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Afrique - Des hommes de la secte Boko Haram ont enlevé dans la nuit de mercredi à jeudi un prêtre français dans un monastère situé près de la frontière entre le Cameroun et le Nigéria.

Le père Georges Vandenbeusch, un père blanc de nationalité française, a été enlevé dans la nuit de mercredi à jeudi dans son monastère situé au nord du Cameroun par la secte Boko Haram, a appris LCI. Le chef de l'Etat a affirmé, dans l'après-midi, que "tout sera fait pour qu'il puisse être libéré". Il a également demandé aux Français "de ne pas mettre en danger leur vie". Le gouvernement camerounais "craint" qu'il ne se trouve déjà "hors de se [son] territoire", a déclaré jeudi soir à l'AFP son porte-parole, Issa Tchiroma Bakary.

La zone "était formellement déconseillée"

En fin de matinée, le ministère des affaires étrangères a confirmé l'information. "M. Georges Vandenbeusch, curé de la paroisse de Nguetchewe, se trouvait près de Koza dans l'extrême Nord du Cameroun, à 30 kilomètres de la frontière avec le Nigeria", précise le Quai d'Orsay dans un communiqué. "Cette zone, classée en zone rouge par le centre de crise du ministère des Affaires étrangères, était formellement déconseillée du fait du risque terroriste et du risque d'enlèvement", ajoute-t-il. "Des recherches sont en cours pour vérifier les circonstances de son enlèvement et l'identité des ravisseurs", dit le ministère.

Les autorités françaises ont alerté "plusieurs fois" le prêtre sur la dangerosité de la zone et l'avait exhorté à partir, mais celui-ci avait estimé devoir "rester", a déclaré à l'AFP le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, en marge d'un déplacement au Maroc. "On est en train de préciser les circonstances de son enlèvement, essayer de retrouver qui l'a enlevé et tous les moyens sont déployés pour essayer de le retrouver et de le libérer", a-t-il enchaîné. Le chef de la diplomatie française a affirmé n'avoir, à ce stade, aucune précision sur l'identité des ravisseurs, et signalé que Paris était en contact avec les autorités camerounaises.

"Ils nous ont demandé de l'argent"

Le père Vandenbeusch, 42 ans a été enlevé "par des inconnus armés", a raconté la soeur Françoise qui travaille avec le religieux, jointe au téléphone depuis Yaoundé. "Il se trouvait chez lui dans l'enceinte de la paroisse" lorsqu'il a été kidnappé, a-t-elle poursuivi. "Nous ne savons pas comment tout cela s'est passé concrètement". "Ils (les ravisseurs) s'exprimaient en anglais. Il nous a semblé qu'ils étaient venus à pied. Nous n'avons pas entendu de bruit de voiture. Ils ne portaient pas de cagoules. Nous ne savons pas ce qu'ils ont pris chez le père. Ils étaient seuls avec lui dans sa maison", a ajouté sœur Françoise. "Ils nous ont demandé de l'argent".

Selon le père Henri Djongyang, également présent sur les lieux, les ravisseurs ont ensuite pris la direction du Nigeria: "Comme la population était alertée et criait ils ont décidé de partir avec le père Georges. Ils l'ont emmené dans la direction du Nigeria", a-t-il déclaré à la radio Europe 1. Selon le religieux, des habitants à la frontière ont assuré avoir vu plus tard un groupe de motos franchir la frontière puis entendu des cris de jubilation, de ceux qui semblaient être les ravisseurs.

Sous couvert d'anonymat, une source policière camerounaise a fait état de faits identiques: "Ils ont emprunté les pistes dans la nuit pour se retrouver au Nigeria. Lorsqu'ils ont traversé la frontière, et qu'ils étaient certains de ne plus être à notre portée, ils ont tiré des coups de feu en l'air pour manifester leur joie. Ils avaient 10 motos".

"C'est quelqu'un qui ne cherchait pas à braver l'insécurité"

Le père Georges avait quitté à l'été 2011 sa paroisse de Sceaux, dans les Hauts-de-Seine, pour trois ou six ans. Un article lui avait alors été consacré sur le blog du Monde. Par ailleurs, le journaliste de TF1 Patrick Fandio avait rencontré le père Georges en février dernier dans son monastère. "On va être prudent, on va voir comment la situation évolue", déclarait-il à l'époque.  

Son enlèvement a "causé une très vive émotion" au sein de la Conférence des Evêques de France, selon son porte-parole, Mgr Bernard Podvin. "C'est quelqu'un qui ne cherchait pas à braver l'insécurité, mais qui vivait au plus près de la population", a dit Mgr Podvin. "C'est une actualité très douloureuse pour nous".

"Porter sa foi et son idéal"

Dans sa dernière lettre, publiée en septembre sur le site de son ancienne paroisse, le père Georges faisait état des combats et bombardements contre la secte islamiste Boko Haram dont le fracas parvenait jusqu'à son domicile. "Mais rassurez-vous, la sécurité ici est bonne car le Cameroun sert de refuge aux islamistes pourchassés (...) cette base arrière leur est précieuse !", écrivait-il. "Il avait choisi de courir ce risque parce qu'il considérait qu'il avait été très gâté ici à Sceaux, dans une paroisse où les offices sont pleins. Il pensait, avec ce cadeau que Sceaux lui avait fait, aller porter cette foi et cet idéal dans des régions plus compliquées", a déclaré Chantal Brault, première adjointe au maire de Sceaux. "Je l'avais rencontré avant qu'il parte. Nous avons dîné ensemble et je me souviens de cet enthousiasme qu'il avait manifesté pour aller là-bas", a ajouté Philippe Laurent, le maire (UDI) de Sceaux.

 

Source : Lci.tf1.fr

Information complémentaire :

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Enlevement Pretre Cameroun 14 11 2013

 

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