Avec ce remaniement et l'arrivée de Macron à Bercy, l'exécutif a réussi définitivement à braquer toute une partie des socialistes qui sont bien décidés à réagir en exigeant l’organisation d’un congrès du parti. Jusque-là, ils se contentaient de le demander mollement. Aujourd’hui, alors que s'ouvre leur université de la Rochelle, ils sont bien décidés à l'arracher.

La sénatrice de Paris Marie-Noëlle Lienemann l'assure : elle qui n'hésite jamais à ruer dans les brancards va profiter du rendez-vous socialiste pour exiger que « le Parti socialiste engage un congrès très rapidement pour définir les orientations politiques et permettre aux militants de s’exprimer dessus » nous explique-t-elle. Un point de vue que partage son camarade de lutte, Paul Quilès. Serge Bardy, député du Maine-et-Loire et signataire de l’Appel des 100 est, lui aussi, sur la même ligne : « il est temps que les militants puissent s’exprimer, qu’on leur donne enfin la parole ».
Dans une note de blog, Gérard Filoche, membre du Bureau national du parti, résume les griefs : « Jamais le PS n’a voté la politique de l’offre, jamais il n’a voté la baisse du coût du travail, jamais il n’a voté la casse du code du travail et de l’inspection du travail, jamais il n’a voté le recul des droits à retraite, la suppression des élections prud’homales, le gel des seuils sociaux, les ouvertures des magasins le dimanche, la facilitation des licenciements, jamais il n’a voté l’austérité, ni le cadeau de 40 milliards d’euros au Medef, ni la suppression de 50 milliards de nos besoins sociaux, jamais il n’a voté le gel du Smic, ni le transfert des fonds publics de l’emploi au secteur privé… ».
Des militants qui partent, un parti « en slip»
Hors micro, certains expliquent que ce rétrécissement de la base militante « ne déplairait pas en haut lieu ». Comprendre : seuls les plus hollandistes resteraient au bercail, permettant ainsi un meilleur contrôle des troupes. Une thèse un brin complotiste, sauf à considérer que le cynisme n’est pas un sentiment étranger à nos hommes politiques...
Quoi qu’il en soit, tous ces déçus ont bien décidé de se servir de l’université de la Rochelle pour relancer le débat. Quant au fameux Etats généraux, le député des Ardennes a bien sa petite idée en tête. « Il faut que les militants les investissent pour que le nom que porte cet événement soit justifié pleinement ». Pas sûr donc que la température qui est montée d’un cran après ce remaniement, ne retombe d’ici tôt.
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