Rome veut sauver les chrétiens d'Orient

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Le pape Benoit XVI est plein de bonne volonté. Mais ses prières ne toucheront entre autres que les 2 % de chrétiens parmi la population israélienne, ce qui ne risque pas de changer la donne dans le conflit israélo-palestinien qui envenime la région.

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Membres du clergé d'Orient assistant à la messe d'ouverture du synode, dimanche au Vatican.

INFOGRAPHIE - Les pressions de l'islam radical dans le berceau du christianisme sont au cœur du synode qui s'ouvre au Vatican. Coeur

De notre envoyé spécial à Rome.

Prendre «de la hauteur» et analyser les problèmes du Proche-Orient avec le «regard de Dieu»: telle est l'ambition que Benoît XVI a fixée, dimanche matin dans la basilique Saint-Pierre, aux 246 patriarches, évêques, prêtres et experts de cette région du monde qu'il a convoqués à Rome, pour deux semaines d'un synode consacré à l'avenir des chrétiens de Terre sainte.

Faire en sorte que ces chrétiens puissent ressentir «la joie de vivre en Terre sainte», a-t-il insisté dans son homélie. Qu'ils puissent aussi échapper au «découragement» et à la tentation de fuir… Le phénomène de diaspora des chrétiens vers l'Occident a en effet atteint sa cote d'alerte. Il constitue la raison majeure de la convocation de ce synode. Le maintien des chrétiens sur cette terre qui est «le berceau» du christianisme, mais aussi du judaïsme et de l'islam, à travers les dix pays représentés au synode (Turquie, Syrie, Chypre, Irak, Iran, Liban, Jordanie, Israël, Territoires palestiniens, Égypte), passe «avant tout» pour Benoît XVI par un «droit humain fondamental»: celui pour les chrétiens de «vivre dignement dans leur propre patrie».

«Instrument d'unité et de réconciliation»

Le document de travail préparatoire (Instrumentum Laboris) de ce synode, remis symboliquement par le Pape aux Églises du Proche-Orient, sur l'île de Chypre, le 6 juin dernier, adoptait un ton sans concession vis-à-vis de l'islam radical -un ton qui n'a pas été celui du Pape dimanche. Benoît XVI a plutôt mis l'accent sur trois conditions pour qu'une convivialité soit possible entre fidèles des trois grandes religions: l'engagement de la communauté internationale pour «soutenir un chemin fiable, loyal et constructif vers la paix»; l'engagement des «religions majoritairement présentes dans la région», le judaïsme et l'islam, pour «promouvoir les valeurs spirituelles qui unissent les hommes et excluent toute expression de violence»; l'engagement, enfin, des chrétiens eux-mêmes, non seulement dans les domaines où ils sont déjà très présents -l'action sociale et l'éducation- mais sur le terrain plus délicat de «la pratique du pardon et de la réconciliation». Car telle est, aux yeux du Pape, la vocation profonde de l'Église catholique: être un «signe et un instrument d'unité et de réconciliation».


Source :
Le Figaro

Informations complémentaires :

Courrier International : Ouverture d'un synode pour le Moyen-Orient
La-Croix.com :
Le pape a ouvert le Synode pour le Moyen-Orient
AFP :
Synode Moyen-Orient: le pape appelle les religions à "exclure la violence"