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Vous voyez, après les assassinats de Chockri Belaïd et de Mohamed Brahmi, deux opposants au régime en place, il suffit qu'un peuple entier refuse l'ersatz de démocratie qu'on essaye de lui imposer, et prenne en main son destin...

Tunis 07 08 2013
Les manifestants devant le siège de l'Assemblée nationale constituante  Photo :  AFP/FETHI BELAID

C'est dans un climat politique tendu que des milliers de Tunisiens ont entamé une manifestation nocturne, après la rupture du jeûne, pour réclamer le départ du gouvernement.

L'opposition réclame la démission du gouvernement d'Ali Larayedh, issu du parti islamiste Ennahda, ainsi que la dissolution de l'Assemblée constituante.

Le renversement du président égyptien Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans, semble inspirer des chefs de l'opposition tunisienne.

Les manifestants brandissaient des drapeaux de la Tunisie et scandaient « le peuple veut la chute du régime » ou encore « le gouvernement va tomber aujourd'hui ».

« Ennahda et le gouvernement entraînent le pays vers la destruction. Aujourd'hui, le gouvernement partira, sera remplacé par un autre. [...] Le gouvernement sera obligé d'écouter la voix de la rue. » — Besma Khalfaoui, veuve de Chokri Belaïd, sur les ondes de la radio Express-FM.

Dans le sillage de cette protestation, une vidéo critique du mouvement islamiste Ennahda postée sur le réseau Facebook connaît un certain succès. Elle montre un jeune homme feuilletant un vieux livre en arabe dans lequel on aperçoit les grands noms qui ont fait la gloire de la civilisation islamique, tels que le médecin Avicennes, le mathématicien Al-Khawarizmi, le philosophe andalou Averoes ou le poète Al-Moutanabi. À la fin, le livre est souillé par une tache de sang avec l'image du chef d'Ennahda, Rached Ghannouchi. Après cette image, le jeune homme déchire la photo souillée. La vidéo se termine par le slogan : « Qu'on interdise aux terroristes trompeurs de falsifier notre histoire. Protégeons la révolution tunisienne d'Ennahda. »

La veille de cette manifestation, le président d'Ennahda, Rached Ghannouchi, a exclu le départ du Premier ministre et la dissolution de l'ANC. Il s'est dit favorable à la tenue d'un référendum sur la poursuite du processus de transition.

M. Ghannouchi accuse l'opposition de mener une « contre-révolution ».

La puissante centrale syndicale UGTT, qui compte plus d'un demi-million de membres, appuie la manifestation, puisqu'elle réclame, elle aussi, la chute du gouvernement. Le patronat, regroupé au sein de l'UTICA, demande pour sa part la formation d'un gouvernement de technocrates.

L'Assemblée constituante suspend ses travaux

Auparavant, l'Assemblée nationale constituante (ANC), chargée de rédiger une nouvelle constitution pour le pays, avait suspendu ses travaux jusqu'à ce que des négociations de sortie de crise s'amorcent entre le pouvoir et l'opposition, a annoncé mardi soir son président, Mustapha Ben Jaafar.

« J'assume ma responsabilité de président de l'ANC et suspends les travaux de l'Assemblée jusqu'au début d'un dialogue, et cela, au service de la Tunisie », a-t-il déclaré à la télévision d'État quelques heures avant qu'une manifestation de l'opposition ne se mette en branle à Tunis. « J'appelle tout le monde à participer au dialogue. »

Revenant sur les assassinats de l'opposant Chockri Beläid, le 6 février, et du député Mohamed Brahmi, le 25 juillet, M. Ben Jaafar a dénoncé l'incapacité de la classe politique à s'unifier face au danger.

« Malgré la gravité de la situation et au lieu d'aller vers l'unité, malheureusement, les dirigeants de partis politiques sont allés dans la direction inverse, vers la division en mobilisant [la rue]. Chaque partie agit comme si elle détenait la vérité absolue [...] elles n'ont pas pesé l'intérêt national et chaque jour s'en éloignent. » — Mustapha Ben Jaafar, président de l'Assemblée nationale constituante

« Le peuple en a marre de cette situation et ne peut plus supporter cette attente », a ajouté M. Ben Jaafar, qui est issu du parti de centre-gauche Ettakatol. Cette formation politique soutient jusqu'à nouvel ordre le gouvernement dirigé par le parti islamiste Ennahda, mais se dit en faveur de la mise en place d'une nouvelle équipe gouvernementale.

Dans une allocution prononcée devant l'ANC quelques heures plus tôt, le Premier ministre Ali Larayedh avait plutôt pressé les députés de terminer leurs travaux d'ici le 23 octobre. « Nous étions les initiateurs du printemps arabe, soyons les initiateurs d'un État démocratique par des moyens pacifiques », avait-il plaidé.

« La multiplication des manifestations et des sit-in perturbe les agents des forces de sécurité, qui sont obligés d'être dans les rues alors qu'ils devraient participer à des opérations de lutte contre le terrorisme », avait aussi fait valoir le chef du gouvernement.

L'Assemblée nationale constituante poursuivait ses travaux malgré le fait que plus d'une soixantaine de députés boycottaient ses travaux depuis deux semaines, dans la foulée des assassinats politiques de Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, deux opposants tués par des djihadistes, selon le gouvernement

La donne salafiste

Une vaste opération militaire est par ailleurs en cours au mont Chaambi, près de la frontière algérienne, pour « éradiquer » un groupe armé qui serait lié à la nébuleuse djihadiste Al-Qaïda, selon le gouvernement, et qui est responsable d'une embuscade qui a tué huit soldats le 29 juillet.

Par ailleurs, un militant islamiste a été tué mardi dans la banlieue de Tunis par des policiers. La police a indiqué qu'il s'agit d' un terroriste. Dimanche, un autre islamiste avait été tué et quatre autres arrêtés dans la capitale.

 

Source : Radio-canada.ca

Information complémentaire :

Crashdebug.fr : La Tunisie en crise, la contestation anti-islamiste s’amplifie

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