Poulehouse offre un refuge aux poules pondeuses

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Une belle initiative que j'ai eu envie de promouvoir,

Poule house 22 02 2019
Fabien Sauleman, Elodie Pellegrain et Sébastien Neusch, co-fondateurs de Poulehouse

La start-up reprend aux élevages les poules menacées par l'abattoir en raison de leur productivité en baisse.

Les poules aussi sont soumises à la politique du chiffre. Leur carrière s'arrête généralement au bout de 18 mois, car au-delà leur fertilité baisse et avec elle le nombre d'œufs pondus. Et malheureusement pour les gallinacés, les choix de reconversion sont minimes : c'est l'abattoir qui les attend. Pour lutter contre l'obsolescence animale, Fabien Sauleman et Sébastien Neusch, deux entrepreneurs, et Elodie Pellegrain, ingénieure agronome, ont lancé Poulehouse, une start-up qui invite les éleveurs à leur remettre les pondeuses au lieu de les envoyer à l'abattoir. 

"Nous ne travaillons qu'avec des éleveurs qui respectent la cause animale. Les poules doivent avoir grandi en plein air et leur bec ne doit pas avoir été coupé" exige Sebastien Neush. Les œufs bios qui en sortent sont achetés plus cher que le prix habituel par la jeune pousse, et en contrepartie l'éleveur s'engage à laisser la start-up reprendre la volaille au-delà des fameux 18 mois. Les poules, en pleine forme, peuvent vivre encore de six à sept ans en moyenne.

Installées dans une ferme de 16 hectares du Limousin, les 16.000 pondeuses qui ont eu la chance d'être choisies peuvent continuer à paisiblement fournir des œufs que l'on retrouvera sur les étals des supermarchés, au prix de six euros les six. Trop cher ? Manifestement non. Poulehouse peut s'appuyer sur des consommateurs de plus en plus engagés : depuis la commercialisation des premières boîtes en septembre 2017, 1,5 million d'œufs ont déjà été écoulés à travers les 700 points de vente répartis sur l'Hexagone et en Belgique, dans les magasins bio (Biocoop ou Naturali) ou les grandes enseignes (Franprix, Monoprix, Carrefour). 

Un tiers de la production est par ailleurs vendu à des industriels. Prochain objectif pour la start-up, convaincre les instances européennes de créer un nouveau label "sans souffrance animale" dans l'étiquetage des œufs, pour reconnaître enfin que les poules aussi ont droit à une retraite paisible. 

Sebastien Neush et Fabien Sauleman du tac au tac

Qu'est-ce qui pousse deux entrepreneurs, sans aucune expérience dans l'agroalimentaire, à se lancer dans l'élevage de poule ? 

Fabien : En devenant végétarien j'ai appris que même le commerce des œufs labélisés bio tuait les poules prématurément. Sébastien était aussi sensibilisé à la cause animale et nous avons décidé ensemble d'agir. 

Et vous avez tout de suite acheté une ferme ? 

Sébastien : Non, il fallait tester l'idée d'abord ! On a créé une page Facebook expliquant notre projet puis au bout de 20.000 interactions en quelques mois, on a décidé d'investir, en s'appuyant sur notre capital personnel et sur de la "love money". 

Vous avez commencé à acheter l'œuf ou la poule ? 

F. : L'œuf ! Nous avons d'abord convaincu des éleveurs de nous vendre les œufs puis de nous remettre leurs pondeuses. 

Comment s'assurer que vos poules vivent paisiblement ? 

S. : Une caméra est installée dans la ferme pour que vous puissiez les regarder gambader en direct sur notre site 24h/24. 

En chiffres

700 points de ventes 

1,5 million d'œufs vendus 

 

Source : L'Express.fr

 

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