Pendant ce temps-là, en Somalie...

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1,000,000,000 de personnes qui ne mangent pas à leur faim dans le monde, est-ce que vous croyez qu'un jour on nous le pardonnera ?

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Amicalement,

L'ONU vient de décréter l'état de famine dans deux régions du sud du pays. Des dizaines de milliers de personnes sont menacées de mort.

Excès de pudeur ou optimisme prudent, depuis 20 ans on ne parlait plus que de "malnutrition" à propos de la corne de l'Afrique. Mais cette fois, impossible de jouer sur les mots : la famine est de retour. Depuis mercredi matin, l'ONU l'a officiellement déclarée dans deux régions du sud de la Somalie. "Un taux de mortalité supérieur à deux personnes par jour sur 10 000, une malnutrition aiguë touchant plus de 30 % de la population, une disponibilité de l'alimentation très inférieure à 2 100 kcal/jour par personne, moins de 4 litres d'eau par jour et par personne". Pour les Nations unies, toutes les caractéristiques d'une situation de famine sont réunies dans le sud de la région de Bakool, et dans celle de Lower Shabelle, toutes deux dans le sud de la Somalie.

Un constat partagé par Action contre la faim, une des rares ONG à être encore présente dans la région. "La situation est catastrophique. Nous n'avons jamais vu des taux de malnutrition aussi importants", témoigne François Danel, directeur général de la branche française d'Action contre la faim. L'humanitaire, qui a déjà dû faire face à la grande famine des années 1991-1992, se dit "choqué", et "terrifié" par les images qui lui arrivent des camps de réfugiés situés aux frontières du pays. "80 % des enfants que nous voyons arriver sont frappés de malnutrition, des dizaines de personnes meurent avant même d'atteindre les camps", s'alarme François Danel.

Le revirement des shebab

Le chef de mission Somalie d'ACF, Jens Oppermann, ne se montre guère plus optimiste. "Si l'on ne fait rien, des dizaines de milliers de morts sont à craindre dans les semaines qui viennent", prévient-il depuis Nairobi, au Kenya voisin, où sont installés les équipes d'Action contre la faim.

Car ACF, au même titre que les autres ONG, a toutes les difficultés du monde à travailler à l'intérieur de la Somalie. Les shebab, les insurgés somaliens affiliés à al-Qaida qui contrôlent la région, avaient poussé au départ tous les groupes humanitaires en 2009. Ironie du sort, ce sont les mêmes qui, aujourd'hui, demandent le retour de l'aide extérieure. "Les moudjahidine shebab ont toujours été prêts à aider de leur mieux le peuple islamique de la nation et coopéreront avec quiconque aidera les victimes de la famine", a indiqué mercredi un haut responsable shebab cité par l'AFP. On se pince.

"Le problème, explique le directeur des opérations d'ACF-France Thomas Gonnet, c'est qu'à la crise politique s'ajoute la crise climatique." La pire sécheresse depuis 60 ans frappe la Somalie, fragilisant une population dont la survie dépend essentiellement de l'élevage. Résultat, la communauté internationale commence à se mobiliser. L'ONU a relevé de 500 millions de dollars son appel de fonds pour l'aide humanitaire en 2011, portant l'enveloppe totale à 7,9 milliards de dollars. Une somme censée aider des millions de personnes dans une trentaine de pays. Somalie comprise.

Par Cyriel Martin

Source : Le Point

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