Manifestation du 31 octobre : cortèges calmes, casseurs d’ultragauche en fin de journée (Le Figaro)
Bonjour, malgré des heurts, la manifestation du 31 octobre s’est globalement bien passée et la mobilisation tient bon. On se demande toujours pourquoi ces milices d’ultragauche ne sont pas placées en garde à vue avant les débordements, alors que leurs membres sont connus et qu’on les laisse faire. Des manifestations similaires contre la vie chère ont eu lieu en Italie, avec un million de personnes…
Pour cet acte III, Le Figaro dresse un bilan ville par ville. Le ministère de l’Intérieur compte 320 000 manifestants, contre 410 000 la semaine précédente et 550 000 le 17 octobre. À Paris, 70 000 personnes ont défilé dans le calme sur les Maréchaux, avant qu’un gendarme mobile soit brûlé à la cheville par un cocktail Molotov au terminus. Nantes, Marseille, Bordeaux et Lyon ont connu le même scénario : un cortège tranquille, puis des groupes cagoulés qui tentent de gagner les centres-villes. Bilan : 565 interpellations et 40 000 contrôles aux abords des gares. Le plus parlant reste l’envers du décor, avec des commerçants qui voient leur chiffre d’affaires fondre chaque samedi. L’acte IV est déjà annoncé pour le 5 novembre.

Porte de Charenton, samedi. JULIEN DE ROSA / AFP
Par Adrien Bez (Paris), Justin Boche (Lyon), Nicolas Farmine (Marseille), Marie-Hélène Hérouart (Bordeaux), Clotilde Jégousse, Aldric Meeschaert (Paris), Leopold Paitier Jacques Paugam (Nice), Jean-Baptiste Semerdjian (Paris) et Laurène Trillard (Nantes) Etienne Jacob
Publié le 31/10/2026 à 23h55, mis à jour le 01/11/2026 à 08h07
REPORTAGE - Pour cette troisième journée de mobilisation en trois semaines, les cortèges ont majoritairement progressé dans le calme hors des centres-villes. Avant que des casseurs et pilleurs n’entament des affrontements avec les forces de l’ordre partout sur le territoire.
Si le pire semble avoir été évité, la colère du ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez était palpable, au crépuscule de l’acte III de la mobilisation nationale contre la vie chère. «Il y a eu énormément de tensions, énormément de violence, et la journée n’est pas terminée», a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse organisée peu avant 20 heures, ce samedi 31 octobre. Quelques heures plus tard, au moment de faire le bilan de cette nouvelle journée sous haute tension, le premier flic de France a fustigé des «actes violents très graves que tous doivent condamner», perpétrés par plusieurs centaines de «casseurs et pilleurs» animés par la «mouvance d’ultragauche», présents dans «chaque cortège», à Paris, Marseille, Nantes, Bordeaux mais aussi Rennes, Tours et Angers. Le ministre a adressé ses pensées aux forces de sécurité, ciblées par une «violence inouïe», à coups de «jets de pavés», de «tirs de mortiers» et d’au moins trois cocktails Molotov, dont l’un a blessé à la cheville un capitaine d’escadron de la gendarmerie mobile. «La République tient parce qu’ils sont là», a salué l’ancien patron de la DGSI.
Partout sur le territoire, la journée avait pourtant commencé sous les meilleurs auspices. Les interdictions de manifestation en dehors des périphéries, validées par la justice administrative dans plusieurs villes dont Paris, ont été une «bonne décision» s’est félicité le ministre. Dans la capitale, le scénario envisagé la veille par la préfecture de police - qui attendait jusqu’à 150.000 personnes et craignait une «situation insurrectionnelle» voire un«envahissement du périphérique», selon une note consultée par Le Figaro - ne s’est pas produit. Les 70.000 manifestants, fixés sur le parcours quelques heures seulement avant le départ de la mobilisation, du fait d’une décision du Conseil d’État dans la nuit (c’est l’itinéraire Porte de Bagnolet-Porte de Charenton voulu par la préfecture qui s’est imposé, plutôt que le Bastille-Nation proposé par les organisateurs), ont défilé pendant plus de deux heures dans le calme et la bonne humeur, sur les boulevards des Maréchaux. À Nice, la manifestation s’est déroulée sans heurts, avec des chants, des pancartes et des slogans contre la classe politique avant de terminer place Masséna, dans le centre-ville, puis d’être dispersée dans le calme. À Lyon, le cortège s’est élancé dans une ambiance festive de la manufacture des tabacs (Lyon 3e) en direction de Jean Macé dans le 7e arrondissement, un parcours qui a évité l’hypercentre de la ville. En France, la mobilisation a été intense, mais en recul par rapport aux deux précédentes : 320.000 manifestants, selon le ministère de l’Intérieur le nombre de manifestants contre 410.000 la semaine dernière et 550.000 le 17 octobre. Les interpellations, sont, elles aussi, heureusement en baisse : Beauvau en dénombrait 565 à 21 heures.
À Paris, un gendarme brûlé
À la fin de chaque cortège, les forces de l’ordre ont été systématiquement prises à partie. À Paris, comme la semaine dernière, des émeutiers violents ont pris la place des manifestants pacifiques au niveau du terminus, donnant lieu à des affrontements spectaculaires. Les tensions ont éclaté peu après 16h30, alors que des attroupements de jeunes refusaient de se disperser malgré plusieurs sommations. Les policiers et gendarmes ont été visés par des projectiles, des tirs de mortiers. Sur une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, on voit un groupe de gendarmes mobiles, ciblés par un cocktail Molotov ; l’un des militaires prend feu avant de prendre la fuite. Sur un autre clip, on le voit éteint par ses collègues, ainsi qu’un manifestant venu à son secours. Ce capitaine d’escadron a été brûlé au second degré à la cheville. Il a évité le pire et a pu reprendre le travail avec ses collègues, pour une longue soirée de maintien de l’ordre.
Face à des manifestants particulièrement motivés, les policiers et gendarmes ont répliqué par des charges et un usage massif de gaz lacrymogène et de grenades assourdissantes. L’air du 12e arrondissement de la capitale est rapidement devenu irrespirable, contraignant les centaines de jeunes encore présents à battre en retraite. À Bastille, où les organisateurs avaient initialement souhaité faire converger le cortège, plusieurs centaines de jeunes ont bravé l’interdiction préfectorale, parvenant à défiler, à l’appel de la Coordination régionale étudiante. «Bravo aux camarades d’avoir montré l’exemple», les félicitait sur X Anasse Kazib, militant marxiste et candidat à la présidentielle avec l’étiquette Révolution permanente. «Ils montrent ce qu’il serait possible de faire si l’ensemble des organisations syndicales et politiques refusaient l’offensive de Nuñez. Le droit de manifester se défend dans la rue.»
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Source : Le Figaro.fr
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