrètes avec le gouvernement de Muammar Kadhafi. Ajoutant à la confusion, le président du CNT n'a pas dit où les meurtres avaient eu lieu et il a précisé que les corps n'avaient pas été encore retrouvés. Peu après l'annonce de sa mort, plusieurs hommes armés sont entrés dans l'hôtel où s'exprimait Moustafa Abdeldjeïl. Ils ont tiré en l'air, sans faire de victime, selon un correspondant de Reuters sur place.

Schismes

Certains insurgés n'ont jamais accepté de voir leur armée dirigée par un homme aussi proche de Muammar Kadhafi jusqu'à une période récente. Abdel Younès avait été mêlé à un différend sur la direction des forces rebelles. Son décès n'en porte pas moins un coup sévère à la rébellion, qui peine à progresser sur le champ de bataille depuis le début de l'insurrection au mois de février dernier. "Beaucoup de membres du CNT ont été des fidèles de Kadhafi pendant très longtemps. Ils appartenaient au premier cercle et ont rejoint le CNT dans un deuxième temps", déclare Geoff Porter, du cabinet de consultants North Africa Risk.

La mort d'Abdel Younès, estime-t-il, "est révélatrice de schismes qui apparaissent ces derniers mois au sein du CNT (...) On pourrait assister aux exemples les plus extrêmes de ces divisions entre les anciens membres du régime et les pionniers de la rébellion." Les insurgés ont annoncé jeudi la capture de plusieurs villes dans le djebel Nefoussa, montagnes au sud-ouest de Tripoli, mais n'ont toujours pas réalisé de percée décisive et les deux camps semblent se préparer à voir perdurer la guerre civile pendant le ramadan, qui correspondra cette année au mois d'août.

Source : Le Point

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