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Goodyear: Un jugement politique ? - 12/01 par BFMBUSINESS
Reuters/Reuters - Manifestation devant l'usine Goodyear d'Amiens. Huit anciens salariés de l'entreprise jugés pour avoir séquestré deux cadres de l'entreprise en 2014 ont été condamnés mardi
PARIS (Reuters) - Huit anciens salariés de Goodyear Amiens jugés pour avoir séquestré deux cadres de l'entreprise en 2014 ont été condamnés mardi à deux ans de prison, dont neuf mois fermes, par le tribunal correctionnel d'Amiens.
Le procureur de la République avait réclamé lors de l'audience en novembre deux ans de prison, dont un an ferme "aménageable".
Dénonçant une décision "injuste" et la volonté "de faire un exemple", les prévenus ont annoncé leur intention de faire appel.
Dans un communiqué, la CGT Goodyear appelle à une campagne nationale de solidarité pour "exiger que cesse la campagne de répression anti-sociale du gouvernement".
"Le jugement inacceptable condamnant les militants CGT de Goodyear à 9 mois de prison ferme est l'arme avec laquelle Hollande, Valls, Taubira et l'ensemble du gouvernement ont décidé d'intimider tous les salariés qui se battent pour leur droit et leurs emplois", écrit-elle.
Pascale Boistard, secrétaire d'Etat aux Droits des femmes et élue d'Amiens, a exprimé sur Twitter son "émotion fraternelle" devant "une si lourde condamnation".
"Huit ouvriers #Goodyear condamnés à 24 mois de prison dont 9 fermes. Pourtant pas de plainte. Merci Taubira", a écrit également sur Twitter Jean-Luc Mélenchon, co-fondateur du Parti de gauche, à l'adresse de la ministre de la Justice, Christiane Taubira.
Interrogé à ce sujet lors des questions d'actualité à l'Assemblée nationale, le ministre de l'Economie s'est refusé à commenter une décision de justice mais a défendu les actions en cours pour reclasser 1009 salariés.
Emmanuel Macron a précisé que deux tiers d'entre eux avaient trouvé des solutions, "plus de 200 ont retrouvé des contrats longs, plus de 250 sont aujourd'hui en formation pour la reconversion, 130 sont partis à la retraite et 80 ont créé leur entreprise".
"Pour le tiers des salariés qui n'ont pas trouvé une solution, un délai de trois mois a été décidé pour prolonger la convention de reclassement", a-t-il ajouté.
Le directeur des ressources humaines et le directeur de la production avaient été retenus entre le 6 et le 7 janvier 2014 dans l'usine de pneumatiques occupée par plusieurs dizaines de salariés.
Les prévenus avaient invoqué lors de l'audience "un coup de colère" consécutif à la "détresse sociale" dans laquelle se trouvaient les employés de l'entreprise de 1143 salariés, fermée quelques jours après, et réfuté toute préméditation.
Ils avaient également mis en avant le fait que les anciens cadres retenus avaient retiré leur plainte.
(Gérard Bon, avec Sophie Louet, édité par Yves Clarisse)
Source : Fr.news.yahoo.com
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