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Et oui, de Gaulle, dont ils se revendiquent tous alors que certains ont vendu la France aux Américains. Du reste, je vous remets ci-dessous la vidéo du 4 Févrirer 1965 où de Gaulle dénonçait la planche à billets américaine (et oui déjà), regardez où nous en sommes en 2020....

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Pas un homme politique qui ne se réclame aujourd’hui du Général, dont on célébrera le 9 novembre le cinquantième anniversaire de la disparition. Mais certains feraient mieux de quitter les rangs…

Sans doute les contraintes sanitaires brideront-elles cette année le ballet des limousines. Et priveront-elles Colombey-les-Deux-Églises, lundi 9 novembre, jour de la célébration du cinquantième anniversaire de la mort du général, du traditionnel cortège de ses admirateurs. Mais combien, parmi ceux qui se prosternent bien bas chaque année devant la tombe du sauveur de la France, demeurent réellement fidèles à son héritage ?

Depuis un demi-siècle, chaque politique qui s’imagine un destin national commence par voir de Gaulle à sa porte. Mais quand Malraux affirme que « tout le monde a été ou sera gaulliste », il évoque les citoyens et leur rassemblement derrière des valeurs. Et certainement pas une récupération éhontée par des élus dont la première obsession est aujourd’hui de cliver. En nourrissant leur désunion nationale, en particulier par temps de crises si violentes, les politiques de 2020 s’éloignent encore plus des enseignements de l’homme du 18 juin 1940.

Marine Le Pen : « Sur l’échiquier politique, aujourd’hui, seul le RN défend cette ligne »

Elle est venue en catimini, avec une petite poignée de collaborateurs. Au printemps, la veille de l’anniversaire de l’appel du 18 juin, Marine Le Pen a débarqué sur l’île de Sein pour une rapide commémoration devant le monument aux Forces navales françaises libres, ces Bretons qui avaient rejoint de Gaulle à Londres en 1940. Huée par des habitants, la patronne du Rassemblement national ne s’est pas attardée. Il n’empêche, ce déplacement participait d’une opération programmée de récupération. Quelques jours plus tôt, Marine Le Pen avait publié dans la Revue politique et parlementaire un long éloge de De Gaulle, ce « grand homme » dont elle revendique l’« héritage ». Une nouvelle tentative de repeindre aux couleurs du Général un parti pourtant enraciné dans un terreau antigaulliste des plus virulents.

Parmi ceux qui ont œuvré à la création du FN dans les années 1970, on trouve – pour ne citer qu’eux – Pierre Bousquet, ancien Waffen-SS de la division Charlemagne ; Victor Barthélemy, qui fut le bras droit de Jacques Doriot ; ou encore Roger Holeindre, farouche partisan de l’Algérie française. Jean-Marie Le Pen lui-même ne suit pas du tout sa fille sur le sujet, qui écrit dans ses mémoires que de Gaulle reste « une horrible source de souffrance pour la France » ! Reste le positionnement actuel du RN. Sur le fond, Marine Le Pen porte incontestablement un discours axé sur l’indépendance nationale, mais s’il s’en dégage un nationalisme crispé plus qu’un patriotisme bâtisseur. D’autant que, pour qu’un tel projet soit solide, mieux vaut qu’il soit constant : qui imagine le général de Gaulle retourner sa veste sur la sortie de l’euro ? Et puis, là où de Gaulle savait fédérer, en s’entendant même avec les communistes, Marine Le Pen reste tellement clivante qu’elle aborde sa troisième tentative élyséenne sans aucun allié.

Emmanuel Macron : « Comme de Gaulle, je choisis le meilleur de la gauche, le meilleur de la droite, et même le meilleur du centre »

Pour tout président de la République, la posture du général de Gaulle est la martingale : chantre de l’unité des Français et de l’indépendance nationale, le héros de la Résistance fait consensus d’un bout à l’autre du paysage politique. Emmanuel Macron ne cesse de vouloir se placer dans ses pas, comme l’a montré la kyrielle de commémoration de l’appel du 18 juin cette année. Après tout, n’a-t-il pas rassemblé le peuple en 2017 en repoussant les notions de droite et de gauche, comme de Gaulle en son temps ?

