Je suis peut-être naïf, je l’avoue, mais une chose m’étonne dans ce cas précis (où il y a des enfants).
Pourquoi la France c’est-elle officiellement « raidie » de la sorte concernant les éventuelles rançons ?
Est-ce parce qu’ils ont été ridiculisés par cette journaliste américaine Vicki J. Huddleston qui dévoilait leur pratique « réelle » en la matière ?
Encore une fois la politique est la base de tout, certes, je comprends qu’ils ne veuillent pas encourager de tels comportements,
Mais sur place (de ce que j’en ai entendu), l’enlèvement d’étrangers est souvent perçu comme une « recette locale » face à la misère…
Alors dans ce cas de figure, quelle est la responsabilité du pays tiers, qui par sa politique interne provoque de tels « débordements » ?
Et qui force les gens à capturer de la richesse à l'étranger ?
Les choses ne semblent pas aussi binaires qu’à la première approche…

Alors que les sept membres de la famille Moulin-Fournier sont détenus depuis un mois par le groupe islamiste Boko Haram, le journal burkinabé Le Pays s'interroge sur la stratégie des trois pays – la France, le Nigeria et le Cameroun – dont dépend le sort de ces otages.
"Nos conditions de vie sont très dures. Nous perdons nos forces chaque jour. Nous ne tiendrons pas longtemps." Tel est le message, on ne peut plus émouvant, de Tanguy Moulin-Fournier, du nom de ce Français enlevé le 19 février dans le nord du Cameroun avec son épouse, ses quatre enfants et son frère. C’est le message d'une deuxième vidéo [la première remonte au 25 février] diffusée le 18 mars qui présente, innocents et désemparés, les quatre enfants français aux côtés de leurs parents. Sans doute le groupe Boko Haram veut-il mettre la pression sur Paris, puisque cette nouvelle vidéo fait suite à la tournée du ministre des Affaires étrangères français, Laurent Fabius, au Cameroun et au Nigeria où il a appelé à une synergie d’actions pour libérer les otages français. C’est pourquoi d’ailleurs les islamistes mettent en garde les autorités camerounaises, nigérianes et françaises contre toute tentative de libération des otages par la force.
Ils exigent la libération des femmes et des enfants appartenant à leur groupe et détenus au Nigeria et au Cameroun comme monnaie de change, faute de quoi, disent-ils, ils enverront ad patres les otages français et multiplieront les kidnappings et les attentats suicides au Cameroun avec qui ils disent ne pas vouloir entrer en conflit. En tout cas, les islamistes de Boko Haram mettent la France dans une position délicate ; d’autant que l’on s’imagine difficilement les autorités nigérianes et camerounaises céder en libérant les barbus détenus dans leurs pays respectifs, surtout par ces temps où les djihadistes sont plus que jamais wanted.
Durcissement de ton
On est donc face à une tragédie qui implique trois acteurs différents : le Cameroun et le Nigeria d’un côté, la France de l’autre. Que va-t-il se passer réellement ? Difficile d’y répondre puisque, plutôt que de prêter une oreille attentive à Boko Haram, le Cameroun et le Nigeria continuent d’opérer des arrestations contre des islamistes dans certaines localités de leur pays. A preuve, on parle d’une dizaine de Nigérians détenus à la suite de la découverte d’armes dans leur voiture à la frontière entre les deux pays. C’est dire donc que l’horizon est encore sombre pour les otages, surtout que les autorités françaises elles-mêmes semblent avoir changé de politique face à la question des prises d’otages, en annonçant qu’elles ne payeraient plus de rançon pour obtenir la libération de leurs ressortissants.
Il s’agit d’un durcissement de ton qui risque d’en rajouter à la galère des otages, même s’il est vrai que jusque-là les ravisseurs n’ont pas tacitement exigé de rançon. Peut-être est-elle pour l’instant sous le coude. En principe, face à des gens qui ne veulent pas entendre raison, qui se croient l’alpha et l’oméga de tout et qui pensent avoir reçu des cieux le droit de vie et de mort sur les autres, seule vaut la fermeté. Mais avec des otages composés majoritairement d’enfants, jusqu’où peut-on aller dans la fermeté. Pour l’heure, on attend de voir comment réagiront Paris, Abuja et Yaoundé après cette nouvelle vidéo de Boko Haram.
Source : Courrierinternational.com
Vous aimez ce que vous lisez ? Notre travail est gratuit et indépendant, mais il a un coût. Vous pouvez nous soutenir librement grâce à un don via Tipeee ou PayPal. Si vous ne pouvez pas nous aider financièrement (ce que je peux comprendre parfaitement), vous pouvez partager les articles sur vos réseaux sociaux, et parler du site autour de vous. Merci à celles et ceux qui rendent tout cela possible.
Informations complémentaires :
Terms & Conditions
Subscribe
Report
My comments