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Seules les méthodes ont évolué...

Le week-end dernier, un nouveau fichier a vu le jour. Félicitations à la maman, la Direction de la protection et de la sûreté de la Défense (DPSD), qui se porte bien. Elle l’a baptisé Sirex, du nom d’un insecte eurasien « dont la larve ronge le bois en creusant des galeries dans diverses espèces d’arbres, ainsi que dans le bois abattu et dans les charpentes », d’après Wikipédia. Charmant.

Sirex est un fichier de contre-ingérence, explique son extrait de naissance paru au Journal officiel. Contrairement à de nombreux fichiers gérés par l’Etat dont l’objet est connu – la plupart des fichiers de police par exemple –, il est impossible de savoir quoi que ce soit d’autre. Sirex fait partie des heureux fichiers qui intéressent « la sûreté de l’Etat », et sont à ce titre dispensés de publicité. C’est prévu par la loi.

Dédié à la contre-ingérence

Pour donner un peu de contexte, le site Nextinpact rappelle quand même les missions de la sous-direction dédiée à la contre-ingérence à la DPSD, chargée de faire le lien entre les différents services de renseignement, de protéger les installations militaires ou encore de surveiller le commerce des armements :

« Pour le ministère de la Défense, l’enjeu est ainsi de prévenir les atteintes “ aux capacités opérationnelles de la défense par d’autres voies que la confrontation militaire. Ainsi, le terrorisme, l’espionnage, les actions de subversion comme celles de sabotage ou encore le crime organisé (TESSCo) recouvrent les actes d’ingérence ”. Cette direction a aussi pour objectif d’alerter “ sur les vulnérabilités ” tout “ en renseignant ” les menaces potentielles et “ contribuant aux mesures de protection ”. »

D’après Numerama, « il peut s’agir aussi bien de renseignements collectés à l’extérieur des frontières que de renseignements intérieurs, visant également des citoyens français ».

Cela n’aide pas vraiment à savoir de quoi parle Sirex. Et impossible d’appeler la DPSD pour en savoir plus, elle n’a pas le téléphone, ah ah.

Au ministère de la Défense, la cellule communication reste laconique. On ne va pas lui en vouloir, c’est son métier d’être muette.

« Nous ne pouvons pas vous donner plus d’éléments que ceux publiés au JO car la DPSD ne communique pas sur ses moyens. »

Un avis réservé de la Cnil, mais secret aussi

Quand on parle de fichiers, me direz-vous, on pense à la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil), qui se prononce sur leur opportunité. Oui, mais dans les cas des fichiers intéressant la sûreté de l’Etat, cet avis (consultatif) reste confidentiel. Voici les seuls éléments disponibles :

« Avis favorable avec réserve. »

Nous avons demandé à la Cnil sur quoi portait cette réserve. Réponse :

« Dans la mesure où la Commission ne peut mettre à la disposition du public que le sens de son avis, il n’est pas possible d’indiquer les motifs ayant conduit à adopter un “ avis avec réserve”. »

Logique. Même traitement pour les fichiers suivants, listés dans un décret :

  • Cristina (qui dépend de la DGSI, nouveau nom de la DCRI) ;

  • les fichiers de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) et de la Direction du renseignement militaire (DRM). ;

  • un fichier détenu par Tracfin ;
  • un fichier « relatif à la gestion de l’information et la prévention des atteintes à la sécurité publique ».

Mais finalement, il y a tant d’autres fichiers auxquels se consacrer. Au fait, avez-vous fait une demande à la Cnil pour savoir si certains parlent de vous ?

 

Source : Nouvelobs.com

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Informations complémentaires :

 
fichage_citoyen_29_08_2014.jpg
Fiches des Brigades spéciales qui traquaient les « ennemis intérieurs » pendant le régime
de Vichy.
 
 

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