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Là, je suis désolé, mais je ne serai pas d’une grande valeur ajoutée. C’est comme l’Afrique ou les Balkans, ce sont des régions du monde que je ne connais pas trop, mais par défaut, si les Américains et donc... l'Union européenne sont contre ce coup d’état, je serai plutôt d’avis de le soutenir ; ). Devant la corruption et les intrigues politiques, l’armée est souvent le dernier recours. Bon, des fois ce n’est pas très « heureux », et on a, hélas, des exemples tragiques pour illustrer cela en Europe... Mais a priori (je pense que) ces hommes sont loyaux à leur pays, de plus apparemment leur aventure démocratique est assez jeune (22 ans). Alors, à qui la faute pour que ces militaires reprennent à ce point les choses en main ? Je ne pense pas qu'ils aient pris la décision au saut du lit hier matin... Et je ne suis PAS pro-militaire, bien au contraire... Mais s'ils ont fait cela, c'est qu'il devait y avoir certainement de graves dysfonctionnements.

« Après la fin de la monarchie absolue en 1932, la Thaïlande a vécu soixante ans de pouvoir militaire, jusqu'à l'établissement d'un système démocratique, avec un gouvernement élu. Ce système est cependant faible, et les militaires continuent à jouer un rôle prépondérant dans la politique. »

Suite et source : http://fr.wikipedia.org

Bangkok 24 05 2014
La junte militaire qui a pris le pouvoir jeudi en suspendant la Constitution a ordonné au premier ministre de
« se présenter » au régime vendredi matin.

Le premier ministre renversé, Niwattumrong Boonsongpaisan, et son gouvernement doivent « se présenter » au nouveau régime, à 10 heures locales (5 heures à Paris), à un complexe militaire du nord de Bangkok.

Plusieurs membres de la famille de l'ancien chef de gouvernement Thaksin Shinawatra, renversé par le précédent putsch de 2006 et qui continue à diviser profondément la société, sont également convoqués, au siège de l'armée. Sont notamment visés sa sœur Yingluck, première ministre destituée fin mai, et Somchai Wongsawat, leur beau-frère, également chassé du pouvoir par la justice en 2008.

Lire le décryptage : La crise en Thaïlande expliquée en 5 questions

LE CALME RÈGNE À BANGKOK

Après une nuit de couvre-feu, les rues du centre de Bangkok semblaient paisibles vendredi matin, toutes les écoles restant fermées. Les militaires étaient nombreux aux alentours du siège du gouvernement, déserté depuis des mois, alors que les derniers manifestants d'opposition, contents de ce coup qu'ils appelaient de leurs vœux, remballaient leurs tentes. Les militaires déblayaient les sacs de sable à coups de bulldozer, dans une ambiance calme.

Les rassemblements sont désormais interdits. La Constitution a également été suspendue, à l'exception de la section sur la monarchie. Et le Sénat reste en place.

Après moins de trois jours de loi martiale, destinée selon l'armée à forcer au dialogue les acteurs civils de la crise politique, le puissant chef de l'armée de terre, le général Prayut Chan-O-Cha, avait justifié jeudi après-midi un coup rendu nécessaire, « pour que le pays revienne à la normale ». Le général avait mis en avant la violence dans le pays, qui a fait 28 morts depuis le début de la crise à l'automne dernier, la plupart lors de tirs ou de jets de grenades en plein Bangkok par des auteurs inconnus.

LUTTE DE POUVOIR

« Le chef de l'armée Prayut a pris le pouvoir », titrait en « une » vendredi le journal The Nation. « Coup d'Etat : la Constitution suspendue », ajoute le Bangkok Post.

Vendredi matin, toutes les télévisions, diffusaient de la musique sur une image fixe montrant le nom du nouveau régime : le Conseil national pour le maintien de la paix et de l'ordre. Apparaissaient, à intervalle régulier, les bulletins du nouveau régime, lus par un porte-parole de l'armée, et de courts journaux télévisés, contrôlés par l'armée, montrant des véhicules militaires près de l'aéroport de Bangkok.

Internet, et notamment les réseaux sociaux, fonctionnait toujours, mais l'armée a menacé de recourir à des fermetures en cas de contenu critique.

Lire : En Thaïlande, l'armée menace de bloquer les réseaux sociaux

Certains observateurs estiment que la crise est avant tout liée à une lutte de pouvoir pour s'assurer de qui sera à la tête du gouvernement au moment de la succession du roi Bhumibol Adulyadej, 86 ans. Se posait vendredi la question de l'investiture royale du nouveau pouvoir dans ce royaume qui compte désormais 19 coups d'Etat ou tentatives en quelque quatre-vingts ans.

LE PREMIER MINISTRE « EN LIEU SÛR »

Le précédent coup, en 2006, avait entraîné une série de crises politiques, faisant descendre tour à tour dans la rue les ennemis et les partisans de Thaksin Shinawatra, vu par les élites comme une menace à la royauté.

La crise actuelle, soutenue par les élites traditionnelles selon les analystes, n'en est que le dernier soubresaut. Elle avait commencé à l'automne par des manifestations réclamant le départ de sa sœur Yingluck, au pouvoir depuis 2011. Elle a été destituée par la justice début mai, mais les manifestants demandaient toujours la fin du « système Thaksin », dont les partis ont remporté toutes les élections nationales depuis 2001.

Les meneurs des « chemises rouges », puissant mouvement de partisans du gouvernement civil déchu, ont été interpellés jeudi. Les principaux leaders politiques des deux camps ont également été emmenés sous escorte militaire hors des négociations organisées dans un complexe militaire, peu avant l'annonce du coup d'Etat.

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Cartographie des divisions sociales et politiques thaïlandaises. Dans le Nord et le Nord-Est, les
partisans du gouvernement, à Bangkok et dans le Sud, les opposants. (cliquez pour les détails)

Si le premier ministre est « en lieu sûr », selon un de ses collaborateurs, un ministre, Chalerm Yubamrung, a lui été interpellé par les militaires, selon son fils.

La communauté internationale, de l'Union européenne aux Etats-Unis, a condamné le putsch, réclamant un retour rapide à un gouvernement démocratique. Pour Washington, il n'y a « pas de justification à ce coup d'Etat militaire », prévenant de conséquences « négatives » entre les deux alliés, notamment en matière de coopération militaire. L'Australie a ajouté vendredi sa voix aux critiques.

 

Une liste des comptes Twitter pour suivre la situation sur place

 

Source : Lemonde.fr