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Les travaillistes sont à la peine, les conservateurs écrasés... Seuls les pro-UE du Lib-Dem parviennent à résister à la vague « Brexit ».

Farage 28 05 2019

D'après les résultats quasi définitifs, le nouveau parti radicalement anti-européen Brexit, formé par Nigel Farage et qui milite pour une sortie brutale (no deal) de l'Union européenne, est arrivé en tête du scrutin en recueillant 31,6% des suffrages. Les Libéraux-Démocrates, une formation pro-européenne, occupent la deuxième position avec 20,3%, devançant le Labour de Jeremy Corbyn, relégué à la troisième place (14,1%), et les Verts (12,1%). En cinquième position, les conservateurs au pouvoir depuis 2010 sont humiliés, avec 9,1% des suffrages. Le nouveau parti pro-européen Change UK, composé de dissidents travaillistes et conservateurs, et l'Ukip, l'ancienne formation de Nigel Farage, terminent en queue du peloton.

Formé en février seulement par l'europhobe Nigel Farage, le parti Brexit gagne 28 sièges, alors que les tories et le Labour en perdent respectivement 15 et 8. Les résultats en Irlande du Nord devraient être connus dans la soirée.

« Jamais dans l'histoire britannique, un parti créé il y a seulement six mois n'a remporté une victoire d'une telle ampleur. Nous demandons à être associés aux négociations sur le Brexit. L'avertissement aux deux grands partis est clair, si la sortie n'est pas actée avant le 31 octobre, nous sommes prêts à gouverner », a déclaré Nigel Farage à propos de la nouvelle date butoir de la sortie de l'Union européenne négociée par la Première ministre Theresa May avec les 27.

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Nigel Farage a réalisé un score supérieur à 2014, lorsque l'Ukip, qu'il dirigeait à l'époque, était devenu le premier parti du pays avec 27% des voix reléguant les tories de David Cameron à la troisième place.

Le retour de Farage au cœur de l'échiquier politique britannique souligne l'exaspération du peuple du « Leave » devant l'impasse du Brexit.

Le Labour est également fortement affaibli. La gauche a payé le refus de son leader, Jeremy Corbyn, d'accepter la tenue d'un deuxième référendum, que réclament la majorité du groupe parlementaire et la base.

Les élus britanniques iront-ils à Strasbourg ?

Reste que les parlementaires européens élus pourraient très bien ne jamais siéger. En effet, à la mi-juillet, devrait être connu le nom du successeur de May, qui pourrait annoncer un départ sans accord de l'UE avant le 31 octobre ou négocier un nouvel agrément avec les 27.

La consultation va servir de tour de chauffe à la course à la succession de Theresa May qui doit démissionner le 7 juin. La victoire de Nigel Farage devrait favoriser les candidats brexiters durs à la tête du parti, donc du pays. L'ancien maire de Londres Boris Johnson et l'ex-ministre du Brexit Dominic Raab, deux partisans déclarés du « no deal », ont désormais la cote.

Les élections législatives du 8 juin 2017 avaient rayé l'Ukip de la carte politique. Nigel Farage avait abandonné son parti, privé de sa raison d'être après la victoire du Brexit. Il entendait tirer profit de sa proximité avec le président Donald Trump pour entamer une nouvelle carrière médiatique et cinématographique aux États-Unis.

Outre-Atlantique, Farage avait fréquenté assidûment les stratèges de la victoire de Trump, à commencer par son ancien conseiller électoral Steve Bannon. Il a su tirer les leçons de la victoire de Trump pour revenir sur le devant de la scène au Royaume-Uni.

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Tout d'abord, il s'est drapé dans le patriotisme anglais menacé, à l'entendre, par des « politiciens professionnels sortis d'Oxford et de Cambrige, métrosexuels et adeptes du politiquement correct ».

Ensuite, polir ses prestations télévisées. Fini le côté rigolard, le don de comique troupier, la mobilité extraordinaire dans l'expression qui avaient fait de cet outsider une véritable légende. Le tribun, jovial et brutal, a compris que le psychodrame du Brexit imposait un ton posé et sérieux.

Nigel Farage a aussi eu l'intelligence de prendre ses distances avec les racistes qui ont phagocyté l'Ukip. Le nombre élevé de candidats au Parlement européen issus des minorités ethniques qui figurent sur sa liste Brexit l'attestent. À l'inverse de son ex-parti ouvertement antimusulman, l'intéressé s'en est tenu au seul dossier du Brexit.

Contrairement au scrutin de 2014, Nigel Farage n'a pas mentionné l'immigration. L'économie, le service national de santé, l'éducation, la loi et l'ordre supplantent dorénavant l'immigration dans les préoccupations de l'électorat.

À l'instar de Donald Trump, le populiste a refusé de répondre sur les soupçons de financement illégal. Il a réussi à balayer les suspicions d'ingérence russe qui remontent à la campagne référendaire en se présentant comme la victime d'« un coup monté par l'establishment ».

Le seul regret du trublion est d'avoir échoué à huit reprises à se faire élire député à la Chambre des communes en raison du système électoral national uninominal à un tour favorisant les deux grands partis, conservateur et travailliste. L'intéressé se rabat à nouveau sur le Parlement européen qui, dans le passé, lui a offert une formidable tribune médiatique.

 

Source : Le Point.fr

 

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