Malaise de la presse après la comparution de Moubarak sur une civière

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Les éditorialistes, s'ils saluent la tenue du procès du dictateur, pointent une "mise en scène sinistre".

La comparution sur une civière de l'ancien homme fort égyptien Hosni Moubarak, jugé pour meurtres et corruption, suscite à la fois espoir et malaise dans la presse française de jeudi.

"Malaise. Le procès Moubarak a démarré par une mise en scène sinistre visant l'humiliation de l'accusé, la justice ménageant une belle place à son contraire: la vengeance", écrit le directeur du quotidien de gauche Libération, Nicolas Demorand.

"Dans un pays qui tâtonne toujours sur la voie de la démocratie, l'enjeu pour l'appareil judiciaire sera d'échapper à l'arbitraire qui prévalait jusqu'ici", rappelle Jean-Christophe Ploquin dans le quotidien catholique La Croix.

"La scène n'est pas glorieuse mais nécessaire", écrit Olivier Berger dans le quotidien régional La Voix du Nord.

"Le procès de Moubarak et de ses fils a une valeur symbolique considérable", insiste Pierre Rousselin dans le quotidien conservateur Le Figaro, rappelant que l'ex-raïs égyptien est "le premier dictateur à devoir répondre de ses actes devant son peuple, qui l'a lui-même déposé".

Un procès qui n'aura jamais lieu ?

L'importance de cette audience est également soulignée par Xavier Panon dans La Montagne : "Le procès de Moubarak brise un tabou dans le monde arabe" et l'éditorialiste du journal auvergnat en espère "une vertu pédagogique, voire curative, pour d'autres potentats locaux".

C'est pourquoi "la première apparition d'Hosni Moubarak depuis sa démission représente malgré tout une victoire pour le mouvement démocratique", insiste Patrice Chabanet dans Le Journal de la Haute-Marne.

Néanmoins, l'ajournement de l'audience au 15 août, inquiète plusieurs éditorialistes.

"Tout se passe comme si les autorités du Caire voulaient faire la démonstration que le raïs déchu ne pourrait supporter de trop nombreuses audiences dans un procès circonscrit à ses propres responsabilités et non à celles d'un système politique dominé par la hiérarchie militaire", analyse Jean-Paul Piérot dans le quotidien communiste L'Humanité.

Pour La Charente libre, sous la plume de Dominique Garraud, "le report au 15 août du procès augure d'un épilogue espéré par l'armée égyptienne: celui de voir Hosni Moubarak rejoindre rapidement outre-tombe, d'autres dictateurs comme Augusto Pinochet ou Slobodan Milosevic, dont la mort a interrompu les actions judiciaires engagées".

Source : Le Nouvel Observateur avec l'AFP

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