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Sur la piste de Chalouette, je ne résiste pas à l'envie de vous faire partager cet extrait d'un article de Médiapart comportant des informations qui ne seront, à mon avis, pas au 20h de TF1 ce soir... Des fois le réel est encore plus trash que la fiction... Ne manquez pas la source pour l'intégralité du billet, bravo à Médiapart.

Capture Decran 2011 12 03 A 16.04.50

La suite de l'enquête de Mediapart que United Robots relaye (quelques Extraits) en raison de l'importance de cette information qui est révélatrice : 


«Cette finca est une forteresse», soupire un responsable policier de Bogota. Plusieurs enquêteurs colombiens, agissant sous l'autorité du parquet local, ont décidé d'engager des investigations sur les propriétés de Thierry Gaubert et de son ami Jean-Philippe Couzi, à Nilo, à 150 km de la capitale colombienne. Alors que les magistrats français chargés de l'affaire Takieddine s'apprêtent à solliciter une entraide judiciaire avec la Colombie, Mediapart peut dévoiler que les policiers colombiens, saisis de soupçons de blanchiment, s'étaient déjà rendus sur place il y a deux ans.

Sont visés par leurs nouvelles vérifications : les propriétés Palmera et Cactus, mais aussi deux bars aux noms évocateurs, le "Nibar" et le "Nichon", ouverts respectivement par Thierry Gaubert et Jean-Philippe Couzi, en 2003 et 2005, dans le village de Nilo. Des investissements de M. Couzi dans un hôtel à Santa Marta − dans le Nord, sur la côte des Caraïbes − sont également dans le collimateur des enquêteurs. Les services de l'UIAF (Unidad administrativa especial de información análisis financiero ; une sorte de Tracfin local) ont été sollicités pour retracer l'origine financière de ces achats. Sans en retrouver la moindre trace.

C'est que Thierry Gaubert, l'ancien conseiller et ami de Nicolas Sarkozy, aujourd'hui mis en examen dans l'affaire Takieddine, et son ami Jean-Philippe Couzi, ont effectivement procédé à ces opérations immobilières sous couvert de sociétés off-shore.
Selon les certificats délivrés par l'administration, les majestueuses propriétés construites par les deux amis, "Cactus" et "Palmera", appartiennent en effet respectivement à la structure panaméenne Monahan International et à une autre société off-shore, Airedale Business. La première ayant été identifiée par les enquêteurs français.

(...)

C'est la création du Nibar et du Nichon qui attire aujourd'hui toute l'attention. Le Nibar a été ouvert par Thierry Gaubert en 2003, alors qu'il était chargé de mission auprès de Jean-François Copé, au secrétariat d'État des relations avec le Parlement.


(...)

«Avec Thierry Gaubert, nous avons en effet créé le bar Nibar en 2003 je crois, avec 10 000 dollars chacun, rapporte pour sa part Jean-Philippe Couzi. Notre troisième associé est le propriétaire des murs de l'immeuble, un Colombien, Rodrigo. Nichon était le nom du deuxième bar que j'ai créé seul en 2005, qui n'a pas bien marché et qui désormais est un bazar que j'ai mis en location : l'immeuble dont je suis propriétaire, composé d'un seul étage, comporte une dizaine de studios que je loue essentiellement à des militaires de l'école militaire Espro.»

Un SAS de Gérard de Villiers, Ramenez-les vivants, signalait déjà en 2004 l'existence du Nibar en Colombie. Le romancier était en effet l'un des amis d'un autre Français installé sur place, Thierry de La Brosse, l'ancien directeur général de l'OM, décédé depuis. Le couple de La Brosse avait fait construire une propriété sur les conseils de Thierry Gaubert.

Des voisins et amis de Jean-Philippe Couzi, rencontrés par Mediapart en Colombie, ont affirmé avoir vu à sa table, dans sa villa Palmera, de nombreuses jeunes femmes modestes. L'ancien voyagiste ne s'en cache pas.
Une photo retrouvée par Mediapart peut d'ailleurs en témoigner.

Couzi Colombie

Questionné sur ce cliché, M. Couzi nous a élégamment répondu : «Jolie photo. C'est vrai qu'elles font assez putes, ces deux-là.» 
 
