Thaïlande : évacuation d'un hôpital de Bangkok

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Un grand hôpital de Bangkok a transféré la plupart de ses patients vendredi après avoir été investi par une centaine de manifestants antigouvernementaux, convaincus que des forces de l'ordre y avaient pris position.

L'hôpital Chulalongkorn a cessé toutes les admissions après l'incident survenu tard jeudi soir, qui a vu une centaine de "chemises rouges" déferler dans ses couloirs.
La tension restait grande entre manifestants et à Bangkok, où les violences ont fait 27 morts et près de 1000 blessés depuis le 10 avril, dans la plus grave qu'ait connue la Thaïlande depuis 1992.

Un leader de l'opposition a présenté ses excuses. "La situation a échappé à notre contrôle. Ce n'est pas dans nos pratiques de perturber les activités des hôpitaux", a déclaré Weng Tojirakarn.

Le conseil de l'ordre thaïlandais a de son côté condamné l'incident, réclamant que les protagonistes "s'abstiennent d'utiliser des hôpitaux pour des objectifs politiques".
L'établissement de 1400 lits a envoyé ses patients dans dix autres structures hospitalières de la capitale, a précisé une porte-parole. "Quand les symptômes ne sont pas graves, nous demandons aux patients de reporter le traitement".

Le Premier ministre Abhisit Vejjajiva, au coeur du blocage politique puisque sa tête est réclamé par les manifestants, a promis de punir les responsables. "Ce qui s'est passé a été un choc pour la direction de l'hôpital", a-t-il déclaré à la télévision. "La société thaïlandaise, mais aussi le monde entier, déplorent une telle action".
L'hôpital Chulalongkorn est au coeur d'une polémique depuis des attaques à la grenade le 22 avril, qui ont fait 1 mort et 85 blessés.

Les "rouges" ont affirmé que certaines grenades avaient été jetées du toit de l'établissement, alors que le gouvernement assure qu'elles ont toutes été lancées du camp retranché où ils sont établis, à l'entrée du quartier financier.

La politique thaïlandaise est complètement bloquée depuis la mi-mars. Les manifestants exigent la démission d'Abhisit, qui a de son côté refusé de quitter ses fonctions et affirme qu'il reprendra, si besoin par la force, le contrôle du centre-ville de Bangkok.

Les derniers heurts entre manifestants et forces de l'ordre ont eu lieu mercredi. Un soldat a été tué, et 18 personnes, dont deux militaires, ont été blessées.
"Nous allons intervenir de façon agressive mais une partie de notre action ne peut être révélée", a affirmé Abhisit.

Un sympathisant des "rouges" a par ailleurs été arrêté pour avoir publié des insultes à la monarchie sur le site de socialisation Facebook, un crime passible de 15 ans de prison.
Le gouvernement avait accusé cette semaine plusieurs membres du mouvement, dont deux anciens Premiers ministres, de comploter pour faire tomber la monarchie.



Source : Le Parisien


Informations complémentaires :


Le Nouvel Obs : Les "rouges" investissent un hôpital de Bangkok
Romandie.com : Thaïlande: des "chemises rouges" font irruption dans un hôpital
Euronews (Video) : Un coup dur pour la crédibilité des Chemises rouges en Thaïlande