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Les représentants de 11 pays africains sont réunis pour trouver une parade à l'épidémie de fièvre Ebola qui fait rage depuis le début de l'année. Suivi et communication sont la clé pour les spécialistes du virus. 
 
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Face à une épidémie historique, l'ONG Médecins sans frontières est arrivée au bout de ses capacités
d'intervention en Afrique de l'ouest. AFP/CELLOU BINANI

Une épidémie historique, et "hors de contrôle". L'ONG Médecins sans frontières (MSF), puis l'Organisation mondiale de la santé (OMS), ont tiré la sonnette d'alarme face à la propagation du virus Ebola dans une soixantaine de foyers en Guinée, au Sierra Leone et au Libéria. Depuis le début de l'année, sur 759 cas déclarés, 467 personnes ont perdu la vie de cette fièvre hémorragique. 

>> Lire aussi: Pourquoi la fièvre Ebola fait-elle si peur?

Ce mercredi et jeudi, les ministres de la Santé de 11 pays d'Afrique de l'Ouest et des experts internationaux sont réunis à Accra, au Ghana, afin d'établir un "plan radical" pour faire face à cette épidémie. "Dès le départ, il y avait plus de foyers que lors de précédentes épidémies en Afrique centrale, explique Antoine Gauge, responsable adjoint des programmes d'urgence pour MSF Suisse. De plus, la maladie est nouvelle dans ces trois pays, il y avait donc une méconnaissance des Etats, des structures de santé et de la population. Ebola a créé une peur, certains patients se sont cachés." Alors qu'on la croyait presque éteinte, l'épidémie est repartie de plus belle, des foyers existants se sont réveillés et d'autres sont nés. En cause, "le suivi des contacts entre malades et personnes saines qui n'a pas pu se faire comme il aurait dû, notamment par manque d'acteurs sur le terrain", analyse Antoine Gauge. 

Après un contact avec un malade, le temps d'incubation est de deux à 21 jours avant l'apparition de symptômes. Sans suivi efficace, les populations ont donc largement le temps de rejoindre de nouveaux villages, voire de franchir des frontières. "On est confrontés à une mobilité des personnes, mais aussi à une mobilité des corps lors des transports pour les obsèques dans les villages, or les cadavres sont très contagieux", précise Sylvain Baize, responsable du Centre National de Référence des Fièvres Hémorragiques Virales à l'Institut Pasteur.  

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L'épidémie d'Ebola connaît une deuxième vague. AFP

Renforcer le suivi

Quelle action coup de poing peuvent alors mener les gouvernements de la région? Faut-il contrôler les déplacements, comme l'ont envisagé les trois pays touchés? Pour les deux spécialistes, la solution est ailleurs. Seuls l'isolement, la surveillance et le suivi des contacts sont efficaces pour arrêter cette maladie sans traitement ni vaccin. "Il n'y a rien d'autre à faire que ce qui est fait depuis le début, estime Sylvain Baize. En revanche, la différence peut se faire sur l'efficacité, notamment du suivi, donc sur les moyens alloués à la lutte contre l'épidémie et à la coordination au niveau régional." 

Pour MSF, qui parle de "risque potentiel" de propagation régionale, ces deux points sont également stratégiques: "Nous sommes épaulés par l'OMS et les Croix-rouges locales. Mais avec 300 personnes sur le terrain qui travaillent sur Ebola, surtout en Guinée et au Sierra Leone, nous sommes au bout de nos capacités", détaille Antoine Gauge. Pour lui, la sensibilisation des gouvernements et des acteurs internationaux est un enjeu majeur.  

De l'animal à l'Homme

Lors des épidémies, le virus Ebola est transmis au patient zéro par les animaux: des chauves-souris en sont porteuses et des grands singes peuvent être contaminés. Quasi-impossible, donc, d'éliminer le virus de la surface de la Terre, à moins de supprimer les animaux concernés. "Une solution dangereuse pour la planète", prévient Sylvain Baize. 

L'information de la population est donc primordiale. "Il faut lancer des campagnes de sensibilisation plus efficaces et plus adaptées: c'est très délicat car il faut démystifier Ebola, tout en alertant sur les symptômes", estime Antoine Gauge. "C'est d'autant plus compliqué que les animaux concernés sont des denrées et qu'on n'apporte pas de moyen alternatif pour nourrir les populations", ajoute Sylvain Baize. A quand une vaccination pour venir à bout de ces épidémies? "La recherche est assez intense sur le sujet, mais on est très loin d'une mise sur le marché." 

 

Source : Lexpress.fr

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