Shell cherche du pétrole sous la banquise

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Quand j'ai vu l'info, j'ai cru avoir une hallucination. J'ai vu un film de SF, assez moyen, récemment, mais le scénario m'a interpellé, car assez probable. Il y était question d'une compagnie pétrolière exploitant un nouveau gisement au pôle nord, mais qui réveillait une colonne d'eau chaude sous la banquise. Ce qui, de facto, la faisait fondre, et par réaction apportait des masses énormes d'eau douce dans l'océan, anéantissant le Gulf Stream, et provoquant par effet de bord une catastrophe climatique majeure avec un retour à l'ère glacière... Oui... Vous comprenez maintenant, pourquoi cette nouvelle ne m'a pas laissé indifférent, et pourquoi je vous la partage... : (

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« Ne vous inquiétez pas pour lui. Il s’en sortira. Promis » (Lisa/Campagne Let’s Go ! Arctic)

La conférence de Rio+20 sur le développement durable à peine terminée, les géants du pétrole sont partis à l’assaut de la banquise. L’Arctique fond à une vitesse inquiétante : la banquise a perdu un tiers de sa surface en trente ans, et pourrait disparaître complètement en été d’ici 2030. Une aubaine pour les industriels du pétrole qui veulent exploiter des ressources jusque-là inaccessibles. 90 milliards de barils pourraient être extraits de cette zone. L’équivalent de 3 ans de consommation mondiale d’or noir.

Shell va commencer prochainement des forages exploratoires offshore en Arctique. Les États-Unis ont donné en décembre leur aval à ces projets d’exploration, estimant que l’impact sur l’environnement et les populations locales ne sera pas significatif... Des bateaux brise-glace et navires de forage sont en route ou déjà sur place.

Pour extraire les dernières gouttes de pétrole, les industriels veulent se lancer dans une extraction très onéreuse, dans des conditions extrêmes. En cas d’accident ou de fuite – comme dans le Golfe du Mexique (l’incendie de la plateforme BP) ou en Mer du Nord (avec Total) –, toute intervention pour contenir les dégâts et éviter ou nettoyer une marée noire sera extrêmement compliquée. « Pour empêcher les icebergs d’entrer en collision avec leurs plateformes, les compagnies pétrolières utilisent des canons à eau géants pour faire fondre les blocs de glace. Si nous les laissons faire, une marée noire ne serait qu’une question de temps », estime Greenpeace.

Au lendemain de l’échec de la conférence de Rio+20, l’ONG lance une campagne pour « sauver l’Arctique ». Elle demande l’interdiction des forages dans la région. Une fausse campagne de publicité a été lancée avec les Yes Men, pour mettre en évidence l’aberration des projets de Shell [1]. Dans cette zone de biodiversité unique, essentielle à notre équilibre climatique, l’augmentation des températures est aujourd’hui deux fois plus rapide qu’ailleurs. De bien faibles arguments visiblement, face à l’avidité des géants du pétrole.

Le site de la campagne Save the Arctic

En photos :

Des affiches détournées de la campagne Let’s Go ! Arctic :

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Source : Bastamag.net