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Cette pratique très appréciée de sexe oral se banalise. Peut-elle être consommée sans modération ou y a-t-il des risques d'infections sexuellement transmissibles ? Qu’en est-il notamment du risque de cancer de la gorge dû au papillomavirus ? Un médecin répond.

Cunnilingus 27 07 2019

Le cunnilingus est aujourd’hui une composante courante de la sexualité des Françaises, toutes les enquêtes récentes le confirment. Alors, cette caresse buccale si prisée peut-elle être pratiquée sans risque ?

« Chlamydia, hépatite B ou C, syphilis… à peu près toutes les MST/IST (infections sexuellement transmissibles) peuvent être transmises lors d’un cunnilingus, explique le Dr Sandra Fornage, gynécologue spécialisée en médecine sexuelle. Ces infections se transmettent toutefois moins facilement par le sexe oral que par pénétration, notamment anale. Herpès et HPV (papillomavirus humain) sont transmissibles facilement lors des pratiques de sexe oral par simple contact des muqueuses. »

Risque quasi-nul pour le VIH

À la question "Quel est le risque de contamination par cunnilingus pour le VIH ? ", l’interlocuteur de Sida Info Service répond illico : « Très faible. Cela représente, il me semble, moins de 5 à 7 cas en plus de 40 ans dans le monde. »

Cancer de la gorge et papillomavirus : le grand débat

« Le papillomavirus humain est une infection sexuellement transmissible très fréquente. Si le HPV en soi est bénin, certaines souches appelées « haut risque » peuvent engendrer des lésions précancéreuses pouvant se transformer en cancer (du col de l'utérus, de l'anus, de la vulve, du pénis ou de la gorge) au bout d’une dizaine d’années en moyenne. Parce que le HPV est présent dans les muqueuses vaginales de la personne porteuse, il y a risque de transmission lors d’une pratique de sexe oral. La personne qui fait le cunnilingus peut alors contracter une infection par HPV des muqueuses buccales et du pharynx qui peut sous certaines conditions (baisse de l’immunité, tabagisme actif) et avec le temps se transformer en un cancer de la gorge », explique la gynécologue.

Selon une étude de l’université Johns Hopkins, publiée en 2017 dans les Annals of Oncology, les hommes sont plus sensibles que les femmes à la transmission du cancer oropharyngé par le biais du sexe oral. Ce risque est notamment accru chez les hommes à partenaires multiples (à partir de 5) : "Notre étude montre que chez les hommes le risque d'une infection par le HPV s'accroît avec le nombre de partenaires avec lesquels ils ont eu des relations sexuelles buccales", explique Gypsyamber D'Souza, professeure adjointe d'épidémiologie à l’université Johns Hopkins. L’autre facteur de risque important est le tabagisme actif.

Comment se protéger ? La vaccination systématique des garçons contre le papillomavirus pourrait enrayer le problème : « Pour diminuer la présence dans la population de certaines souches de HPV, précise Sandra Fornage, il convient de vacciner les femmes, mais aussi les hommes ! En Suisse et en Australie, cela se pratique déjà. » Trop peu de gens savent, y compris parmi les professionnels de santé, que les hommes aussi peuvent se faire vacciner contre le HPV. En France, la vaccination est recommandée chez les adolescentes de 11 à 14 ans et chez les garçons de moins de 26 ans ayant des rapports sexuels avec d’autres garçons.

Comme pour toutes les autres infections, on peut prévenir le risque de transmission en utilisant une digue dentaire, sorte de film carré en latex qui empêche le contact direct avec les muqueuses. Le problème : bien souvent, les personnes ne savent pas qu’elles ont un HPV ou de l'herpès génital et elles ne se protègent donc pas.

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Herpès : contagieux dans les deux sens

Dans le cas où la personne qui reçoit le cunnilingus a de l’herpès génital, il y a un risque de transmission d’herpès buccal à celui qui le donne. Et inversement si celui qui pratique le cunni a de l’herpès labial. Très invalidant mais pas dangereux. Pour amoindrir le risque de contamination, il faudrait donc ne pas pratiquer de cunnilingus au moment de la poussée d’herpès, qu’elle soit labiale ou génitale, sauf si vous utilisez une digue dentaire.

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Infection à chlamydia : se soigne très bien si diagnostiquée à temps

La chlamydia peut se transmettre sans pénétration et engendrer des complications sévères, mais décelée à temps la maladie est très bien traitée, avec des antibiotiques.

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En cas de contact avec le sang (règles) : risque augmenté pour l’hépatite

Hépatite B et C peuvent aussi se transmettre par cunnilingus, notamment en cas de contact avec le sang, surtout pour l'hépatite C. On peut se vacciner contre l’hépatite B et un traitement permet aujourd’hui de guérir de l’hépatite C, mais il reste pour le moment très cher.

D'autres infections comme la syphilis ou la blennorragie peuvent aussi être transmises. Mais là encore, c'est assez rare.

Comment éviter la contamination lors d’un cunnilingus ?

Vous l'aurez compris, outre la vaccination qui n'est valable que pour certaines de ces infections, la star de la protection pour le cunnilingus, c'est la digue dentaire. Le hic, c’est que ce petit carré de latex est aussi difficile à trouver qu’il est anti-sexe, donc peu de gens s'en servent. Mais vous pouvez tout à fait aménager un préservatif en le coupant et l'étirant (c'est très élastique), de façon à créer une protection. Bien sûr, il est important de soigner son hygiène, aussi bien de vie, que buccale et sexuelle.

Dans l’ensemble, notez que le fait d’avoir des partenaires multiples augmente les risques de transmission d'infections, et, surtout, que toute relation sexuelle engendre des risques. Certaines infections se transmettent aussi par simple contact par matériel de jeu sexuel ou par les mains.

Alors, si vous avez eu une relation sexuelle non protégée, ou si vous constatez des anomalies sur vos organes génitaux, consultez votre médecin pour passer les tests de dépistage appropriés. N’hésitez pas aussi à contacter Sida Info Service : 0 800 840 800. Gratuit et anonyme.

 

Bien à vous et de l’amour protégé !

 

Source : Santemagazine.fr

 

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