Richard aurait évoqué une réunion avec Tapie à l'Élysée

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AFP

Interrogé par l’AFP sur ce point, Bernard Tapie affirme ne « pas se souvenir d’une réunion à cette date ».

C’est comme un feuilleton sans fin. L’affaire Tapie a connu un énième rebondissement jeudi : mis en examen pour « escroquerie en bande organisée » dans le cadre de l’enquête sur l’arbitrage du litige qui a opposé Bernard Tapie au Crédit Lyonnais jusqu’en 2008, Stéphane Richard, PDG d’Orange et ex-directeur de cabinet de Christine Lagarde lorsqu’elle était ministre de l’Economie (elle a occupé ce poste de 2007 à 2011), a expliqué, durant sa garde à vue de 48 heures, avoir été « convoqué » à une réunion à l’Elysée par le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, le 24 ou 25 juillet 2007, a indiqué à l’AFP une source proche de l’enquête. Jean-François Rocchi , président du Consortium de réalisation (CDR, chargé de liquider le passif du Crédit lyonnais), également mis en examen, avait reçu le même convocation à cette réunion, dont l’objet n’avait pas été précisé, a ajouté cette source. Claude Guéant leur aurait alors déclaré : « Nous allons faire l’arbitrage ». Stéphane Richard et Jean-François Rocchi auraient tous deux affirmé que Bernard Tapie était présent à cette réunion, de même que le secrétaire général adjoint de l’Elysée, François Pérol.

Interrogé par l’AFP, Bernard Tapie a répondu ne « pas se souvenir d'une réunion à cette date, six mois avant l’arbitrage », qui ne pouvait selon lui « être une réunion de validation mais d'information ». Cependant « une réunion pour expliquer (sa) position » lui « paraît un processus logique, après que les liquidateurs de (son) groupe eurent suggéré l’arbitrage suite à l’échec de la médiation », entre le Crédit lyonnais et le groupe Tapie sur la vente d’Adidas. Contacté, l’entourage de Stéphane Richard n’a pas souhaité faire de commentaire. L’avocat de Jean-François Rocchi n’a pu être joint. La semaine dernière, Stéphane Richard avait indiqué la à l’AFP avoir participé à une réunion de « validation » de l’arbitrage à l’Elysée, sans mentionner le nom de Bernard Tapie

Nicolas Sarkozy « ulcéré » ?

Pour sa part, Europe 1 affirme que Nicolas Sarkozy est « ulcéré » de la remise en cause de l’arbitrage Tapie-Crédit Lyonnais. Selon la radio, qui cite un des proches de l’ex-président, Nicolas Sarkozy aurait chargé son ex-secrétaire général de l’Elysée de l’époque, Claude Guéant. Ce dernier lui aurait expliqué que l’arbitrage permettrait d’en finir avec une affaire qui avait déjà coûté 20 millions d’euros aux contribuables. Nicolas Sarkozy « s’en serait alors remis à la sagesse de son bras droit sans poser de question », écrit Europe 1.

Claude Guéant convoqué bientôt ?

En tout état de cause, l’étau se resserre sur Claude Guéant, déjà mis en cause dans l’affaire Bettencourt. Sa convocation semble très probable. Ce matin, Jean Peyrelevade, PDG de Léonardo & Co et ancien président du Crédit Lyonnais (de 1993 à 2003), en paraissait convaincu. « Je pense que Claude Guéant a transmis une instruction. J’en suis assez convaincu, » a-t-il dit sur Europe1. Jean Peyrelevade souhaite l’annulation de l’arbitrage accordant plus de 400 millions d’euros à Bernard Tapie en 2008. « J’ai toujours eu la conviction que l’instruction venait de plus haut. Il a été reconnu explicitement par plusieurs participants à cette affaire qu’il y a eu des réunions à ce sujet dans le bureau de Claude Guéant (...)  De toute manière, quand on monte dans le bureau du secrétaire général de l’Elysée pour discuter d’un problème, c’est au minimum pour faire bénir une position », a-t-il ajouté en faisant allusion au rôle de Stéphane Richard, qui lors de l’arbitrage, était le chef de cabinet de la ministre de l’Econoimie, Christine Lagarde (elle a occupé ce poste de 2007 à 2011).

De son côté, Fleur Pellerin la ministre de l’Economie numérique s’en est elle aussi pris à mots couverts à l’entourage de l’ancien président de la République Nicolas Sarkozy. « Cela met en lumière un système qui a été mis en place au cours de ces dix dernières années et je crois que ce n’est pas la seule illustration. Vous avez l’histoire des prélèvements en espèces sur les frais d’enquête de (Claude) Guéant, le financement libyen de la campagne (politique de Nicolas Sarkozy) de 2007. Vous avez l’affaire Bettencourt », a-t-elle observé jeudi sur RTL.


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