Tortures de la CIA : 54 pays ont collaboré... mais pas la France...

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Pourtant cela serait « légal », rappelez-vous la NDAA qui permet aux États-Unis d’emprisonner sans procès toute personne qui serait un « ennemi » des États-Unis ou de ses alliés…

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La base aérienne Mihail Kogalniceanu, en Roumanie, est suspectée d'avoir servi de prison secrète pour la CIA,
ce que le gouvernement roumain dément (photo en 2005) (AP Photo/Vadim Ghirda)

Pas moins de 54 gouvernements ont contribué d'une façon ou d'une autre au programme d'enlèvements et de tortures de la CIA. C'est ce que révèle un rapport de l'Open Society Justice Initiative, une fondation créée par le milliardaire George Soros, rendu public mardi 5 février.

L'aide apporté à l'agence américaine a pris des formes diverses : présence d'une prison de la CIA sur son territoire, conduite d'interrogatoires, actes de tortures, abus, assistance à la capture ou au transport de détenus, autorisation de survol du territoire, atterrissages en secret…

"En participant à ces opérations, ces gouvernements ont violé aussi le droit intérieur et international et ont sapé les règles contre la torture" qui est "non seulement illégale et immorale mais aussi inefficace pour réunir des renseignements fiables", dénonce le rapport, intitulé "De la mondialisation de la torture".

Seuls trois pays de l'Union européenne (qui comptait alors 15 membres) ont refusé leur concours : le Luxembourg, les Pays-Bas et la France de Jacques Chirac.

Les 54 gouvernements :

Afghanistan, Afrique du Sud, Albanie, Allemagne, Algérie, Arabie Saoudite Australie, Autriche, Azerbaïdjan, Belgique, Bosnie-Herzégovine, Canada, Croatie, Chypre, , Danemark, Djibouti, Egypte, Emirats arabes unis, Espagne Ethiopie, Finlande, Gambie, Géorgie, Grèce, Hong-Kong, Islande, Indonésie, Iran, Irlande, Italie, Jordanie, Kenya, Libye, Lituanie, Macédoine, Malawi, Malaisie, Mauritanie, Maroc, Ouzbékistan, Pakistan, Pologne, Portugal, République tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, Somalie, Sri Lanka, Suède, Syrie, Thaïlande, Turquie, Yémen, Zimbabwe.

L'Iran a remis dix personnes aux Etats-Unis malgré ses mauvaises relations avec Washington.

136 détenus, au moins

Les prisons secrètes de la CIA, où sont passés notamment les cinq accusés du 11-Septembre, actuellement détenus à Guantanamo, étaient en Thaïlande, Roumanie, Pologne et Lituanie.

Le rapport identifie 136 personnes qui ont été détenues ou transférées par la CIA. Certaines étaient des membres engagés du réseau Al-Qaïda, mais d'autres, nombreuses, ont été arrêtées par erreur lors du vaste mouvement de lutte antiterroriste mené à toute allure par l'administration Bush après les attentats du 11 septembre et maintenues en détention.

Les méthodes d'interrogatoires, autorisées sous George W. Bush, dont la simulation de noyade assimilée à de la torture, ont été largement dénoncées par le président Barack Obama.

Impunité

Mais, selon le rapport, les Etats-Unis n'ont enquêté que "de manière limitée" sur les mauvais traitements aux détenus et n'ont engagé aucune poursuite pénale. L'Italie est le seul pays où un tribunal a condamné des responsables pour leur implication dans ces opérations, le Canada est le seul pays à avoir présenté des excuses à une victime, et à avoir comme l'Australie, la Suède et le Royaume-Uni, versé des indemnités de compensation.

La CIA n'a pas commenté le rapport. "L'impunité dont les responsables jouissent aujourd'hui ouvre la voie à d'autres abus dans des opérations de contre-terrorisme", estime l'Open Society Justice Initiative.

B. L. avec agences

 

Source : Tempsreel.nouvelobs.com via LMOUS

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