5 1 1 1 1 1 Rating 5.00 (2 Votes)

Ça y est, ils ont décidé d’éliminer les gens en surpoids aux États-Unis, non je rigole… ; ). Grâce au génie de  la science humaine, ils pourront continuer à s’empiffrer de Big Mac et de frites, arrosés de soda ; )))

J’ai regardé parce que je n’étais pas sûr, mais en fait l’ARN est un segment d’ADN que l’on peut injecter pour qu’il modifie l’ADN d’une personne, un peu comme un programme dont vous faites la mise à jour. Génial non ?

Sauf qu’avec mon pessimisme légendaire, et mon expérience personnelle, quand vous modifier une variable d’un programme, certes, vous pouvez avoir un résultat spectaculaire, mais par effet de bord vous pouvez avoir d’autres segments du programme qui peuvent « dysfonctionner » (en cascade ou indépendamment les uns des autres).

C’est pourquoi je suis si prudent. Je sais comment il est dur d’interpréter un programme d’une tierce personne, et pour ce qui est de la complexité de notre « programme » à nous, ou ses « données », et donc notre ADN, je ne peux qu’être très prudent sur ce genre de « patch ».

Après, j’avoue que c’est extrêmement impressionnant, mais encore, comme vous le voyez, c’est pour une tâche futile. Alors que font-ils dans cette voie pour des maladies comme le sida ou la prévention du cancer, sans même parler des maladies dites « orphelines » ?

Enfin, je pense qu’un pas a été franchi, je ne crois pas que ça soit la première fois que l’on tente ce genre de chose, mais force est de constater que ça semble se démocratiser.

Alors faut-il en avoir peur ou pas ?

À vous de juger ; )

Cholesterol
Cholesterol / Urban Women Mag via Flickr CC License by.

Une étude clinique ouvre la voie à un médicament fondé sur un simple brin d’ARN, mais qui pourrait menacer la toute-puissance des statines consommées par les millions de personnes dont les taux sanguins sont anormaux.

C’est un simple premier essai clinique, mais il est de nature à inquiéter plusieurs grandes multinationales pharmaceutiques: celles qui, grâce à des statines, tirent des revenus considérables de leur quasi-monopole sur le marché de la lutte contre les anomalies sanguines de cholestérol, associées à un risque élevé d’affections cardiovasculaires et qui peuvent persister même quand le patient adopte une meilleure hygiène de vie. En France, les prescriptions massives (et souvent injustifiées) de médicaments de cette famille (Elisor, Crestor, Fluvastatine, etc.) ont récemment été au centre d’une polémique alimentée notamment par le Pr Philippe Even.

Cette première étude pilote a été menée par la firme américaine Alnylam Pharmaceuticals, spécialisée dans le possible usage thérapeutique des molécules d’ARN, les fragments d’information génétiques naturellement présents dans les cellules des organismes vivants. Les résultats de cet essai, qui viennent d’être publiés sur le site de la revue The Lancet, représentent une application clinique des travaux sur l’ARN interférent qui avaient été couronnés par le prix Nobel de médecine 2006.

Cette publication est signée de quinze chercheurs de la firme basée à Cambridge (Massachusetts), travaillant en collaboration étroite avec des médecins de la University of Texas South Western et du Guy’s Hospital de Londres. Sur la base d’observations génétiques et de recherches préliminaires, la firme avait été autorisée à recruter aux Etats-Unis et en Angleterre 32 volontaires en bonne santé, âgés de 18 à 65 ans et présentant des taux normaux (ou très légèrement supérieurs à la normale) de mauvais cholestérol.

Baisses de 40% à 60%

Deux groupes ont été constitués par tirage au sort et les membres du premier ont reçu une injection unique contenant soit un placebo, soit des fragments d’ARN (le «candidat médicament») à différentes doses. Cette molécule agit directement au niveau du génome en bloquant la production d’une protéine qui elle-même régule la production du cholestérol. Chez les volontaires ayant reçu cette molécule (à raison d'une dose de 0.400mg/kg), les taux sanguin de cholestérol LDL ont, sur une période d’un mois, diminué en moyenne de 40% (et jusqu'à 57%) par rapport à ceux ayant reçu le placebo.

L’injection d’ALN-PCS a été généralement bien tolérée, avec dans les deux groupes des proportions comparables de petits événements indésirables (éruptions cutanées, maux de tête...). Les chercheurs n’ont noté aucune modification du fonctionnement du foie et aucune trace d’inflammation. Selon eux, c'est la première fois que la démonstration est ainsi apportée qu’un médicament constitué d’ARN permettrait d’obtenir sur les taux de mauvais cholestérol des résultats équivalents à ceux obtenus avec les célèbres spécialités pharmaceutiques de la famille des statines. 

Les futures recherches seront menées sur de plus grands échantillons de volontaires, avec pour objectifs de proposer un traitement médicamenteux aux personnes résistantes aux statines (environ une sur cinq) et de compléter le traitement de celles qui, bien que sous statines, ne parviennent pas à normaliser leur taux de cholestérol.

L'alimentation et l'exercice, ça marche aussi

A noter que la communication destinée à la presse par les promoteurs de ces recherches (tout comme par The Lancet) ne mentionne pas que la lutte contre les anomalies sanguines de cholestérol ne se résume pas à la prise de tel ou tel type de médicament anticholestérol.

«Les patients qui souhaitent diminuer leur risque cardiovasculaire ont intérêt à choisir une alimentation proche de l'alimentation dite “méditerranéenne”, dont les preuves d'une efficacité préventive cardiovasculaire sont relativement étoffées, notamment chez les patients ayant un antécédent cardiovasculaire», rappelait la revue Prescrire, indépendante de la publicité de l’industrie pharmaceutique, au plus fort de la récente affaire des statines. «Cette alimentation est aussi bénéfique chez les personnes n'ayant jamais eu d'accident cardiovasculaire.» Sans oublier les bénéfices et les plaisirs de l’activité physique, régulière et adaptée.

Au final, on peut donc être d’autant plus surpris du caractère sophistiqué de cette démarche pharmacologique que, dans la très grande majorité des cas, les anomalies des concentrations sanguines de cholestérol peuvent être corrigées avec des mesures non médicamenteuses. A l’évidence les responsables d’Alnylam Pharmaceuticals sont en quête d’une niche originale sur ce créneau médicamenteux plus que porteur. 

Jean-Yves Nau

 

Source : Slate.fr

Informations complémentaires :

 

Vous êtes ici : Accueil Arrow Sciences Arrow La génétique nous sauvera-t-elle du cholestérol ?