Pressé de conclure la guerre avec l’Iran, Donald Trump tenté par la voie du compromis (Le Figaro.fr)

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Donald Trump a une nouvelle fois proclamé, samedi sur Truth Social, un accord « imminent » avec l’Iran. Le président américain, qui avait lancé une campagne de bombardements d’envergure contre la République islamique le 28 février, présente cette négociation comme une victoire stratégique. Au cœur de l’entente en cours : la réouverture immédiate du détroit d’Ormuz, le retrait des mines iraniennes et une levée partielle des sanctions américaines en échange d’une reprise libre du trafic maritime et des exportations de pétrole iranien.

Pourtant, derrière l’optimisme affiché, l’accord reste limité. Le programme nucléaire iranien et les stocks d’uranium hautement enrichi font l’objet de discussions ultérieures, tandis que plusieurs sénateurs républicains influents – Lindsey Graham, Roger Wicker, Mike Pompeo ou Thom Tillis – dénoncent déjà un texte trop conciliant, qu’ils comparent à l’accord de 2015 signé par Barack Obama.

Entre volonté de sortir d’une guerre coûteuse et nécessité de sauver la face à quelques mois des midterms, Trump tente de transformer une réalité complexe en succès politique. Un pari risqué face à un Congrès républicain divisé et à un Iran qui, malgré les frappes, conserve une capacité de nuisance réelle.

« Les derniers aspects et détails de l’accord sont actuellement en cours de discussion, et seront
annoncés sous peu », a annoncé sur son réseau Truth Social Donald Trump (ici, à la Maison-Blanche,
le 22 mai). Evelyn Hockstein / REUTERS
 

RÉCIT - Une fois de plus, le président américain annonce un accord imminent avec l’Iran. Mais il risque d’avoir du mal à le présenter comme la « victoire totale » qu’il revendique.

Donald Trump annonce un accord avec l’Iran comme imminent. Le président américain, qui aime être le premier à s’exprimer, a déjà annoncé par le passé de façon prématurée le succès de pourparlers avant qu’ils n’aient abouti. Mais de nombreux signaux semblent indiquer que les négociations seraient cette fois sur le point de déboucher sur un accord au moins partiel. « Les derniers aspects et détails sont actuellement en cours de discussion, et seront annoncés sous peu », a-t-il écrit samedi sur son réseau Truth Social. « Outre de nombreux autres éléments de l’accord, le détroit d’Ormuz sera ouvert. » Mais si l’Iran n’a pas démenti que les négociations étaient en cours, l’agence Fars a indiqué que la gestion du détroit « resterait un monopole » iranien, et qu’aucun engagement n’a été pris concernant son programme nucléaire.

Dimanche, le président américain avait introduit quelques conditions. Dans un entretien téléphonique avec le site Axios, Trump a expliqué que les chances de parvenir à un accord étaient « exactement de 50/50 » : soit il accepterait un « bon » accord, soit il « enverrait au diable » les Iraniens. Dans une autre interview à CBS, il a précisé qu’il ne signerait un accord que si « nous obtenons tout ce que nous voulons », notamment que l’Iran renonce à se doter de l’arme nucléaire.

Critiques de plusieurs républicains

La perspective de voir le conflit avec l’Iran s’achever sans aucune concession significative de la part de Téhéran a déjà soulevé les critiques de plusieurs républicains, qui ont comparé cette négociation avec l’accord signé par Obama en 2015. Ce parallèle a suscité une réaction irritée de Trump. « L’un des pires accords jamais conclus par notre pays a été l’accord sur le nucléaire iranien, proposé et signé par Barack Hussein Obama et les complets amateurs de son Administration », a écrit Trump dimanche matin. « Cet accord ouvrait la voie directe à la mise au point d’une arme nucléaire par l’Iran. Il n’en va pas de même pour l’accord actuellement en cours de négociation avec l’Iran par l’Administration Trump – C’EST EXACTEMENT LE CONTRAIRE, en fait ! »

Trump a expliqué que « les négociations se déroulent de manière ordonnée et constructive » et a indiqué avoir « demandé à (s)es représentants de ne pas se précipiter pour conclure un accord, car le temps joue en notre faveur ».

« Le blocus restera pleinement en vigueur jusqu’à ce qu’un accord soit conclu, certifié et signé », a ajouté le président américain. « Les deux parties doivent prendre leur temps et bien faire les choses. Il ne doit y avoir aucune erreur ! Nos relations avec l’Iran deviennent beaucoup plus professionnelles et productives. Ils doivent toutefois comprendre qu’ils ne peuvent ni développer ni se procurer d’arme ou de bombe nucléaire ». Il a terminé sur une note optimiste, prédisant une future paix régionale. « Je tiens à remercier, à ce jour, tous les pays du Moyen-Orient pour leur soutien et leur coopération, qui seront encore renforcés par leur adhésion aux nations des accords historiques d’Abraham et, qui sait, peut-être que la République islamique d’Iran souhaitera elle aussi y adhérer ! »

L’accord ne concernerait le programme nucléaire iranien

Selon toute vraisemblance, l’accord en cours de discussion est plus limité. D’après le site Axios, les principaux points ressemblent à ceux d’un protocole d’accord déjà discuté le mois dernier. Ils comprendraient une prolongation du cessez-le-feu de deux mois et la réouverture du détroit d’Ormuz, l’Iran acceptant retirer les mines qu’il a posées afin de laisser les navires passer librement et sans prélever de droit de passage. En échange, les États-Unis lèveraient leur blocus sur les ports iraniens et accorderaient certaines dérogations aux sanctions pour permettre à l’Iran de vendre librement son pétrole. Ces premières étapes permettraient la reprise du trafic maritime et des exportations pétrolières, dont les pénuries commencent à se faire sentir dans l’économie mondiale. Les Iraniens pourraient ainsi bénéficier de revenus pour leur économie exsangue. Les Américains verraient les marchés des matières premières retrouver une certaine stabilité et les prix du pétrole se stabiliser.

Des mesures progressives de levée des sanctions pourraient être accordées graduellement aux Iraniens s’ils respectent leurs engagements. Les forces navales américaines resteraient dans la région pendant la période de 60 jours et ne se retireraient que si un accord final était conclu.

 

 

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Source : Le Figaro.fr

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