La comparaison s’arrête ici, tant, sur de nombreux points, la pensée du chef de l’État paraît aux antipodes de celle de son lointain prédécesseur. De Gaulle défendait jalousement la souveraineté nationale, refusant la « vassalisation » du pays et vitupérant contre l’« aréopage de technocrates apatrides et irresponsables » que constituerait une fédération européenne. Emmanuel Macron ne cesse de son côté de chanter les louanges de l’Union, rêvant tout haut d’une hypothétique « souveraineté européenne ». De quoi rappeler le mot moqueur de De Gaulle en 1965 : « Bien entendu, on peut sauter sur sa chaise comme un cabri en disant “l’Europe ! l’Europe ! l’Europe !”, mais cela n’aboutit à rien et cela ne signifie rien. »

Emmanuel Macron fut élu en 2017 sur la promesse d’une adaptation énergique du pays à la mondialisation, un engagement tenu à grands coups de réformes néolibérales tout juste perturbées par la crise des « gilets jaunes ». De Gaulle n’a jamais caché que son « seul adversaire, celui de la France, n’a aucunement cessé d’être l’argent ». Plus encore, le général louait un peuple « patriote » possédant la « tripe nationale », au contraire de… la bourgeoisie, une « classe abâtardie » dont l’« esprit d’abandon est un mal qui menace cycliquement de détruire la France ». Osons un brin de mauvaise foi : ces classes supérieures, prêtes à joyeusement larguer la solidarité et la nation par-dessus bord, ne constituent-elles pas le cœur de l’électorat d’Emmanuel Macron ?

Jean Castex : « Je suis un gaulliste social »

« Gaulliste social » : voilà comment le Premier ministre, davantage connu pour ses états de service de technocrate que pour ses inclinations politiques, s’est présenté le 3 juillet lors de sa première apparition au journal de 20 heures. Une carte de visite idéologique bien commode, puisque personne ne songerait à reprocher à Jean Castex de se réclamer du général de Gaulle, ni d’avoir des préoccupations sociales. Le hic : tant de personnalités se sont réclamées du gaullisme social que l’expression semble vidée de sa substance.

Qu’en était-il de la pensée sociale du fondateur de la Ve République ? Celle-ci, notamment formulée lors des entretiens du général avec Alain Peyrefitte, s’avère bien moins consensuelle qu’attendu. « Le capitalisme n’est pas acceptable dans ses conséquences sociales cinglait en effet de Gaulle. Il écrase les plus humbles. Il transforme l’homme en un loup pour l’homme. » Pas davantage clément envers le collectivisme, accusé d’« ôter aux gens le goût de se battre » le héros de la Résistance ne manquait toutefois jamais de condamner l’« infirmité morale » du système, prônant une troisième voie pour rendre aux « travailleurs une dignité que le capitalisme leur enlève ». 

Jean Castex, au profil peu marqué idéologiquement, s’est bien gardé de telles préconisations. Haut fonctionnaire, il fut de nombreux cabinets de droite, appliquant avec zèle les recettes du néolibéralisme – directeur de l’hospitalisation entre 2005 et 2006, il introduisit ainsi la tarification à l’acte et les logiques de rentabilité dans l’hôpital public. D’ailleurs, ce 3 juillet 2020, le nouveau chef du gouvernement précisa illico que par « gaullisme social », il entendait la « responsabilité, c’est-à-dire qu’on ne peut pas tout attendre de l’État ». Un discours moins entendu dans la bouche du Général que dans celle des fossoyeurs du gaullisme.

François Hollande : « L’espoir, c’était le titre de ses Mémoires ; l’espoir, c’est ce que la France doit toujours avoir en son cœur »

Sans surprise, François Mitterrand n’a pas mis les pieds à Colombey-les-Deux-Églises, lui qui avait longtemps pourfendu de Gaulle avant d’enfiler avec délectation les habits de président de la Ve République. François Hollande, lui, s’est incliné en juin 2016 devant la tombe du Général, avant de visiter La Boisserie. C’était donc une première pour un président de gauche, qui, par ailleurs, n’a jamais manqué une commémoration de l’appel du 18 juin durant son quinquennat. Et qui a volontiers loué, à Colombey, la « vision » de son lointain prédécesseur. De quoi faire s’étrangler ceux, nombreux, qui n’ont vu qu’une gestion erratique du pays tout au long du mandat Hollande.

