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Une bonne nouvelle pour terminer la journée, ; )

Bonne soirée,

f.

 
Ver Plastique
La larve du Galleria mellonella serait capable de ne faire qu'une bouchée du polyéthylène (PE) qui compose
des sacs en plastique. - Crédits photo : César Hernández/CSIC

FIGARO DEMAIN - Ces larves d'un papillon très répandu dévorent en un temps record des sacs en polyéthylène.

Il n'en faut parfois pas beaucoup pour changer radicalement de statut, et, d'être insignifiant, se transformer en star des podiums ! C'est peut-être ce qui attend une vilaine petite larve de la fausse teigne de la cire, un papillon très répandu (Galleria mellonella ) considéré comme un nuisible par les apiculteurs, puisqu'il dévore les rayons de cire des ruches.

Son fait d'arme? Ce ver de quelques millimètres serait capable de ne faire qu'une bouchée du polyéthylène (PE) qui compose des sacs en plastique. Et ce, en un très court laps de temps. C'est ce qui ressort de travaux effectués par une équipe de chercheurs anglais et espagnols publiés dans la revue Current Biology. Or, «le polyéthylène est fait d'une chaîne linéaire d'atomes de carbone résistante à toute détérioration », précise l'article, ce qui place ces plastiques au rang des polluants majeurs dans le monde.

Federica Bertocchini, chercheuse à l'Institut de biomédecine et de biotechnologie de Cantabrie ( Espagne ) et signataire de l'article, est également apicultrice amateur. C'est en rangeant dans des sacs en plastique la cire contaminée de ses ruches par les larves, qu'elle se serait rendue compte du travail des petites bestioles : non contentes de se nourrir de la cire, elles avaient réussi en quelques heures à faire des trous dans le sac. Le résultat a été le même suite à des tests menés cette fois-ci en laboratoire à l'université de Cambridge (Grande-Bretagne). «Quand on a placé des larves directement au contact d'un film de polyéthylène, les trous sont apparus au bout de 40 minutes avec une moyenne de 2,2 trous par ver», expliquent les scientifiques. Et «100 vers placés au contact d'un sac à provisions durant 12 heures aboutissent à une perte de poids de ce sac de 92 grammes.»

Résultat spectaculaire

Le résultat est plutôt spectaculaire au regard des expériences menées ces dernières années pour mettre au point des techniques permettant de venir à bout du plastique. Des techniques qui fonctionnent, mais qui prennent beaucoup plus de temps. En 2014, une équipe sino-américaine de chercheurs avait ainsi effectué des travaux très prometteurs avec une larve de la teigne du fruit sec ( Plodia interpunctella ), proche de celle présentée dans Current Biology, car également capable d'ingérer le plastique. Les chercheurs avaient alors isolé deux souches de bactéries de la flore intestinale des vers capables de détruire le plastique, mais il avait fallu 60 jours d'incubation pour qu'entre 6 et 10 % (respectivement pour chacune des bactéries) du film plastique soit détruit.

Les recherches menées à Cambridge sont «étonnantes  du fait de la rapidité extrême de l'action», commente Jacques Lemaire, directeur scientifique du centre national d'évaluation de photoprotection (université Blaise Pascal). Ses propres travaux explorent une autre voie de dégradation du plastique : «Nos recherches portent sur l'oxydation par voies photochimique et thermique des plastiques », qui, au bout d'un certain temps, deviennent assimilables par les bactéries. «Dans la nature il faut que les plastiques soient exposés au moins trois mois au soleil et passent trois ans dans le sol pour commencer à se biodégrader», commente le scientifique.

Les plastiques sont des polymères dérivés du pétrole et sont très difficilement biodégradables. «Le polyéthylène et le polypropylène (PP) représentent 92 % de la totalité de la production de plastique», rappelle la publication. Le polyéthylène est très largement utilisé pour de l'emballage et représente environ 40 % des produits plastiques, sachant, soulignent encore les chercheurs, que «plus de mille milliards de sacs plastique sont utilisés tous les ans ». Certains pays, dont la France, ont désormais interdit la distribution des sacs de caisses. Néanmoins, celui qui trouvera le moyen de dégrader ce matériau permettra une avancée spectaculaire. Les recherches vont se poursuivre, notamment pour comprendre si «Galleria mellonella digère l'hydrocarbure ou si c'est le travail d'enzymes de sa flore intestinale», commentent les scientifiques.

 

Source : Le Figaro.fr

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