5.0 of 5 (2 Votes)
Temps de lecture : 7 min

Allez enfin une bonne nouvelle, par les temps qui courent ça ne fait pas de mal, même si on sait que là-bas comme en France le bipartisme est un leurre.

Sanders 11 02 2016

Le candidat démocrate, Bernie Sanders, victorieux dans la primaire du New Hampshire. - AFP

ETATS-UNIS Le candidat «socialiste» a atomisé Hillary Clinton dans le New Hampshire...

De notre correspondant aux Etats-Unis

Qui aurait parié il y a douze mois qu’un candidat socialiste de 74 ans donnerait du fil à retordre à Hillary Clinton ? Pas grand monde. Pourtant, avec sa victoire écrasante dans le New Hampshire, Bernie Sanders a prouvé que sa « révolution » était à prendre au sérieux. Pour la plus grande joie de son armée de supporteurs, dont la ferveur rappelle celle de la vague qui avait porté Obama jusqu’à la Maison Blanche en 2008.

Le même message depuis 1981

Comme le républicain Marco Rubio, Bernie Sanders se répète beaucoup. Mais dans son cas, c’est volontaire. De ses débuts de militant dans les années soixante jusqu'à sa longue carrière de sénateur du Vermont, Sanders a fait du combat contre les inégalités économiques et sociales son cheval de bataille. La preuve en cinq déclarations étalées sur plus de 30 ans :

  • « Ronald Reagan et ses amis milliardaires ne représentent pas l’Amérique » (1986)
  • « Les plus riches s’enrichissent pendant que le niveau de vie des ouvriers et des pauvres décline » (1991)
  • « L’Amérique est l’un des deux pays industrialisés qui n’a pas de système de santé national » (1992)
  • « Aux Etats-Unis, les 1 % les plus riches ont plus d’argent que les 90 % les moins riches » (1995)
  • « Aux Etats-Unis, les 0,1 % les plus riches ont désormais plus d’argent que les 90 % les moins riches » (2015) 

Le socialisme définit clairement son identité

Pour une génération qui a grandi pendant la Guerre Froide, le socialisme représente une valeur presque anti-américaine, une insulte synonyme de « communiste ». Mais Sanders revendique haut et fort son statut de « socialiste démocratique » et cite souvent la réussite des pays scandinaves en exemple. « Paradoxalement, cela le rend encore plus authentique », analyse le journaliste John Nichols, auteur d’une postface sur une autobiographie de Sanders. « Personne ne peut l’accuser de surfer sur une tendance populaire ». Nichols relève cependant que depuis la crise de 2008 et le sauvetage de Wall Street par le contribuable, l’opinion évolue doucement, notamment chez les moins de 30 ans, qui ont voté à 83 % pour Sanders.

Ses points forts répondent aux points faibles de Clinton

Dans le New Hampshire, « l’honnêteté » était le critère le plus important pour 34 % des électeurs. Parmi ces derniers, 92 % ont voté pour Sanders. Clinton devance son concurrent sur « l’expérience » et « l’éligibilité » face à un républicain mais Sanders est jugé « digne de confiance » et davantage de démocrates estiment qu’il « partage leurs valeurs ». Empêtrée dans la polémique sur ses emails et accusée d’être dans la poche des gros donateurs de Wall Street, Hillary Clinton peine dans une élection dominée par les candidats antisystème comme Donald Trump.

Son combat stimule la base du parti

C’est peut-être le point le plus important. Il y a un vrai enthousiasme autour de sa campagne. Alors que Clinton se positionne comme une candidate « qui fait le boulot » et qui « obtient des résultats » via des gains modérés mais réalistes, Sanders « ose aller au bout de sa logique et cela stimule la base et l’action sur le terrain », estime John Nichols. Comme à Portland, où le candidat a rassemblé plus de 20.000 personnes à un meeting.

Une armée de petits donateurs

Sanders a reçu 3,7 millions de contributions individuelles. C’est plus qu’Obama à la même période en 2012. « Quel est le montant moyen ? », demande souvent Sanders. « 27 dollars ! », répondent en chœur ses supporteurs. Si Clinton a dominé la course aux dollars en 2015, Sanders l'a battue en janvier (20 millions de dollars contre 15).  «On va lever des fonds maintenant», a-t-il lancé à la foule après sa victoire, mardi. En moins de 24 heures, il a obtenu cinq millions de dollars. Désormais, il a de quoi financer une campagne nationale.

Les people s'y mettent

Des célébrités comme les Red Hot Chili Peppers et Will Ferrel ont officiellement rejoint la révolution. Sanders a chanté avec Vampire Weekend. Même les parodies de Larry David, dans Saturday Night Live, le rendent encore plus sympathique.

Les choses sérieuses commencent

Jusqu’à présent, Sanders a été épargné dans les médias. Mais « la Lune de miel est terminée. Il n’est plus l’outsider. En politique, le succès vous met sous le feu des projecteurs, il va désormais subir un examen minutieux », juge Nichols. Sanders promet une couverture santé universelle et de rendre la fac gratuite. Comment va-t-il payer ? Il reste plutôt vague, évoquant des hausses d’impôts et une taxe sur la spéculation financière. Les attaques vont s’intensifier. Et « Bernie », qui jouait presque à domicile dans le New Hampshire, va devoir prouver qu’il est capable de s’imposer dans un Etat à la population plus diverse. Et qu'il peut dominer un républicain en novembre. En attendant, il est devenu le premier candidat étiqueté « socialiste » à remporter une primaire démocrate. Un exploit historique en soi.

Source : 20minutes.fr

Vous aimez ce que vous lisez ? Notre travail est gratuit et indépendant, mais il a un coût. Vous pouvez nous soutenir librement grâce à un don via Tipeee ou PayPal. Si vous ne pouvez pas nous aider financièrement (ce que je peux comprendre parfaitement), vous pouvez partager les articles sur vos réseaux sociaux, et parler du site autour de vous. Merci à celles et ceux qui rendent tout cela possible.

Informations complémentaires :

Partager sur les réseaux sociaux

Publier 0Nombre de partages sur X
0Nombre de partages sur X
Partager 0Nombre de partages sur Facebook
0Nombre de partages sur Facebook
Partager 0Nombre de partages sur Linkedin
0Nombre de partages sur Linkedin
E-mail 0Nombre de partages sur Email
0Nombre de partages sur Email
WhatsApp 0Nombre de partages sur Whatsapp
0Nombre de partages sur Whatsapp
Télégramme 0Nombre de partages sur Telegram
0Nombre de partages sur Telegram

1000 Characters left


 

Vous appréciez Crashdebug.fr ?

Pour nous soutenir, vous pouvez nous aider à financer ce serveur :

Faire un don ponctuel via paypal

Faire un don ponctuel ou mensuel via Tipeee

Ne perdez rien de notre actualité, rejoignez-nous sur Twitter (X), Youtube, ou Facebook ou encore Telegram (pas de filtrage algorithmique), avec la censure de Google, nous avons plus que jamais besoin de votre soutien.

Tous les commentaires publiés sont sous la responsabilité de leurs auteurs respectifs. Crashdebug.fr ne saurait être tenu responsable de leur contenu ou orientation.

Vidéo bloqué qui ne se lance pas ?

Comment nous contacter ?

Vous avez des questions ?

Merci,

Sites ami(e)s