Turquie : les chefs des armées quittent leurs postes

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Virage « islamiste » pour la Turquie ? Alors que l’armée avait une base laïque, tout ses principaux représentants partent à la « retraite », car il y a des procès en cours pour subordination avec le pouvoir… Eh bien, cela augure du meilleur pour l’adhésion de la Turquie à l’Europe, c’est Dupont-Aignan qui va être content !

Les autorités turques ont annoncé vendredi que le chef d'état-major interarmes et les chefs d'état-major des trois armes avaient fait valoir leurs droits à la retraite, une mesure qui semble refléter un fossé entre l'armée, garant traditionnel de l'Etat laïque cher à Kemal Atatürk, et l'actuel gouvernement issu de la mouvance islamiste.

Selon l'agence de presse officieuse Anatolie, le "patron" des armées, le général Isik Kosamer, et ses trois adjoints chapeautant respectivement l'armée de terre, la marine et l'armée de l'air, vont quitter leurs fonctions, une mesure présentée dans un premier temps par certains médias turcs comme des démissions.

Mais les motifs de ces départs en série demeurent obscurs pour le moment, même si des tensions entre l'armée et le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan se sont multipliés ces dernières années.

Le Conseil militaire suprême doit tenir la semaine prochaine sa réunion bisemestrielle pour débattre de nominations importantes.

Le chef de l'Etat, le président Abdullah Gül, et le chef du gouvernement, tous deux membres du Parti du Développement et de la Justice (AKP) au pouvoir, ont rencontré vendredi le général Isi Kosamer.

Après la nouvelle du départ des quatre généraux, le Premier ministre a eu des entretiens avec son adjoint, Besir Atalay. Le chef de la gendarmerie est également arrivé au siège du gouvernement, précise l'agence Anatolie.

Cette dernière avait, dans un premier temps, annoncé que le chef d'état-major interarmes avait démissionné "comme il le juge nécessaire" avant de retirer sa dépêche et de préciser qu'il avait fait valoir ses droits à la retraite.

Le procès en cours de 200 officiers accusés de comploter en vue de renverser le gouvernement empoisonne notamment les relations entre l'exécutif et l'armée kémaliste.

Les adversaires de l'AKP lui reprochent de poursuivre des objectifs islamistes non avoués, ce que dément la formation du Premier ministre.

Source : Les Echos

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