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Quand l'homme se prend pour Dieu, il prend le risque de certaines déconvenues... En prenez-vous la responsabilité commune ? Plus loin que cela, quel « intérêt » de rendre ces travaux accessibles au large public... ?

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Les points de vue de la recherche scientifique et de la biosécurité semblent se rapprocher dans l’affaire du H5N1 muté : un nouvel avis favorable à la publication des travaux a été rendu aux Etats-Unis.

Les experts en biosécurité qui conseillent le gouvernement américain ont assoupli leur position sur la publication de deux articles décrivant comment le virus de la grippe aviaire (H5N1) pouvait devenir très facilement transmissible entre mammifères.

Pour la première fois depuis sa création en 2005, le bureau consultatif pour la biosécurité dans les sciences (NSABB) a demandé en décembre 2011 aux éditeurs des revues scientifiques à comité de lecture Science et Nature, de ne pas publier l’intégralité des travaux sur ce H5N1 muté, craignant que la recette tombe entre de mauvaises mains ou qu’une fuite hors du laboratoire provoque une épidémie.

Le nouvel avis rendu le 30 mars par le NSABB (National Science Advisory Board for Biosecurity), à l’issue de deux journées de travail, est favorable à la publication intégrale de l’un des articles, celui de Yoshihiro Kawaoka (Université du Wisconsin-Madison, Etats-Unis/Université de Tokyo, Japon), soumis à la revue Nature. Pour l’autre article, soumis à la revue Science par l’équipe de Ron Fouchier (Centre Erasmus de Rotterdam, Hollande), le NSABB approuve la publication des données, de la méthodologie et des conclusions.

Nouvelle version des articles

Entre décembre et mars, que s’est-il passé ? D’abord les scientifiques ont revu leur copie et c’est une version révisée des articles que le panel du NSABB a examiné la semaine dernière. Ensuite, Fouchier et Kawaoka, devant faire face à un vif débat sur le bien-fondé de leurs recherches, ont explicité leurs travaux et leurs résultats.

Ainsi en février dernier, lors d’une conférence de la société américaine de microbiologie (ASM), Ron Fouchier a précisé que le virus créé dans son laboratoire ne tue pas les furets lorsqu’ils sont contaminés par voie aérienne (gouttelettes de salive…). Et que ce H5N1 ne se transmettait pas aussi facilement qu’il l’avait décrit en septembre 2011 dans un congrès à Malte, selon les propos rapportés par la revue Science.

De plus, le virus muté ne se réplique pas aussi vite dans les cellules des furets qu’un virus de la grippe saisonnière, a ajouté le chercheur. Sur huit furets infectés par la voie nasale avec le virus muté, un seul développe un syndrome grippal sévère. Anthony Fauci, qui dirige les Instituts américains de recherche sur les maladies infectieuses et les allergies (NIAID, branche des NIH), a lui aussi tenté d’apaiser les esprits. L’institut qu’il dirige a financé les travaux de Fouchier et de Kawaoka.

Un groupe d’experts convoqués par l’OMS s’est prononcé mi-février en faveur de la poursuite de ces travaux sur le H5N1 (lire Moratoire prolongé sur les recherches). Cependant, les chercheurs avaient décidé de suspendre leurs travaux le temps que toutes ces discussions aient lieu.

Dans son avis du 30 mars, le NSABB estime qu’aucune information contenue dans les deux articles ne met en péril la sécurité nationale. Le bureau, dont l’avis est consultatif, s’appuie par ailleurs sur une toute nouvelle décision de l’administration américaine (2) concernant les recherches en biologie financées par les fonds fédéraux, visant à vérifier en amont, avant présentation des résultats, qu’elles ne risquent pas d’être détournées à des fins terroristes.

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(1) Le H5N1 est un virus de grippe aviaire, qui se transmet facilement entre oiseaux. Il peut franchir la barrière des espèces et infecter l’être humain lors de contacts directs et prolongés avec des oiseaux. Il est très pathogène chez l’humain mais ne se transmet pas de personne à personne comme le virus de la grippe, qui voyage dans les fines gouttelettes que nous produisons en parlant ou en éternuant (aérosols). Le H5N1 est surveillé de près car s’il mute et acquiert cette capacité à se transmettre par voie aérienne, une grave pandémie grippale est à craindre.

(2) United States Government Policy for Oversight of Life Sciences Dual Use Research of Concern.

 

Source : Science et avenir, RealsInfos

Informations complémentaires :

Crashdebug.fr : Quelle est vraiment la mortalité du H5N1 ?

Crashdebug.fr : Un virus qui peut tuer la moitié de la population mondiale a été fabriqué en laboratoire

Crashdebug.fr : Virus extraterrestres ? La menace invisible...

 

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