Les mauvaises surprises s’enchaînent pour les licenciés de l’usine PTPM Aÿ, une filiale de l’équipementier automobile Trèves dans la Marne. Le groupe, qui avait fermé le site champenois en 2010, réclame à 85 anciens employés des arriérés de salaires perçus en 2012. Après les lettres d’huissiers, un premier compte bancaire a été saisi.

« Jusqu’où ira Trèves ? Jusqu’où ira leur incroyable morgue ? », s’indigne Christine Tuffin, une ancienne salariée qui défend les droits de ses collègues depuis des années. Et elle a de quoi faire. Car l’histoire entre Trèves et Aÿ n’est qu’une succession de mauvaises surprises. Tout commence en 2009. Quelques mois après avoir touché 55 millions d’euros du Fonds de modernisation des équipementiers automobiles (FMEA), une structure créée par Nicolas Sarkozy et abondée par l’Etat, le groupe annonce la fermeture de son site d’Aÿ et la mise sur le carreau de 150 personnes. En 2010 et 2011, les prud’hommes puis la Cour d’Appel de Reims accordent à 85 anciens ouvriers des indemnités pour compenser des années de bas salaires (rappels de salaire assortis de dommages et intérêts). Une victoire de courte durée : la Cour de Cassation, saisie par Trèves, annule en partie en 2013 les précédents jugements. La juridiction reconnaît que les ex-PTPM ont été lésés sur leurs traitements et maintient les arriérés de salaires des années 2004 à 2009. Mais la Cour annule les dommages et intérêts, qu’elle juge prescrits.
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