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La candidate du Mouvement Cinq Étoiles (M5S) de Beppe Grillo, Virginia Raggi, est arrivée en tête du premier tour des municipales à Rome, dimanche, avec plus de 36 % des voix, devant le parti de Matteo Renzi, selon des résultats partiels.

"Nous vivons un moment historique", s’est enthousiasmée Virginia Raggi, la candidate du Mouvement Cinq Étoiles (M5s) qui a pris la tête du premier tour des municipales, dimanche 5 juin, à Rome. Après dépouillement d'un échantillon représentatif de bulletins, la candidate du mouvement anti-partis aurait enregistrée plus de 36 % de voix, devant le Parti démocrate du chef du gouvernement Matteo Renzi. Si les élections sont municipales, l'"enjeu est national", estime Natalia Mendoza, correspondante France 24 en Italie.

Le candidat du Parti démocrate, Roberto Giachetti, est projeté au coude-à-coude avec la candidate de l'extrême-droite Giorgia Meloni, avec chacun autour de 22 % des voix. Si aucun candidat n'emporte plus de 50 % des voix, un second tour départagera les deux candidats les mieux placés le 19 juin, et de nombreuses grandes villes devraient recourir à ce nouveau vote.

"splendeur et la beauté"

Une victoire du M5s à Rome représenterait une percée majeure pour le mouvement fondé en 2009 par Beppe Grillo, qui entend rassembler sur la base de la dénonciation des scandales de corruption qui touchent aussi bien la gauche que la droite dans la capitale. Si Raggi l'emportait, elle serait en outre la première femme à siéger à la mairie romaine. Cette dernière promet de s'attaquer à la corruption, au clientélisme et jusqu'aux petites incivilités quotidiennes des conducteurs et usagers romains, qui sont devenues la norme dans la capitale. "Les Romains sont prêts à tourner la page et je suis prête à gouverner cette ville et à rendre à Rome la splendeur et la beauté qu'elle mérite", a encore estimé la juriste âgée de 37 ans.

Un échec du Parti démocrate à Rome représenterait un coup dur pour Renzi, après le départ du précédent élu démocrate, mis en cause dans un scandale concernant ses frais de bouche.

Dans les autres grandes villes, les projections suggèrent une légère avance de la gauche. À Turin, le maire actuel issu du Parti démocrate, Piero Fassino est donné premier, mais un second tour difficile l'attend face au candidat du Mouvement Cinq Étoiles.

"Sans Renzi"

À Milan, l'écart paraît plus étroit, le candidat de centre-gauche Giuseppe Sala, soigneusement choisi par Renzi, étant donné en tête avec 42,8 % des suffrages, devant Stefano Parisi, de centre-droit, crédité de 37,7 %. À Naples, le maire sortant de gauche, Luigi de Magistris, semble bien parti pour l'emporter, après avoir déclaré que sa ville est une zone "sans Renzi".

Bologne, ville bastion du Parti démocrate, voit elle le candidat soutenu par le parti arrivé en tête, mais avec une avance moindre que prévu, ce qui devrait le contraindre à un second tour contre l'extrême droite ou le M5s.

Matteo Renzi, dont la popularité a faibli au cours de l'année dernière, a pris soin de se distancer des élections municipales, expliquant qu'elles reflétaient des problèmes locaux et n'auraient pas de répercussions sur le gouvernement de coalition.

Le Premier ministre cherche au contraire à attirer l'attention sur un référendum en octobre, portant sur un projet de réforme de la Constitution. Il a dit qu'il démissionnerait si les Italiens devaient rejeter son plan, visant à réduire les pouvoirs du Sénat, et fluidifier les procédures législatives au Parlement.

 

Source(s) : France24.com Avec Reuters

Informations complémentaires :

Virginia Raggi 07 06 2016