Les tracteurs n’ont pas quitté la partie. Après les grandes mobilisations de 2022 et 2024, les agriculteurs européens continuent de contester les règles environnementales, les accords commerciaux et des prix qui ne permettent plus toujours de vivre de leur travail. Aux Pays-Bas, le conflit sur l’azote vient de reprendre. En Belgique, le traité entre l’Union européenne et le Mercosur nourrit une colère devenue durable.

Aux Pays-Bas, la bataille de l’azote recommence
Le 14 août 2026, des centaines d’agriculteurs néerlandais ont convergé en tracteur vers le siège de la province du Brabant-Septentrional, à Bois-le-Duc. La mobilisation, conduite notamment par Farmers Defence Force, visait le projet de retrait des autorisations accordées à cinq élevages de volailles proches de zones naturelles protégées.
Pour les organisations agricoles, ces exploitations disposent de permis valables et ont déjà proposé des moyens de réduire leurs émissions. LTO Nederland, qui représente plus de 35 000 agriculteurs et horticulteurs, juge ces retraits inacceptables. Derrière les termes administratifs, il s’agit d’entreprises familiales qui risquent tout simplement de fermer.
La crise ne date pas d’hier. En 2022, le gouvernement néerlandais voulait réduire fortement les rejets d’azote avant 2030. Une baisse du cheptel et des rachats volontaires d’exploitations faisaient partie des solutions envisagées. Le discours officiel parle toujours de protection de la nature et de transformation des campagnes. Les éleveurs, eux, voient surtout un État capable de rendre caducs des investissements et des autorisations autrefois parfaitement légaux.
Impressionnant ! (cf vidéo ⤵️)
— Florian Philippot (@f_philippot) August 18, 2026
Dans les petits villages des Pays-Bas, les paysans et leurs tracteurs débarquent, à la rencontre des habitants, pour mener la fronde contre leur gouvernement et l’UE !
Toujours ce symbole du drapeau national à l’envers, signe d’un pays qui marche… pic.twitter.com/AwPhLYGsuh
En Belgique, le Mercosur passe mal
La Belgique reste l’un des principaux points de rassemblement de la colère agricole. En février et mars 2024, des centaines de tracteurs avaient bloqué le quartier européen de Bruxelles. Les manifestants dénonçaient les formalités, les coûts, les faibles prix d’achat et les importations produites selon des règles différentes. « Pour avoir une Europe forte, il faut une agriculture forte », résumait alors l’agriculteur belge Yolin Targé.
Le 18 décembre 2025, plusieurs milliers d’agriculteurs et environ 1 000 tracteurs ont de nouveau paralysé Bruxelles contre l’accord avec le Mercosur. La journée a été marquée par des heurts, des gaz lacrymogènes et un face-à-face spectaculaire entre un tracteur et la police antiémeute.
L’accord commercial a pourtant été signé en janvier 2026. Le lendemain, près de 300 tracteurs se sont rassemblés autour de l’Atomium. Les syndicats ABS et VJL redoutent une concurrence déloyale, une pression supplémentaire sur les prix et des produits qui ne répondent pas aux mêmes exigences sanitaires que ceux imposés aux producteurs européens.
Une colère européenne, pas un accident local
France, Allemagne, Pologne, Espagne, Italie, Grèce ou Irlande : le mouvement de 2024 avait traversé presque toute l’Union. Les revendications variaient, mais le fond restait le même : rémunération insuffisante, accumulation de règles, hausse des charges et ouverture du marché à des productions moins coûteuses.
La mobilisation a obtenu quelques reculs, notamment un assouplissement de certaines obligations de la politique agricole commune. Mais Bruxelles continue de vouloir simultanément davantage de contraintes pour les fermes européennes et davantage d’échanges avec le reste du monde. Une équation remarquable : demander au paysan local de courir avec des bottes de plomb, puis féliciter son concurrent d’arriver avant lui.
La révolte agricole n’est donc pas terminée. Elle change de pays, de calendrier et de motif immédiat, mais revient chaque fois au même point : qui produira encore notre nourriture lorsque les fermes auront été remplacées par des formulaires, des accords commerciaux et des plans de fermeture ?
par Yoann
Source : Lemediaen442.fr
🤬Preuve flagrante que la presse française n’est pas libre🤬
— Olivier-Charles Haas (@haasoliviercha1) August 19, 2026
Comme les sondages, elle ne diffuse que ce qu’on lui demande,
Pire, elle cache la vérité, tout ce qui pourrait fâcher les Français ‼️
Quand est-ce que les moutons que nous sommes se réveilleront ❓🤬 https://t.co/ngCrwwaEPV
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