Plus d'un million d'Égyptiens dans le centre du Caire

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À l'heure où Hosni Moubarak a déjà 300 morts sur la conscience, des centaines de milliers de personnes se réunissent (encore ce soir à 21:38 alors que Moubarak doit s'adresser à la Nation Égyptienne) pacifiquement sur la place Tahrir au Caire, où l'armée a encadré les manifestations sans les réprimer. L'opposant égyptien Mohamed ElBaradei, a prévenu via The independent que si le président "veut vraiment sauver sa peau, il ferait mieux de partir". Cela à mon avis résume le mieux les attentes du peuple. Et comme annoncé hier et confirmé par la situation actuelle, alors que les Américains lâchent de plus en plus Moubarak, tout risque de se jouer (encore une fois !) sur la décision des militaires.

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Les Égyptiens affluent dans la capitale pour une marche qui s'annonce réussie. L'armée s'est engagée à ne pas faire usage de la force mais a bloqué les accès.

"La marche du million", à l'appel du mouvement de contestation qui réclame le départ du président Hosni Moubarak est un succès. Selon la chaîne de télévision Al-Jazira, plus d'un millions d'Egyptiens se sont rassemblés place Tahrir, bien que l'armée ait fermé les accès au Caire. Un plus tôt, l'AFP faisait état de plusieurs centaines de milliers de personnes.

L'armée s'est engagée à ne pas faire usage de la force, jugeant les revendications du peuple "légitimes", mais à appelé les manifestants à s'exprimer par les moyens pacifiques. Les manifestants lançaient des slogans comme "Dehors Moubarak", et brandissaient des affiches représentant le président pendu, ou sa photo avec la mention "ta tête va tomber". Cinquante organisations égyptiennes de défense des droits l'Homme ont appelé dans un communiqué le président Hosni Moubarak à "se retirer" du pouvoir pour "éviter un bain de sang", au 8e jour d'une révolte populaire qui a fait au moins 125 morts. "Le président Moubarak doit respecter la volonté du peuple égyptien et se retirer pour éviter un bain de sang", affirment ces ONG qui comptent parmi elles les organisations de défense des droits de l'Homme les plus importantes d'Egypte, comme le Centre d'Etudes des droits de l'Homme du Caire, l'Association égyptienne des droits économiques et sociaux et le Centre arabe pour l'indépendance de la justice. "La balle est dans le camp des Européens et des Américains, on ne veut rien d'eux, mais on ne veut pas non plus qu'ils aident Moubarak", a déclaré à l'AFP un manifestant, Oussama Alam, 43 ans.

De nombreuses personnes ont passé la nuit sur la grande place Tahrir (Libération), épicentre depuis des manifestations, et ont été rejointes progressivement par d'autres manifestants. Une manifestation géante est également attendue à Alexandrie, la deuxième ville du pays, sur la côte méditerranéenne.

Routes fermées

L'autoroute reliant Alexandrie au Caire est bloquée à un kilomètre de la capitale par un barrage de l'armée, selon un journaliste de l'AFP.

Une longue file de camions de marchandises et de voitures attendaient sur la route de pouvoir passer, et les soldats empêchaient fermement le passage des véhicules en direction de la capitale. Selon un autre journaliste de l'AFP, les sorties des villes de Mansoura (delta), Suez (est) et Fayyoum (au sud du Caire) ont également été bloqués par l'armée. Le trafic ferroviaire est suspendu depuis lundi, et la ligne de métro reliant le Caire à Choubra el-Kheima (20 km au nord) a été fermée. De nombreux Cairotes qui tentaient de rejoindre leur lieu de travail dans les environs de la capitale n'ont pu le faire en raison de ces blocages. Des hélicoptères survolent régulièrement le centre du Caire

Plus de 300 morts

La Haut commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Navi Pillay a évoqué le chiffre de 300 morts depuis le début du mouvement précisant qu'il s'agissait de "rapports non confirmés". Navi Pillay s'est déclarée "profondément alarmée par le nombre croissant des victimes" en Egypte. "Le nombre de victimes augmente chaque jour et certains rapports non confirmés suggèrent que 300 personnes pourraient avoir été tuées, plus de 3.000 personnes blessées et des centaines arrêtées" a-t-elle précisé, citée dans un communiqué. "Je demande instamment aux autorités égyptiennes de s'assurer que la police et les autres forces de sécurité évitent scrupuleusement l'usage de la force", a-t-elle ajouté. Relevant que le mouvement populaire en Egypte "s'est exprimé de manière courageuse et pacifique", la Haut commissaire a exhorté les autorités égyptiennes à "écouter les demandes du peuple égyptien en faveur de réformes fondamentales pour améliorer les droits de l'Homme et la démocratie".

ElBaradei menace Moubarak

L'opposant égyptien Mohamed ElBaradei, qui s'impose comme la figure de proue de la révolte contre le régime de Hosni Moubarak, a prévenu, dans le journal britannique The Independent  que si le président "veut vraiment sauver sa peau, il ferait mieux de partir". Dans un interview à la chaîne satellitaire Al Arabiya, il a ajouté qu'il devait quitter le pouvoir d'ici vendredi.  Les Egyptiens "veulent en finir aujourd'hui, sinon vendredi au plus tard", a-t-il dit.  "Vendredi (prochain) a été baptisé 'le jour du départ'", a-t-il affirmé.

Toujours déterminés

L'annonce lundi du nouveau gouvernement, renouvelé de moitié, n'a pas entamé la détermination des manifestants qui exigent le départ du président égyptien.

Le ministre de l'Intérieur Habib el-Adli, bête noire des manifestants, a été remplacé par un haut responsable de la police, Mahmoud Wagdi. Les hommes issus du monde des affaires, considéré comme proche de Gamal Moubarak, fils de Hosni lui aussi conspué par les manifestants, ont également disparu.

Les Frères musulmans, force d'opposition la plus influente du pays, ont rejeté ce remaniement, appelant à "des manifestations massives partout en Egypte afin que tout le régime -président, parti, ministres et Parlement- quitte le pouvoir".

Dans la soirée, le vice-président Omar Souleimane a annoncé avoir été chargé par le président d'ouvrir un dialogue immédiat avec l'opposition, "autour de toutes les questions liées aux réformes constitutionnelles et législatives".

Contrecoups économiques

Cependant, après une semaine de mobilisation sans relâche, les contrecoups économiques de la révolte se faisaient sentir. Le tourisme, l'une des principales sources de revenus pour l'Egypte, a été fortement affecté, banques et Bourse étaient fermées, et le carburant commençait à manquer. Le mouvement de contestation a appelé lundi à une grève générale ouverte.

Mardi matin, dans les échanges électroniques en Asie, le cours du brut restait au-dessus des 100 dollars le baril, le marché craignant que les troubles en Egypte perturbent les approvisionnements via le canal de Suez, selon les analystes.

(Nouvelobs.com avec AFP)

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Source : Le Nouvel Obs

Informations complémentaires :

 Le Nouvel Observateur : [HEURE PAR HEURE] Les manifestations en Egypte
L'Express.fr : Egypte: plus d'un million de manifestants au Caire
Le Nouvel Observateur : L'opposant égyptien ElBaradei menace Hosni Moubarak