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Bonjour à toutes et à tous, j'espère que vous allez bien, beaucoup d'informations importantes ces derniers jours. Hélas, je n'ai pas eu le temps de vous parler des routiers d'Ottawa, mais c'est une affaire que je suis de près sur Twitter, et ils occupent bel et bien le terrain depuis presque une semaine pour demander la fin des mesures sanitaires. Aussi partout en Europe des initiatives similaires prennent forme, et en France aussi.

métroet+ (@metroet_) * Carte officielle - #Convois_France, * les trajets : https://convois.fr/

Soyez prévenus ! :

Update 10.12.2022 : Les «convois de la liberté» interdits à Paris (Lefigaro.fr)

Update 10.12.2022 : Le "convoi de la liberté" est également interdit d’accès à Bruxelles (Lavenir.net)

Amitiés,

f.

Convoi De La Liberte
Le logo des «convois de la liberté» partagé sur les réseaux sociaux. Le Figaro /DR

Sur le modèle canadien, des colonnes de véhicules vont rallier la capitale vendredi, afin de protester contre le passe vaccinal. Des départs sont prévus de Nice, Perpignan et Bayonne dès ce mercredi.

Les premiers convois vont s'élancer. Ce mercredi 9 février à 10 heures, une première colonne de véhicules partira de Nice pour rallier Paris vendredi. Des départs similaires auront lieu depuis Perpignan et Bayonne le même jour, puis le 10 de Brest et Quimper et le 11 de Strasbourg, Lille, Cherbourg et Charleville-Mézières.

Sur le groupe Facebook «Le convoi de la liberté», 270.000 membres, les messages affluent. «J'espère qu'ils ne vont pas nous bloquer avant Paris», s'inquiète Anne-So*. «Ce convoi doit vraiment leur faire très peur. On ne lâche rien à vendredi sur Paris. Force et honneur (Sic)», lui répond Michelle. Depuis, sa création le 26 janvier, ce groupe agrège toujours plus d'abonnés. Il s'inspire du «Freedom Convoy» canadien, ce mouvement de camionneurs refusant l'obligation vaccinale pour traverser la frontière américaine, qui bloque Ottawa depuis samedi 29 janvier après avoir parcouru le pays d'Ouest en Est.

Carte Convois France
Différents trajets envisagés. Le Figaro.

Une arrivée prévue à Paris vendredi

En France, le mouvement ne devrait pas regrouper uniquement des camionneurs puisque contrairement aux Canadiens, les routiers français ne sont pas propriétaires de leurs véhicules. Il suffit d'arborer un logo avec deux drapeaux tricolores entrecroisés au-dessus de l'inscription «le convoi de la liberté», pour rejoindre différents convois convergeant vers Paris. Une carte avec les différents trajets, des points de ravitaillements et même des hébergements, comme des parkings publics ou de supermarchés est régulièrement mise à jour depuis dimanche soir.

«Les citoyens entendent récupérer leur liberté, leurs droits fondamentaux, le respect du référendum, l'accès inconditionnel aux soins, à l'éducation, à la culture et le respect des valeurs essentielles de notre constitution» et s'opposent «au sacrifice des enfants et de la jeunesse» proclame le communiqué de «Convoy France», qui organise et coordonne différents «convois de la liberté». Leur chaîne Telegram agrège près de 20.000 abonnés. Aucun lieu d'arrivée à Paris n'est défini pour l'instant, mais l'arrivée des convois devrait coïncider avec les manifestations anti-passe du samedi, comme au Canada.

Communique
Communiqué de Convoy France Le Figaro.

Sur les différents groupes, les revendications sont diverses allant de la contestation des mesures sanitaires à un ras-le-bol plus large, rappelant en cela les débuts des «gilets jaunes». Autres similarités, un logo distinctif et l'absence de leader identifié. Cependant, un profil semble émerger, celui de Rémi Monde, connu pour avoir déjà participé à des manifestations comme Nuit Debout. Après l'étape à Paris, certains viseraient Bruxelles avec une arrivée lundi 14 février pour une «convergence européenne».

À VOIR AUSSI - «Je veux juste retrouver notre liberté»: en Nouvelle-Zélande, des camions protestent contre les mesures sanitaires

Des mouvements attentivement suivis par les forces de l'ordre

Les forces de l'ordre suivent attentivement l'émergence du mouvement. «La réponse de l'État sera extrêmement ferme» si des «convois de la liberté» devaient bloquer la circulation, a martelé Gérald Darmanin sur BFMTV ce mardi matin. «Aujourd'hui, nous n'avons pas de renseignements qui montrent que ce mouvement aurait des proportions importantes, mais nous sommes attentifs», a-t-il ajouté.

Plusieurs sources policières, contactées par Le Figaro, ont néanmoins reconnu suivre «avec attention» un mouvement «désorganisé». «Si des blocages devaient avoir lieu, des mesures seraient évidemment prises. Nous attendons encore des remontées des renseignements territoriaux», confie l'une d'elles qui se veut néanmoins rassurante mettant en avant «des différences dans la manière de manifester avec le Canada». Preuve du sérieux avec lequel sont scrutés ces «convois de la liberté», une trentaine de manifestants ont été interpellés lundi aux abords de Paris, rapporte LCI. Des voitures de particuliers de la mouvance «gilets jaunes» ont été appréhendées. Ces individus sont connus des services de police et surveillés pour certains depuis plusieurs mois, rapporte LCI. Après le contrôle de leur identité, les manifestants ont quitté les lieux sans incidents.

Convergence
Les différents départs. Le Figaro.

Des conseils juridiques sont disponibles sur les différents canaux des manifestants, appelant à «éviter tout ce qui pourrait être considéré comme un délit d'entrave à la circulation (2 ans de prison)» et demandant la discrétion «jusqu'au point d'arrivée de la manifestation en tant que telle. Les premiers convois arrivés aujourd'hui à Paris ont fait l'objet de contrôles abusifs, relevés d'identité, de plaque d'immatriculation, etc., parce qu'ils étaient très facilement identifiables, pas suffisamment nombreux, et prenaient les grands axes», peut-on lire sur les groupes Facebook et boucles Telegram.

«Tout signe trop visible, accompagné d'un ralentissement volontaire de la circulation (par exemple en dessous des limites légales en autoroute) sera utilisé comme prétexte à des contrôles abusifs, voire à la saisine de votre véhicule et à des placements en garde à vue abusifs afin de vous empêcher de manifester», précisent les organisateurs.

Les profils, rappelant les «gilets jaunes»

Comme pour les débuts des «gilets jaunes», également lancés sur les réseaux sociaux, il est difficile d'établir un profil sociologique unique tant les contestations sont diverses. «Il n'y a pas de classes spécifiques», analyse auprès du Figaro le sociologue Michel Maffesoli. Pour Frédérick Lemarchand, directeur du Centre de recherche Risques et vulnérabilités (CERREV) de Caen, ces mouvements n'ont pas «l'idée de renverser quoi que ce soit, mais d'apparaître et de proposer, voire d'attirer l'attention des médias dans l'espoir de trouver une solution politique à un problème politique».

«Ce mouvement est difficile à cerner parce qu'il transcende les anciennes divisions politiques», poursuit-il. Pour lui, cette contestation, cristallisée aujourd'hui avec les mesures sanitaires, traduit un profond rejet du modèle de société dans lequel «nombre ne se reconnaissent plus». Mais sans traduction politique, ces manifestations pourraient «se reproduire voire se radicaliser».

 

Source : Lefigaro.fr