«Je ne sais pas ce qu'il fait, a commenté quant à lui M. Gaubert. Que M. Couzi ait des jeunes femmes autour de lui, oui. Ce n'est pas un délit. Il fait ce qu'il veut, j'en sais rien. Il vit avec des mineures, s'il veut. Je ne vois pas le rapport avec moi.»
 
Afin de prendre plus de distance encore, M. Gaubert nous précise qu'il n'a «pas d'autre société avec M. Couzi que le Nibar». En réalité, les deux hommes, qui sont amis depuis 35 ans, partagent beaucoup de choses. Ils ont choisi de construire leur paradis caché au même endroit, au même moment. Et des sociétés panaméennes sont les propriétaires officiels de leurs deux propriétés, construites sur le même terrain. 
 
(...)

Fêtes somptueuses, voitures de luxe et domestiques

M. Couzi confirme qu'il possédait bien un compte à la Citibank de Miami : «C'est un compte que j'ai ouvert en 2001 ou 2002. J'ai ouvert ce compte en toute légalité à la Citibank de Bogota. Il est en effet parfaitement légal en Colombie d'ouvrir un compte US avec chéquier et carte de crédit. Les sommes que me transférait chaque trimestre Thierry Gaubert ont servi exclusivement au fonctionnement de Cactus.» M. Couzi précise qu'il n'a «jamais traité d'affaire de quelque ordre que ce soit avec Thierry Gaubert, aussi bien en France qu'en Colombie».
 
Des documents saisis ces derniers mois font apparaître la création en 2001, année de la construction de la finca de Thierry Gaubert, d'un compte aux Bahamas baptisé... Cactus. C'est à partir de ce compte, lui aussi dissimulé au fisc, que M. Gaubert rétribuera régulièrement M. Couzi pour ses diligences en Colombie : entretien de la villa, frais fixes, travaux, impôts... Selon les derniers développements de l'enquête française, ce compte serait encore créditeur, à hauteur de 2,6 millions de dollars. 
 
Le 21 septembre, lors de sa garde à vue, Thierry Gaubert a soutenu contre les évidences au sujet de cette structure : «Le trust s'appelle Cactus, mais cela n'a rien à voir avec la propriété de Nilo (...). Le trust a été créé à l'initiative de la banque Pictet.» Établissement bancaire suisse qu'il avait déjà choisi pour dissimuler, à Genève, une partie de sa fortune.
 
Les policiers ont aussi découvert que le marchand d'armes Ziad Takieddine avait versé en octobre 2010 la somme de 100.000 dollars sur ce compte. «Je ne voulais pas que cela apparaisse officiellement en France, que ce soit sur l'un de mes comptes bancaires ou en cash», reconnaîtra Gaubert en garde à vue au sujet de ce virement. 
 
Hélène Gaubert ne dira pas autre chose lors de son audition par la police, le 8 septembre, sur les raisons de la création de ce compte dans le paradis fiscal des Bahamas : «Thierry m'avait simplement expliqué que les Bahamas étaient le meilleur moyen de se cacher et que jamais la police et le fisc ne pourraient retrouver ce qu'il avait caché aux Bahamas.» 
 
L'argent noir circulant entre MM. Couzi et Gaubert semble en tout cas leur assurer une vie confortable en Colombie. «Jean-Philippe Couzi a toujours eu un train de vie très élevé. En Colombie, il organise des fêtes somptueuses, dispose de voitures de luxe, emploie de nombreuses personnes à son service», avait écrit Hélène Gaubert dans son attestation de 2009.
 
Couzi Bazire Gaubert
 De gauche à droite, M. Couzi (en 1er), Nicolas Bazire (en 5e) et Thierry Gaubert.© dr

Sa relation avec Thierry Gaubert a effectivement permis à M. Couzi de fréquenter le premier cercle du futur président de la République. D'autres photographies, découvertes par les policiers français, le montrent souvent en compagnie de Nicolas Bazire, intime du chef de l'État et actuel n° 2 du groupe LVMH, lui aussi mis en examen dans l'affaire Takieddine.  


Source : Mediapart. Extrait de l'article du

| Par Karl Laske et Fabrice Arfi

Nibar et Nichon, les drôles d'affaires de Thierry Gaubert et de son associé

 Merci.

Lire la suite ici

Source : United Robots, Médiapart

Informations complémentaires :

 
 
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