Quelle est la situation à la centrale de Fukushima-Daiichi ?

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Alors que virtuellement sous nos pieds, au sud dans la désertique Libye la situation tend au chaos..., à l'Est à Fukushima au Japon, la situation sur place est assez complexe, et c'est plutôt 'open bar' côté radiations... Donc je ne vous ferai pas l'affront de vous faire l’article, je voudrai  juste vous indiquer en préalable quelques données à prendre (je pense) en considération. À savoir que la situation en France est bien 'couverte' et que nous avons nos bénévoles mesures ; ), mais que toutefois la Corée et la Chine commencent à concrètement avoir des retombées sur leurs sols, et que le personnel de Fukushima en place depuis le début de l'incident est à bout de force. Comme vous le lirez, la situation sur place est donc dans l'absolu,…tendue… Mais d’après ce que j’ai entendu, TEPCO « ouvre la boîte de Pandore » et demande finalement l'aide internationale, dont celle de la si nucléaire France via ses entreprises EDF et AREVA. Cependant cela doit encore être ce satané côté « sombre », car j’ai vu définitivement trop de films catastrophes, dont un fameux  mythique « syndrome chinois » qui doit tout de son succès (à l'époque de 1979) à son scénario peu orthodoxe, qui a marqué à jamais mon prolifique « imaginaire ». Même si ce dernier, dans cette situation si inédite heureusement, ne semble pas probable (et ne peut se concrétiser que pour moitié), car personne n’en parle... Alors dormez sur vos deux oreilles, voire bientôt 3 ou 4 ; )))

Update 26.02.2016 : Fukushima : 5 ans après, Tepco avoue avoir menti sur la gravité de l'état des réacteurs...

TOKYO (Reuters) - Deux des six réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi - 5 et 6 - sont considérés comme maîtrisés par l'opérateur japonais Tokyo Electric Power (Tepco) mais les quatre autres sont instables.

Les barres de combustible dans les réacteurs 1, 2 et 3 sont endommagées et des fuites sont hautement probables à travers leurs enceintes de confinement, a déclaré mardi l'Agence japonaise de sûreté nucléaire et industrielle.

Voici la situation à la centrale sur la base des déclarations des autorités japonaises, de l'Agence japonaise de sûreté nucléaire, de Tepco et des organismes français, Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN).

QUELLE EST LA SITUATION AU NIVEAU DES DIFFÉRENTS RÉACTEURS ?

Les réacteurs 1, 2 et 3 sont particulièrement endommagés.

Les barres de combustibles contenues dans les cuves ont été endommagées en raison de brutales montées de chaleur suite aux séismes et aux accidents successifs.

La présence d'eau radioactive dans les bâtiments montre que les enceintes de confinement des réacteurs ne sont probablement plus étanches.

L'eau est particulièrement contaminée dans le bâtiment turbine n°2. Des tunnels s'échappant de ce réacteur contiennent également de l'eau contaminée.

Le réacteur n°4 ne contient pas de combustible et sa piscine de refroidissement des combustibles usés a été alimentée en eau, permettant de faire baisser la température.

Les réacteurs 5 et 6 sont alimentés en électricité par un générateur commun et sont correctement refroidis.

QU'ESSAIENT DE FAIRE LES TECHNICIENS DE LA CENTRALE ?

Ils tentent de faire redémarrer les pompes de refroidissement dans les quatre premiers réacteurs.

Les salles de commande des réacteurs 1, 2 et 3 sont alimentées en électricité, mais les techniciens vérifient que les circuits de refroidissement fonctionnent encore.

Tepco alimente les réacteurs en eau douce, après avoir versé de l'eau de mer.

L'urgence est de pomper l'eau radioactive qui a envahi les bâtiments des réacteurs 1 à 3 et qui gêne les opérations de rétablissement de l'électricité.

Dans le réacteur n°1, les techniciens ont pu démarrer un système circulatoire de condensation de la vapeur pour commencer à enlever l'eau contaminée. Mais après cinq jours de pompage, il ne semble pas y avoir de progrès significatif.

