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Evil Inside 02 06 2014

Il est presque trop facile de critiquer la construction européenne actuelle, tant elle accumule les défauts, les tares et un fort potentiel de nuisance. Il ne suffit pas que la banque centrale soit indépendante, c’est-à-dire surtout indépendante des peuples, de leurs souffrances et de leur bien-être – une indépendance absurdement présentée comme une vertu. Il ne suffit pas, non plus, que la souveraineté des peuples soit bradée, liquidée, vendue pour un euro symbolique.

Dans un article récent du Point du 21 mai 2014, Sarkozy nous avait rassurés : « L’Europe nous protège des dérives idéologiques de nos gouvernants et des majorités qui les soutiennent. » Tout va bien, donc, l’Europe nous protège de la démocratie et de la libre expression des peuples et des citoyens. Elle n’aime ni les peuples européens ni la démocratie. Elle n’aime que la ligne prédéfinie par l’oligarchie.

La vraie démocratie suppose que les citoyens comprennent les institutions qui les concernent. Or, la construction européenne est largement incompréhensible. Le Parlement européen est une de ses institutions, sans doute la plus démocratique. Il y a aussi un Conseil européen (intergouvernemental) réunissant les présidents ou chefs de gouvernement, censé décider, ainsi qu’un Conseil de l’Union européenne (interministériel), censé préparer des lois.

On a prétendu récemment que les élections relatives au Parlement européen permettraient d’élire démocratiquement le président de la commission. Mais, de toute façon, ce dernier est désigné par le Conseil européen (intergouvernemental) et non par le Parlement européen. Hormis la complication de ces procédures de désignation, elles sont indirectes et dépourvues de ratification démocratique, même partielle ou formelle. On peut souligner l’agressivité récurrente du commissaire Viviane Reding, qui se comporte comme un potentat autodésigné alors qu’elle est nommée par les gouvernements.

La démocratie se dilue et se perd dans les strates et méandres des institutions bruxelloises.

Juncker, censé être de droite, qui n’était pas tête de liste aux élections européennes, sera peut-être nommé par les gouvernements. L’Allemagne l’appuie, mais l’atlantiste libéral Cameron y met son veto alors que le gauchiste Cohn-Bendit le soutient. Tout cela est bien confus et on n’y comprend plus grand-chose.

Rien d’étonnant à ce que le vote dit populiste croisse sans cesse dans de telles conditions. Comme un thermomètre, il mesure le niveau de confiscation et de confusion démocratiques, la peur envers les menteurs et les imposteurs qui ne parlent du peuple et de la démocratie que pour les bafouer.

Dans sa tribune, Sarkozy nous avait menacés : « Ne laissons pas détruire, ni aujourd’hui ni demain, ce trésor ! » Il a raison, c’est bien d’un trésor qu’il s’agit : l’asservissement des peuples rapporte, à n’en pas douter, beaucoup d’argent à quelques-uns.

 

Source : Bvoltaire.fr

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