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Pierre Moscovici, le 15 avril 2014 à Paris | Jacques Demarthon

L'ancien ministre français des Finances, Pierre Moscovici, se prépare à intégrer la prochaine Commission européenne, au sein de laquelle il vise un poste économique, se prévalant de la "confiance" du français, .

Après son départ du au lendemain de la déroute des socialistes aux élections municipales, M. Moscovici s'est vu confier une mission parlementaire sur la "contribution des politiques européennes à la croissance et à l'emploi".

"C'est un travail que je veux utile", a-t-il affirmé mercredi soir devant quelques journalistes lors d'un premier déplacement à Bruxelles.

"Cette mission n'est pas un prétexte. Ce n'est pas une pré-désignation" à la Commission, assure-t-il. Mais c'est "un signe de confiance sans ambiguïté" de la part du président François Hollande et du Premier ministre Manuel Valls. "Le président a une option", même s'il "peut y avoir des aléas".

Alors que la présidente de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale, la socialiste Elisabeth Guigou, est aussi officiellement candidate, M. Moscovici déclare qu'il n'y a "pas de concurrence".

Il estime que sa mission de six mois est une façon de se "préparer" à sa future fonction, "mais pas au sens du lobbying". Il plaide pour que la France obtienne un poste économique, parce que le "grand enjeu pour la prochaine Commission sera économique".

L'ancien ministre affirme qu'il "faut sortir de l'idée que la France est un anti-modèle économique", même si le pays apparaît parfois comme le mauvais élève de la classe européenne en raison de sa difficulté à réduire ses déficits et à se réformer.

"Il n'y a aucun poste dont la France peut se sentir exclue", dit-il, interrogé sur le portefeuille crucial des affaires économiques, chargé notamment de faire respecter la rigueur budgétaire. Mais il souligne qu'il y a plusieurs autres postes économiques.

Il se dit prêt à travailler avec les deux principaux candidats à la présidence de la Commission, le chrétien-démocrate Jean-Claude Juncker, qui "n'est pas conservateur" et dont il apprécie la "convivialité", comme avec le social-démocrate Martin Schulz, dont il loue "l'énergie" et "l'autorité".

"L'enjeu politique, c'est de remettre la Commission au centre du jeu", avec plus de "leadership" et de "crédibilité".

A Bruxelles, il rencontrait des conseillers du président de la Commission et du président du Conseil, des directeurs généraux de la Commission, ainsi que le commissaire français sortant, Michel Barnier (Services financiers). Il a prévu de se rendre dans au moins la moitié des pays membres de l'UE.
Face à la percée attendue des eurosceptiques aux européennes, Pierre Moscovici rejette la tentation pour les partis de gouvernement de faire de "l'euroscepticisme light", qui ne peut conduire selon lui qu'à un renforcement du sentiment anti-européen. "La bonne réponse, c'est d'avancer vers plus d'intégration, pour que le bilan soit plus convaincant".

Il plaide aussi pour plus d'idées européennes "ambitieuses" en France, car les "attentes sont là" de la part des Français, qui ne sont "ni pour une sortie de l'euro ni pour une sortie de l'Europe".

 

Source : Leparisien.fr

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