Les mêmes systèmes dans les réacteurs 2 et 3 sont actuellement inondés.

COMBIEN DE TEMPS LES OPÉRATIONS PRENDRONT-ELLES ?

Personne ne le sait. Le scénario le plus probable est celui d'une longue lutte, interrompue ponctuellement par des pics de radioactivité et des arrosages d'urgence.

Si les pompes fonctionnent à nouveau, les réacteurs peuvent être en conditions d'arrêt normales ("arrêt à froid") en quelques jours.

Mais les ingénieurs travaillent dans le noir. Si la lumière est revenue dans les salles de commandes, les écrans et instruments de mesures - "les yeux et les oreilles" des ingénieurs à l'intérieur des réacteurs - ne fonctionnent toujours pas. Les ouvriers n'ont que des mesures de température et de pression fournies par des systèmes de secours pour comprendre ce qui se passe dans les réacteurs.

Le travail est ralenti par le niveau élevé de radioactivité, qui oblige à un roulement permanent, les débris et l'eau dans les bâtiments.

Les failles très probables dans les enceintes de confinement signifient selon les experts qu'il faudra quelques mois pour arrêter à froid les réacteurs.

QUELS SONT LES RISQUES POUR L'ENVIRONNEMENT ?

Un premier risque est que l'eau radioactive qui s'échappe des cuves des réacteurs contamine les sols et l'océan.

L'autre vient des particules radioactives qui sortent du bâtiment à chaque fois qu'un tuyau fuit ou que l'augmentation de la pression oblige les ingénieurs à laisser échapper de la vapeur.

Elle contamine les aliments produits dans la région de Fukushima. Des dépôts significatifs de radioactivité ont été relevés par Greenpeace à 40 km au nord-ouest de la centrale, ce qui pose la question de la zone d'évacuation.

Plus de 70.000 personnes habitant dans un périmètre de 20 km ont déjà été évacuées mais le Premier ministre Naoto Kan se voit reprocher par l'opposition de n'avoir pas requis l'évacuation des 130.000 personnes vivant entre 20 et 30 km de la centrale.

Les Etats-Unis ont recommandé à leurs ressortissants vivant à moins de 80 km de rester confinés chez eux ou de partir.

À Tokyo, 240 km au sud de Fukushima-Daiichi, le niveau de radioactivité demeure faible.

Du plutonium a été relevé dans le sol de la centrale mais sa quantité est pour l'instant similaire à celle produite par un essai nucléaire et n'est pas dangereuse pour l'homme.

LA ZONE DEVIENDRA-T-ELLE UN NO-MAN'S LAND ?

Oui, très probablement. Même après l'arrêt des réacteurs, des tonnes de déchets radioactifs demeureront dans l'enceinte. Former un bouclier de sable et de béton comme à Tchernobyl rendrait possible la vie à quelques kilomètres du site mais ne serait pas une solution de long terme pour le traitement du combustible usé, qui reste fortement irradiant des milliers d'années.

Ce combustible a été endommagé par l'eau de mer et n'est donc probablement plus recyclable, tandis que son transport se heurterait probablement à une forte opposition.

QUEL EST LA PIRE ISSUE POSSIBLE ?

Il y en a deux et le risque qu'elles arrivent est faible.

La première est un accident de "criticité", c'est-à-dire une réaction nucléaire en chaîne involontaire et incontrôlée. Il n'arrivera sûrement pas tant que les piscines de combustible usé continueront à être arrosées dès que la température montera.

La deuxième est une explosion de vapeur qui serait provoquée par le contact entre l'eau des piscines et du combustible fondu, qui romprait la cuve du réacteur et tomberait dans les piscines. L'explosion "hors cuve" - qui n'est jamais arrivée - pourrait alors briser la dernière enceinte de confinement du bâtiment.

Mayumi Negishi, Clément Guillou pour le service français

Source : Le Point

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