Sur le fond, on retrouve assez peu la « vision » gaullienne dans ses accommodements sinueux avec le néolibéralisme et les réflexes austéritaires. Jusque chez ses anciens ministres, l’ancien premier secrétaire du PS est accusé d’avoir sacrifié les intérêts de la France. Arnaud Montebourg, qui était à Bercy au début de son quinquennat, rappelait encore le week-end dernier, dans le JDD, le douloureux souvenir du traité budgétaire européen, que le candidat Hollande avait promis de renégocier en 2012 : « Notre président s’est précipité à Berlin faire les génuflexions d’usage en expliquant que ses engagements n’étaient que propos d’estrade. » De Gaulle, lui, n’hésitait pas à pratiquer la politique de la chaise vide quand les cénacles européens le mécontentaient… Était-ce pour tenter de se rattraper que François Hollande en appelait à « l’espoir » lors de son pèlerinage à Colombey ? La cruelle vérité est que lui-même a surtout désespéré ses propres électeurs.

Nicolas Sarkozy : « Jamais un homme d’État n’avait compris aussi bien que pour s’ouvrir aux autres il faut d’abord être assuré de ses propres valeurs, de son identité »

« Qui imagine le général de Gaulle mis en examen ? » En une phrase prononcée à la fin du mois d’août 2016, François Fillon avait violemment taclé Nicolas Sarkozy, mais également scellé sa propre perte, lui qui allait se trouver inquiété à son tour par la justice. On ne joue pas impunément avec la statue du commandeur de la droite, même si ce camp n’en finit plus de s’éloigner des rives du gaullisme. L’élection présidentielle de 2007 avait à cet égard marqué une véritable rupture. À Jacques Chirac, et son non à la guerre en Irak, succédait Sarko l’Américain. Six mois après son élection, celui-ci décidait de réintégrer le commandement intégré de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord, quarante et un ans après le retrait ordonné par le Général. L’ancien ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine l’avait alors dépeint comme le représentant de la droite prégaullienne, viscéralement proaméricaine et pro-israélienne, comme l’était la IVe République.

Le locataire de l’Élysée s’en défendait, voyant avant tout le gaullisme comme un pragmatisme. « Il n’y a pas de catéchisme du gaullisme, et nul ne sait ce qu’il aurait fait aujourd’hui » affirmait celui qui avait choisi de faire voter le traité de Lisbonne, reprise de la Constitution européenne pourtant rejetée par les Français. Ce qui lui avait valu cette remarque acerbe de Jean-Pierre Chevènement : « Je pense que le général de Gaulle respectait les décisions du peuple. Sarkozy est très loin du général de Gaulle. » D’autres épisodes ont malmené les gaullistes durant son quinquennat, notamment la réforme constitutionnelle de 2008 et la possibilité offerte aux citoyens de saisir les sages de la rue Montpensier, avec le risque de voir émerger un gouvernement des juges. Pourtant plume de Sarkozy, Henri Guaino s’en était inquiété. « Au final, Sarkozy reprend du gaullisme cette espèce de relation directe et affective avec le peuple, dans une sorte de néobonapartisme, note l’historien Jean Garrigues. C’est son seul point de convergence avec le Général. »

Nicolas Dupont-Aignan : « Il incarne la volonté politique face à l’esprit d’abandon »

Longtemps, Nicolas Dupont-Aignan s’est présenté comme le dernier des gaullistes, en rupture de ban avec une droite libérale qui s’était éloignée des aspirations du Général. L’argumentaire pouvait s’entendre : son départ de l’UMP correspond au début du quinquennat Sarkozy. Il récuse alors le traité de Lisbonne, le paquet fiscal et l’atlantisme de l’hôte de l’Élysée, et devient le héraut de la sortie de l’euro.

En 2012, il se présente à la présidentielle et réunit 1,79% des suffrages exprimés. Pas tout à fait un triomphe romain mais le député de l’Essonne persévère. Cinq ans plus tard, le patron de Debout la France ne parvient toujours pas à dépasser 5% des voix, et, surtout, il décide de faire alliance avec Marine Le Pen, dont il s’imagine déjà le Premier ministre. Les descendants de De Gaulle manquent de s’étouffer. Impossible d’imaginer un admirateur du Général frayer avec un parti d’extrême droite. Depuis, Nicolas Dupont-Aignan s’est noyé dans l’ivresse des réseaux sociaux et a surtout fait le vide autour de lui. Tout sauf une attitude gaullienne.

Source : Marianne.net

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Faussaires Gaulliste

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