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Je vous propose aujourd’hui la traduction exclusive d’un document majeur : la dépêche du 13/10 de l’agence de presse chinoise Xinhua traitant des États-Unis. Contrairement aux reprises presse, comme Le Monde ou Les Echos, précisons qu’il ne s’agit nullement “d’une agence de presse”, mais “de l’agence de presse” officielle chinoise. C’est bien un message envoyé directement par le gouvernement chinois.

Olivier Berruyer

Xinthia
Les postes de travail de Xinhua aux sièges sociaux de Pékin pendant les Jeux Olympiques.
(Jewel Samad/AFP/Getty)

Pékin, 13/10/2013 (Xinhua) — Alors que les hommes politiques américains échouent à trouver un accord viable pour refaire fonctionner normalement les institutions politiques dont ils sont si fiers, c’est peut-être le bon moment pour une planète abasourdie de commencer à envisager la construction d’un monde désaméricanisé.

Ayant émergé de la Seconde Guerre mondiale en tant que nation la plus puissante au monde, les États-Unis n’ont depuis eu de cesse que de bâtir un empire mondial en imposant leur ordre mondial, alimentant la croissance en Europe et encourageant des changements de régimes dans des pays qu’ils considéraient comme inamicaux.

Avec leur puissance économique et militaire apparemment inégalée, les États-Unis ont déclaré qu’ils avaient des intérêts nationaux vitaux à protéger dans presque tous les coins du globe, et se sont habitués à s’ingérer dans les affaires d’autres pays et régions bien loin de leurs rivages.

Alors que le gouvernement américain s’échine à vouloir faire croire au monde qu’il est le champion de la morale, il s’autorise secrètement des pratiques aussi audacieuses que torturer des prisonniers de guerre, cibler des civils lors d’attaques de drones et espionner les leaders politiques et économiques mondiaux.

Sous le régime de ce qu’on appelle la “Pax Americana”, nous n’arrivons pas à forger un monde où les Etats-Unis aideraient à désamorcer la violence et les conflits, à réduire la pauvreté et les déplacements de population et apporteraient une paix réelle et durable.

En outre, au lieu d’honorer avec responsabilité ses devoirs de leader mondial, Washington, avec en tête ses propres intérêts, a abusé de son statut de superpuissance et a accru le chaos dans le monde en transférant à l’étranger les risques de son système financier, “en attisant les tensions régionales dans des différends territoriaux et en menant des guerres injustifiées sous des prétextes fallacieux basés sur des mensonges éhontés.

Le résultat est que le monde est encore en train de chercher comment s’extirper d’un désastre économique dû à la voracité des élites de Wall Street, alors que les meurtres et les bombes sont le quotidien du peuple irakien des années après que Washington se soit vanté de l’avoir libéré du joug d’un tyran.

Plus récemment, le blocage qui paralyse de façon cyclique à Washington tout accord bipartisan sur le budget fédéral et le relèvement du plafond de la dette menace de nouveau les importantes réserves en dollars de nombreux pays et angoisse fortement la communauté internationale.

Il faut mettre un terme à de tels périodes d’inquiétude, où les destinées d’autres pays se trouvent dans les mains d’une nation hypocrite, et un nouvel ordre mondial doit être mis en place, dans lequel toutes les nations, pauvres ou riches, petites ou grandes, verront leurs intérêts vitaux respectés et protégés sur un pied d’égalité.

Dans ce but, plusieurs pierres angulaires doivent être posées pour construire ce monde désaméricanisé.

Pour commencer, toutes les nations doivent se plier aux principes de base du Droit international, ce qui implique de respecter la souveraineté des pays et de cesser de se mêler des affaires intérieures des autres.

En outre, l’autorité de l’Organisation des Nations Unies dans le traitement des points chauds mondiaux doit être reconnue. Cela signifie qu’aucun pays n’a le droit de mener toute forme d’action militaire contre les autres sans mandat de l’ONU.

En dehors de cela, le système financier mondial doit également adopter certaines réformes importantes.

Les économies de marché des pays émergents et des pays en développement ont besoin de faire entendre leur voix dans les institutions financières internationales, ce qui inclut la Banque mondiale et le Fond Monétaire International, de façon à mieux refléter les transformations du paysage économique et politique mondial.

Ce qui induit une réforme-clé : la mise en place d’une nouvelle monnaie de réserve internationale, qui doit être créée pour remplacer le dollar américain, afin que la communauté internationale puisse définitivement se tenir à l’écart des retombées de l’agitation croissante de la politique intérieure des États-Unis.

Bien entendu, le but de ces changements n’est pas d’écarter complètement les États-Unis – ce qui serait d’ailleurs impossible -, mais plutôt d’encourager Washington à jouer un rôle bien plus constructif dans les affaires mondiales.

Et parmi toutes les options, nous suggérons que les élus américains commencent en premier lieu à sortir de cette pernicieuse impasse.

Liu Chang, agence Xinhua

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Source : Les-crises.fr

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